Solidarité des rouges berlinois avec les gilets jaunes

Le jeudi 20 décembre ont manifesté 150 personnes devant l’Ambassade de France, près de la porte de Brandenburg à Berlin, sous le slogan « Solidarité avec la lutte des Gilets Jaunes en France ». Stefan Schneider a pris la parole au nom de Classe contre Classe sur le soulèvement en France, et sur les demandes sociales ici en Allemagne .

Regroupement à Berlin devant l'Ambassade de France le jeudi 20 décembre 2018 © stefan schneider Regroupement à Berlin devant l'Ambassade de France le jeudi 20 décembre 2018 © stefan schneider

« Nous faisons parvenir aujourd’hui de Berlin notre solidarité avec le soulèvement des gilets jaunes en France, que l’Etat français a ébranlé dans ses fondations.

Depuis plus d’un mois vont dans la rue régulièrement des centaines de milliers de personnes contre la politique de restrictions du président haï Emmanuel Macron. Ils s’opposent à la monstrueuse répression policière, qui a déjà provoqué des centaines de blessés graves et même des morts. Nous condamnons sa militarisation sans exemple, qui a atteint son plus haut niveau depuis celle de 1968.

L’immense pluralité des revendications des gilets jaunes montre, à quelle misère ont mené les attaques envers les classes de travailleur(euses), retraité(e)s, la jeunesse, les femmes et les migrant(e)s.

En France le mouvement a désormais remporté une première victoire et s’est posé un nouvel objectif : « Macron, Démission ! » Macron doit se retirer – et pas seulement lui, mais toutes les institutions non démocratiques du système présidentiel doivent partir.

Pour la première fois depuis des décennies, la question de la Révolution est à nouveau dans toutes les bouches dans un pays impérialiste. C’est une énorme contre-tendance à la montée des forces réactionnaires comme Trump aux Etats Unis, Bolsonaro au Brésil ou Salvini en Italie, ou aussi bien la montée de l’AfD en Allemagne. Les revendications sociales – augmentation du salaire minimal, réintroduction de l’impôt sur la fortune, hausse des retraites et des prestations sociales et leur indexation sur le taux d’inflation - sont des revendications auxquelles nous prétendons aussi ici en Allemagne.

Hartz IV a plongé des millions de personnes dans la misère, Hartz IV doit disparaitre et être remplacé par un revenu de chômage illimité et non sujet à sanctions, qui n’est pas soumis à conditions et peut permettre d’assurer le niveau de vie des travailleurs qualifiés. Nous voulons aussi un partage du travail pour tous. Ce en vie de quoi nous exigeons une réduction radicale du temps de travail en maintenant un plein salaire et un plein emploi, comme l’augmentation des salariés dans les secteurs publics, dans le domaine éducatif, social, de la circulation et de la santé.

Contre les licenciements collectifs, et les fermetures d’entreprises, nous exigeons une expropriation sans compensation et nationalisation de ces entreprises sous le contrôle des travailleurs(ses) ; Nous exigeons également une égalité des salaires à l’Est et à l’Ouest, et la fin de toute discrimination des populations dans la zone de l’ex RDA, comme partie d’un programme général : à travail égal, salaire égal. Ainsi que pour les réfugié(e)s et migrant(e)s globalement, qui la plupart du temps sont poussés vers un travail illégal et incertain.

Pour toutes les personnes sans papiers allemands nous demandons par conséquent que les mêmes droits leur soient accordés qu’aux allemands, plus précisément le droit d’asile, le droit de travailler et des droits démocratiques. Nous exigeons un accès libre à l’éducation et le droit à l’apprentissage ou à la formation universitaire pour tous. Nous demandons aussi la fin des centres de rétention et la possibilité du rapprochement familial pour tous les réfugiés.

Comment pouvons-nous nous battre pour ce programme ?

Le mouvement en France a principalement montré que l’on n’obtient rien par des pétitions, mais seulement grâce à la confrontation avec l’état.

Mais il a aussi montré le rôle traître des sommités des partis réformateurs et s fédérations syndicales. Au lieu de soutenir de toutes leurs forces le mouvement des gilets jaunes – et aussi de cette manière mettre fin à la tentative de la droite de s’approprier le mouvement-, ils pactisent avec Macron pour réinstaurer la « paix sociale ».

C’est pourquoi nous devons nous organiser de manière autonome à la base des syndicats. Nous devons construire des Comités de Lutte en commun avec les initiatives antiracistes, les mouvements sociaux et les mouvements de jeunes et d’étudiants, pour mener les luttes tous ensemble. Nous devons imposer la grève générale aux directions syndicales. C’est seulement de cette manière que nous pourrons reconquérir les syndicats comme organes de lutte. C’est la tâche des syndicalistes de gauche en lutte aujourd’hui – en France comme en Allemagne.

Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour renforcer notre solidarité internationale. Ceux(elles) qui n’ont pas encore compris que notre lutte ne peut être qu’internationale ; ceux(elles) qui n’ont pas encore compris que la classe des travailleur(se)s n’a pas de Patrie et peut se battre uniquement unie au-delà de toutes les frontières contre le Capital et l’impérialisme, devraient regarder plus profondément : les frontières ne sont pas responsables de notre pauvreté, ce n’est pas l’intérimaire payé sous un salaire minimal qui met une pression sur nos salaires, mais ce sont les grandes entreprises et les gouvernement au service du Capital.

Vive la solidarité internationale avec les gilets jaunes en France ! A bas Macron et sa cinquième république ! pour la grève générale !

Stefan Schneider, rédacteur en chef de Classe contre Classe, Politologue, Syndicaliste, Formateur

Traduction WMK / F.POINT

Lien vers l’article original :

https://www.klassegegenklasse.org/zum-ersten-mal-seit-jahrzehnten-ist-in-einem-imperialistischen-land-die-frage-der-revolution-wieder-in-aller-munde/

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