La TUIL sur la tête...

Je viens de lire : « Les Choses humaines », Gallimard, de Karine Tuil qui a reçu le Prix Interallié et le Goncourt des lycéens 2019.

Comme quoi les distinctions et les critiques médiatiques influencent souvent le choix des lecteurs. En principe, ce n’est pas dans mes habitudes, mais je l’ai offert à mon épouse à Noël. En lisant le texte de la quatrième de couverture, parlant de sexe, elle n’avait pas très envie de le lire et envisageait de l’échanger chez notre libraire chérie.

Curieux comme pas un, je me suis attaqué aux 343 pages du bouquin. Ce synopsis de bourge est loin d’être inintéressant bien que farfelu. Me too et Balance ton porc ont fait école dans la littérature, les médias et les dénonciations tardives. Alors pourquoi pas en remettre une couche… d’autant plus que la personnalité et l’âge du père de l’accusé, s’apparentent à un méli-mélo de personnages célèbres de la télévision, et la mère, une féministe engagée. C’est un bon truc pour tenir le lecteur en halène malgré des redites à foison. Combien de fois signe-t-il des dédicaces à ses admiratrices au coin de la rue ?

N’y allons pas par quatre chemins, le livre est un ramassis de vies violentes, disparates, gâchées, voire inhumaines de familles décomposées, de pulsions sexuelles, de mensonges, de tromperies où l’amour trouve rarement sa place. Dans un interview, Tuil avoue exercer une fascination pour le scandale.

Plus de la moitié du brûlot « primé » est consacré à un viol, à son instruction et à son jugement en Cour d’assise. Là encore, ce n’est que répétitions et répétitions parsemées savamment de chapitre en chapitre. L’accusé, brillant étudiant d’une vingtaine d’année, est vraiment poussé dans ses derniers retranchements alors que l’on aurait dû mettre davantage la plaignante de 20 ans sur le grill qui l'accuse confusément en pleurant à chaudes larmes ! Parole contre parole… sur le consentement  de cette oie blanche... qui a eu une liaison avec un homme marié... Mis à par ça, dois-je reconnaître que Karine Tuil a un réel talent d’écriture. En revanche les plaidoiries de l’accusation et de la défense sont brillantes, du grand art dont l’auteur témoigne sa reconnaissance, à la fin du livre, à deux avocats.

On est jamais aussi bien servi que par autrui et les prix !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.