Ça eut payé, mais ça ne paie plus ! Et ça perd de plus en plus souvent… Tous les secteurs de l’agriculture sont sinistrés depuis des années : la production laitière, celles de viande, de céréales, de fruits et de légumes. Seule la viticulture échappe, selon les régions, au jeu de massacre, mais que reste-t-il au vigneron lorsqu’il doit écouler son vin de pays à moins d’un euro le litron ?
L’Etat fixe bien le prix des carburants en accord avec les pétroliers, celui du tabac avec les pourvoyeurs de la mort ! Mais c’est tout bénéfice pour le Ministère des Finances puisque ces produits sont grevés de taxes équivalant aux 3/4 du prix de vente. Pourquoi le Ministère de l’Agriculture ne fixerait-il pas un prix plancher pour les produits de la terre en concertation avec les syndicats d’exploitants ? Il en va ni plus, ni moins de la survie des agriculteurs dont les effectifs diminuent d’année en année comme peau de chagrin, faute de gagner dignement leur vie. Toute proposition d’augmentation des prix se heurte à l’objection qu’il est impossible de concurrencer les importations étrangères à moitié prix.
Au diable les technocrates de Bruxelles ! Il serait indispensable de rétablir des quotas modulés selon la qualité des produits et les saisons de production. Au diable les centrales d’achat qui font la loi, fixant les prix en dessous du seuil de rentabilité. Après moult tergiversations, quand les tracteurs sont dans la rue, le gouvernement finit par intervenir au coup par coup avec des reports d’échéances fiscales, voire un abattement partiel des charges sociales. Hollande a obtenu 10 milliards de Bruxelles alors que l’agriculteur ne touche que des clopinettes. Les subventions européennes favorisent les gros exploitants au détriment des petits !
(Cet article a paru dans le livre : Révoltons-Nous… Bon Sang !)