Ce pourrait être aussi la « Belle et le Clochard », ce long métrage d’animation de Walt Disney qui eut ses heures de gloire dans les années cinquante !
Sauf qu’en l’occurrence, aujourd’hui, la « Belle » est une Parisienne non seulement belle, mais intelligente, instruite, battante, engagée, une « belle » de notre temps comme il arrive parfois d’en croiser une de manière fortuite.
L’équilibre entre la beauté, du visage, du corps, la grâce du maintien, du mouvement, des attitudes, et celle d’un esprit vif, enjoué, avenant, humain, social.
Sans doute, il existe des milliers de « belles » au travers de l’hexagone. Encore faut-il avoir l’occasion d’en rencontrer une, que le courant passe, que le contact s’établisse, que naisse une relation amicale et une certaine complicité dans les échanges.
Quitte à se fourvoyer, il n’y a pas de similitude entre le « Provençal » et le « Clochard » du film de Disney. Ce n’est pas un SDF à qui l’on jette une pièce au coin du trottoir pour se donner bonne conscience car le Clochard, lui, est un chien des rues, un bâtard sans collier qui quête sa pitance au jour le jour, et qui va enfin élire domicile dans une maison bourgeoise pour avoir fricoté avec la maîtresse des lieux, une chienne de race cocker spaniel.
Le Provençal n’est pas un cadre parisien délégué en province. C’est un homme du sud, buriné par le soleil, le mistral, la pluie et le travail aux champs. Un personnage qui, au premier abord, peut paraître rustre, terrien, mal dégrossi, à l’état primitif. C’est oublier que la Provence prodigue de multiples sensibilités, des états d’âmes, des regards, un rythme et une qualité de vie particulières. Comme si le mistral, rejoignant les Alpilles, à quelques lieux de la Camargue et de la mer, apportait cette effervescence du nord que les Provençaux s’appliquent à rendre humaine.
La Parisienne et le Provençal n’avaient quasiment aucune chance de se rencontrer et, pourtant, ils se sont rencontrés. Non pas au salon de l’agriculture ou déambulant sur les Champs. Les probabilités auraient été nulles. Neuf fois sur dix, si l’on aborde une dame de qualité à la terrasse du « Deauville » ou du « Fouquet’s », elle vous répond, ou pas, dans une langue étrangère. Si ce n’est pas le cas, vous passez pour un dragueur ou un péquenot à la recherche d’une aventure citadine.
Il se trouve que ces deux là, la Parisienne et le Provençal, vivent avec leur temps. Paris et la Provence sont sur le même fuseau horaire ! Vivre avec son temps, c’est vivre avec l’Internet et les clubs de rencontres qui font flores sur le Web ! Mais il existe un autre moyen de communication plus soft, indirect, sans arrières pensées, celui des blogs où le communicant publie jour après jour ses billets, livre ses états d’âme, ses réflexions sur les choses de la vie. Et de se prendre au jeu avec telle ou telle bloggeuse, de s’empresser de cliquer sur son site, de commenter ces articles, d’échanger publiquement son avis, parfois ses critiques, jusqu’au jour où le message personnel prend le dessus !
Puis, une complicité, une intimité s’instaurent entre les lignes comme du temps où, adolescent, le paysan correspondait avec une fille des îles du Pacifique ou des Caraïbes. S’ensuit son désir irrésistible de rencontrer cette belle personne, de la connaître physiquement, de s’asseoir à une terrasse de Saint Germain des Prés, de la regarder dans les yeux, de l’apprécier en trois dimensions, mais plus de manière virtuelle !