On peut avoir de bonnes fréquentations… puisque ce banquier est un ami de longue date. Et même si nous n’évoluons pas au même niveau social, politique et surtout matériel… notre amitié est demeurée sincère et inchangée, même s’il devenait de plus en plus riche alors qu’inversement je stagnais dans une situation de gagne-petit.
Je n’ai jamais su faire de l’argent ! Peut-être n’étais-je pas motivé de faire du fric pour le fric, de posséder une Rolex à 50 piges, de piaffer comme un bourrin avec 400 chevaux sous le capot, d’hisser la voile de mon ketch, une fois l’an, dans le Golfe de St-Tropez.
D’ailleurs, le fils de pub a des goûts de parvenu, de prolo, car si l’on veut briller discrètement, il y a beaucoup mieux chez les cabinotiers genevois qu’une Rolex ou deux, à la portée d’un socialo de banlieue qui adore ses potes !
Je m’égare, je reviens à mon pote le banquier qui, lui aussi, aime les belles tocantes et en fait collection. Moi aussi, d’ailleurs, car chaque fois que j’offre à mes amis un abonnement d’essai au Nouvel Obs, je reçois une LIP ! Tiens, à Mediapart, ils n’ont pas besoin d’offrir des cadeaux de pacotille, ils offrent leur savoir ! Et ça n’a pas de prix.
Alors, mon banquier genevois, je l’assassine ou pas pour avoir causé des soucis à Sarkozy avec son secret bancaire, ses listings que l’on retrouve à Monaco. Faut-il encore les déchiffrer ces calligraphes… et je ne doute pas qu’à Bercy, en matière de chiffre et des lettres, ils jonglent avec tout ce qui leur tombe sous leur machine à calculer, plutôt en mal qu’en bien, y a qu’à voir l’augmentation de la dette !
Il est sincère mon ami le banquier genevois. Il fait amende honorable. Il souffre ! C’est bien la première fois que je le remarque. En mai 2007, il roulait pour Sarko, comme tous les capitalistes de France et de Navarre. Aujourd’hui, le réveil est difficile, il découvre que le fou de l’Elysée tape à tout vent, tantôt à gauche, tantôt à droite, il est imprévisible, il pratique la politique de la terre brûlée. Les banquiers n’aiment pas ça ! Lucide cependant, Sarko, dit-il, pourrait bien ne pas se représenter en 2012, des rumeurs circulent… et par dépit, il ferait tout pour laisser le pays dans la merde !