Pour en finir avec Michel

« Sérotonine », je ne te lirais pas, je te sécréterai naturellement

                                               

 

                                                                                   I

 

Il y a beaucoup de Michels en France,

Et celui qui a vomi cette bouse

Est trop présent dans tous les médiouses,

Pour qu'on poursuive à le nommer, rance.

 

Mêmement,

Nous n’emploierons plus de rimes,

Ni de décompte syllabique,

Pour continuer de l’évoquer.

 

Entre Onfreq et Houelbay,

Un pays existerait,

Où des écrivains

Travailleraient et écriraient,

Écrailleraient et traviveraient.

 

J'ai quand même parcouru,

Il y a quelques années,

Deux ou trois de ses mots,

Sous forme d'e-books téléchargeables et gratuits,

Afin d'être en accord

Avec mes principes moraux,

Qui m'interdisent de donner pécule

À un personnage qui, cervellement, nous fripougne.

 

Dans une période de profond ennui,

Proche de la dépression,

- Mais que j'ai eu la décence de partager

Avec des amis

Et que je n'ai pas

Transformé en produit littéroire -

J’ai voulu défricher son « territoire »,

Essayer de saisir sa différence d’avec sa « carte »,

Mais on m’avait enseigné cette différence

au début du lycée

en cours de géographie.

 

Dans ces pages,

Je n’y ai trouvé

Qu'une longue plainte moiïque,

Des problèmes d'impuissance,

Associée exclusivement à sa peur de vieillir,

Un état dépressif permanent du "narrateur" qui n'est toujours

Que le double, à peine déplacé, de son auteur.

"le sujet d'énoncé n'est pas séparé du sujet d'énonciation",

Me suis-je dit, cette phrase venant du fond de ma mémoire universitaire

Mais du livre d’où elle était tirée, le nom n'était plus là,

Je l'ai perdu je ne sais plus quand ,

Cette connexion.

Ce lien mnésique,

Lacânerie ?

Je ne sais plus,

Et tant mieux.

 

Je parcourais des yeux,

Avec un vieux computador de deux mille quatre,

Une pleurnicherie cynique

Au faux pessimisme permanent.

 

Ce « manque d'amour »,

Ce « besoin » de se “rassasier”

Auprès d'une "belle jeune femme",

Ah, ma jeunesse perdue, ah, ma bite, etc...

"Ma mère ne m'a pas assez aimé",

Dit-il aussi un jour à un journal télévisant français public,

Des pleurnicheries œdipiennes,

Une haine de soi, « ah la contagion des dépressifs ! ».

Et là la joie de Félix Guattari me revient,

Qui ne pouvait que rire de ces névrosés,

Narcissés,

Comptes-en-bankfullisés,

Lui qui accompagnait des PERSONNES

POUR QUI VIVRE EN CE MONDE-CI

N’ETAIT REELLEMENT

PAS MINCE AFFAIRE.

UN DEPRESSIF N’ECRIT PAS, IL REGARDE LE PLAFOND DU FOND DE SON LIT ET NE PEUX PLUS EN SORTIR.

 

Si Michel exprime bien sa propre misère,

Sa propre médiocrité intellectuelle,

Il le fait simplement comme

Blanc,

Mâle,

Riche, et

Intégré à un milieu social parisien qui,

A trouvé là son clown

Pour

Empêcher

Les lecteurs

De découvrir la richesse

Des écrivains de langue française, de langue bâtarde, de langues migrantes, de langues étrangères, de langues enfantines, sauvages,

Du monde entier

De partout.

 

Il y a pire que la censure, disait Fassbinder,

C’est ce CLIMAT

Qui rend tout impossible,

Ce marché qui étouffe

Les littératures mineures, collectives, foisonnantes...

Il y a pire que la R.D.A. disait-il alors comme Ouest-Allemand,

Pays le la liberté du marché ordonnée par l’Etat, 

Il y avait la R.F.A. qui se construisait sur les cendres fumantes du massacre.

