"La concurrence espagnole tue l'agriculture provençale"
C’est sous ce titre que le Journal la Provence publie le cri d’alarme de Patrice Vulpian, producteur de pêches à Saint-Martin-de-Crau.
« Si rien ne change, on va assister à la disparition progressive des agriculteurs français. Il y a urgence, dit-il, à ce que tous les pays de l'Union européenne travaillent sur la base des mêmes règles. Le député-maire (UMP) de Châteaurenard, Bernard Reynès, propose des solutions, mais au plus haut niveau nous voyons bien que ça ne suit pas.
Et de poursuivre : « les pêches vendues cet été aux alentours d'un euro le kilo se retrouvent en rayon à 2,50 € ou 2,80 € dans les grandes surfaces. L'Espagne tue l'agriculture française. Quand on paie un salarié 11,50 € de l'heure, avec les abattements, là-bas c'est moitié moins ! Il y a 10 ans, la demande française dans le domaine de la pêche était d'environ 400 000 tonnes. Aujourd'hui on ne produit plus que 250 000 tonnes, le reste est importé ».
Voilà des faits irréfutables corroborés par les milliers de camions étrangers qui remontent l’A6 vers le nord. Ils sont à mettre en parallèle avec le programme énoncé aujourd’hui par François Hollande au sujet de l’agriculture :
« Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural ».
Je doute fort que le bla-bla-bla du candidat socialiste soit de nature à rassurer le monde paysan, mais plutôt à l’inciter à voter pour le Front national.