RETRAITES : RIEN N’EST JOUE.

IL EST ENCORE TEMPS D’AMENDER

MANIFESTE POUR UN REFORME JUSTE ET EQUITABLE

POURQUOI ?

Certes, une réforme de notre système de retraite et de son financement est indispensable. Nous la réclamons depuis des années. Cette nécessité repose à la fois sur des raisons démographiques et des raisons financières.

Nous vivons plus longtemps que par le passé, nous commençons à travailler plus tard, il est logique de revoir l’équilibre du financement des retraites.

Dans ce contexte, nous avons souhaité jouer au maximum le jeu de la réflexion, de la concertation et de la négociation, espérant que la raison prévaudrait.

Aujourd’hui, force est de constater que la négociation est n'est qu'un leurre. A l’analyse des mesures décidées, il est visible que le gouvernement cherche avant tout à diminuer rapidement le déficit global de la France en optant pour ce qui rapporte le plus vite possible et beaucoup moins à régler le problème des retraites sur le fond.

La question du déficit est certes très importante et ne doit pas être ignorée, mais le problème des retraites mérite de trouver des solutions pérennes et non des mesures à l’emporte-pièce qui ne font que reculer pour mieux sauter.

Il doit être traité dans la justice et dans l’équité. Ce n’est pas ce que nous prépare le projet du gouvernement.

Il est primordial de préserver le système de retraite par répartition.

Contrairement à ce que l’on dit souvent, ce n’est pas un système prédateur vis-à-vis des jeunes. Il repose sur un système de solidarité intergénérationnel qui a d’ailleurs d’autres facettes. Si les enfants versent des cotisations finançant les retraites des parents, ces derniers ont aussi payé des impôts finançant l’éducation de leurs enfants. Et, en tout état de cause, un pays produit puis partage les fruits de ce qu’il a produit entre ses citoyens, ni plus ni moins, selon des clés de répartition qui doivent être les plus équitables possible.

Le patron de Calpers, le plus important fonds de pension du monde (celui des fonctionnaires californiens) a fait un tour d’Europe il y a quelques années pour expliquer que la capitalisation ne résolvait pas les problèmes démographiques et que ses déséquilibres étaient susceptibles d’amener les fonds de pension à la faillite.

L’état actuel des fonds britanniques, néerlandais, américains ou sud-américains devrait faire prendre conscience des dangers de la retraite par capitalisation et permettre de ne pas céder aux sirènes des banques et des compagnies d’assurances (en Argentine le gouvernement a dû nationaliser les fonds de pension ; en Slovaquie, Hongrie, Croatie, il a fallu autoriser ceux qui avaient opté pour un régime par capitalisation à rejoindre un régime par répartition). La propagande forcenée des milieux financiers depuis plus d’une décennie est poussée par leurs propres intérêts, et non par ceux des salariés qui leur confient leur argent.

La réforme proposée, avant d’être imposée, ne résout pas le problème, si ce n’est très provisoirement.

Le report de l’âge de la retraite, associé à l’augmentation de la durée de cotisation va certes apporter à la fois des recettes en plus et des économies, mais au prix de préjudices importants, notamment pour tous ceux qui sont rentrés jeunes sur le marché du travail et pour les seniors au chômage. Savez-vous que 554 581 seniors bénéficiaient fin 2009 de mesures publiques de cessation anticipée d’activité. Que se passera-t-il si l’on continue à autoriser les entreprises à pousser dehors leurs seniors en les lâchant maintenant sans parachutes.

Enfin, cette réforme ne permettra de résorber que 50 % du déficit prévisible à l’horizon 2030 !

LES PROPOSITIONS

Nous avons fait de nombreuses propositions.

Certaines sont des mesures d’équité, entre autres le fait d’accompagner la réforme d’une mesure de sauvegarde : un taux minimal de remplacement garanti en pourcentage des salaires reçus, sorte de bouclier retraite ; ou encore le fait de tenir compte des années d’études supérieures dans le nombre de trimestres de versements exigé.

Les mesures les plus importantes concernent la recherche de financements supplémentaires pour pérenniser le régime.

Augmenter les cotisations salariales ferait baisser le pouvoir d’achat, pénaliserait donc la croissance et risque de provoquer du chômage supplémentaire et es cotisations en moins.

Heureusement des pistes existent sans grands risques pour l’économie.

Par exemple, les exonérations de cotisations de charges sociales pour les entreprises dépassent 30 milliards d’euros par an. Les études réalisées depuis 2005 (pas moins de cinq études réalisées par des organismes différents) concluent à la quasi-absence de créationsou de sauvegardes d’emplois par ce moyen.

La suppression de ces exonérations, totale ou partielle, pourrait dégager des moyens importants pour abonder le système de retraites.

Pour l’instant, le gouvernement refuse d’envisager ce type de mesures, préférant faire peser sur les seuls salariés le poids de la réforme et repousse en fait toutes les propositions.

Le moins qui puisse être fait serait d’ouvrir de réelles négociations sur de nombreux points de la réforme. Or, pour l’instant, le gouvernement ferme toutes les portes sauf, à la limite, celle qui concerne la pénibilité.

IL FAUT ABSOLUMENT REVOIR CETTE REFORME QUI N’ASSURE PAS LA SAUVEGARDE DES REGIMES. UNE REFORME DE CETTE IMPORTANCE DOIT REPOSER SUR UN CONSENSUS ET NE PEUT RESULTER D’UN DIKTAT.

CHACUN DOIT ÊTRE CONSCIENT QU’UNE REFORME RATEE AMENERAIT ENSUITE A POUSSER LE SYSTEME VERS LA CAPITALISATION.

NE SERAIT-CE PAS D’AILLEURS CE QUI EST AU FOND RECHERCHE ?

 

A Michel, Blandine, Sylvie et Chantal.

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