Mais revenons à nos Michel :

Un "homme du ressentiment" est aujourd'hui porté aux nues

Qui n'a pas légitimité à être dans le ressentiment, 

Par une bande de bouses qui n'ont jamais...

Non pas LU

Mais VU

Autre chose que leurs banquettes molletonnées...

 Je ne parle pas ici de ses lecteurs mais de ses éditeurs.

« Fautes d'impression » disait Heiner Müller.

Ou « Mal vu, Mal dit », écrivait Samuel Beckett.

 

"Chantal, 67 ans, est venue se procurer l'ouvrage dès l’ouverture.

Cela fait "plusieurs jours qu'(elle) attend", car elle adore cet écrivain

Pertinent, ancré dans le réel", son côté "nihiliste et sombre".

Il y a très peu d'auteurs qui ont une vision de la société", dit-elle."

(Ouest France)

 

Comment une telle médiocrité intellectuelle

Dont Michel se revendique dans ses conférences dînatoires en ambassade

- En Argentine notamment -

Est-elle devenue l'étendard, et le porte-drapeau, de « l'écrivain français » ?

Michel est l'incarnation et le résultat d'un vieux processus :

« Ils vont nous fabriquer un marché de rotation rapide »,

Disait un professeur de philosophie dans les années soixante-dix.

“Ce n'est plus le livre lui-même qui est marchandise,

C’est l'auteur-marchandise qui se vend”,

Disait -il en 1974.

 

Dès 1999,

la revue TIQQUN nous dressait avec humour

un vrai-faux portrait nécrologique de ce monsieur

d’un écri-vin médiocre du siècle passé,

écrit au milieu du XXIe siècle.

 

Mais vraiment, la roue a cessé de tourner.

Comment supporter ?

Michel fait gicler de nouvelles versions

Cycliques de ses éjaculations révolutionnaires,

J’ai bien dit révolutionnaires,

C’est à dire qui tournent,

Et reviennent à leur place initiale,

Autour de sa vieille bite,

Molle.

 

« Et il tournait dans cette idée »,

Ecrivait Deleuze à propos d’un écrivain,

Qui sentant sa mort proche,

cherchait une idée émancipatrice,

par simplement pour LUI

mais pour TOUS.

QUI NE DONNE TOUT QU'A TOUS

 

"Un roman de Houellebecq, c'est toujours un événement"

(France Info Normandie)

Prédique un journaliste.

MOT D’ORDRE,

 

Merveille du marketing littéraire,

Qui fait passer pour prophétie

Une étude de marché des

Thèmes

Dans l'air du temps,

"Zeitgeist",

Comme un éjaculateur précoce

Éjacule mais si peu,

Si peu,

Si vite,

Trop tôt,

Toujours plus vite, toujours moins haut,

Et un peu moins à chaque fois,

Ha,

Malheur,

Ma puissance sexuelle,

Ma Potestas, Pater Familias, Meus Pater, Meus Phallus,

Ma bite,

Ma seule obsession,

De gouttes,

A goutte,

A sec.

Sec.

 

                                                                                       

                                                                                  II

 

“Car avec son livre, l'auteur goncourisé débarque au pays du camembert”, ou Michel ethnologue

 

« On a l'impression qu'il a parcouru ces lieux", « Citernes de lait », « Faire la traite », « Je crois que je préfère sortir les fusils », « Michel H. traine sa mélancolie... »

"C'est un bon agrégateur de signaux faibles, raisonne ce consultant qui dit lire quotidiennement Le Parisien et regarder le journal de Jean-Pierre Pernault sur TF1, représentatifs pour lui de l'univers du romancier. »

(Sources oubliées volontairement)

 

  • L’univers de Michel serait-elle donc la représentation de la représentation journalistique privée monopolistique capitaliste actuelle, une copie de copie du journal de Jean Pierre Porneau ?

 

  • Un platonicien sérieux serait tenté de fonder la légitimité de cette copie, ou de l’invalider comme simulacre ( épreuve dialectique)

 

  • Un humoriste soixante-huitard hégelianisant pourrait évoquer, dans la langue néo-dialectique de l’école critique, d’Adorno au Comité Invisible, qu’après que « Dans le monde réellement renversé, le vrai [ait été] un moment du faux» serait advenu le temps où “ dans une représentation fidèle de ce monde renversé, le faux est la vérité de tout un chacun”.

 

Mais nous ne sommes ni Platonichiens ni Zégeliens, ni Zadorniens ni Zanarchistes bourgeois,

Et nous ressentions simplement beaucoup d’ennui

Et de tristesse pour la littérature,

Alors on a lu tout Simenon

Et on a bien rigolé.

 

 

« Il dit tout haut ce que nous vivons », m'a -t-on dit,

Ne recopie-t-il pas silencieusement la représentation du monde que les Médias Oligarchiques infusent dans les cerveaux de ceux qui les regardent ?

Il régurgite par la main ce qui ne sort plus par le bas, ce qu’on nous dit que nous vivons, ce qu’on nous fait croire que nous vivons, logorrhée qui nous traverse, redondance de phrases répétées sur les écrans, ceux  des bars, des cafés, des montagnes d'écrans dans les immenses enseignes de vente d'écrans, dans les petits foyers, dans les maisons de retraite, dans les hôpitaux, dans les foyers pour sans abri, dans les maisonnées de retraités apeurés, ce qu'on pense ALORS vivre dans notre petite subjectivité monadique perdue dans un dédale d'images et et phrases redondantes.

En tous cas, si

« Son roman constitue un événement de la rentrée littéraire d'hiver »

(Source oubliée)

Michel rate d'abord le portrait de son solipsisme de dépendant,

Qui si j'ai bien compris, tente de retrouver un ami dans sa dernière chiure.

Résumé : 

Après cinquante ans, dans notre société hyper-permissive dans les limites de l'échange monétisé,

Ou seul mon corps est mon capital, je ne suis qu'une merde.

Je vais essayer d'aller retrouver Fernand,

Un ami ?

Qui a tenté de

S’en sortir dans l'agro-industrie,

Qui a balancé des tonnes

De "lait",

De matière

Semi-vivante,

Ultra-mourante,

Qui a été arrosé de

Subventions

Pour

Le faire,

Mais non, ça n'a pas marché,

Fernand,

Non.

Nous n’avons pas assez de temps, et nous n’avons pas assez d’envie,

pour faire une parodie d’analyse de type psychanalytique

(à la Mélanie Klein, par exemple ça pourrait être plutôt bandant),

de ces thèmes du sperme et du lait chez Michel.

 

"Écrit des mois avant l'apparition des "gilets jaunes", le roman semble avoir anticipé

ce mouvement qu’aucun responsable politique n'avait vu venir".

(Source oubliée)

"Mais qu'importe, l'événement reste une joie".

(Source oubliée)

"Plus personne ne sera heureux en Occident. Nous devons aujourd'hui considérer le bonheur comme une rêverie ancienne, les conditions ne sont tout simplement plus réunies".

(Michel H.)

La joie silencieuse que je lui oppose, et ce mauvais poème, est ma plus belle réponse à cette pleurnicherie.

Et promis, c’est la dernière fois que j’écris (sur lui).

                                                                                                             

 

                                                                                                               III       

 

                                                                                                     

Ite, Missa est Ite, Missa est

 

Merci,

Michel,

Tu m’as libéré

Par ta vraie médiocrité revendiquée

Par ta peur de la vie, des autres, des minorités, de la mort, 

De la peur d’écrire des âneries.

Et la colère,la joie, la parole bruyante, des opprimés, de se répandre…

Et leur joie de croître.

Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, et Fílius, et Spíritus Sanctus.

Ite, missa est. Michelus Gratias.

                                                                                   

                                                                                            Fin

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