Et si on rendait le vote obligatoire ?

Une des formes les plus claires de la crise politique reste l'abstention. Et si on rendait le vote obligatoire ?

Année après année, élection après élection la défiance entre les citoyens et le monde politique se renforce. Lieu commun, me direz-vous. À juste titre peut-être. Toutefois, les indicateurs sont au rouge. C'est un dépit démocratique auquel nous assistons. Une déception lourde de sens qui prépare de mauvais lendemain. Les causes sont connues et profondes. Peut être faut-il remonter à 1983. À 1995.A 2005. A chacun son marqueur selon ses convictions. En tous cas, une des manifestations les plus visibles de cette tension reste l'abstention. Celle-ci varie mais peu ou prou entre un quart et la moitié du corps électoral fuie les urnes. Et ça n'est pas la montée du travail dominical qui explique cette situation. Or, précisément cette abstention de masse contribue à nourrir la crise puisqu'elle fragilise l'action publique. La légitimité des élus en souffre et leurs décisions sont contestables tout autant que contestées. La terrible mécanique de la relégation s'est mise en route, se renforçant même puisqu'il existe une interaction, une corrélation, entre le vote et son environnement socio-économique. Les invisibles ne votent pas et moins ils votent, moins ils sont audibles. Funeste enchaînement qui rend le suffrage censitaire de fait. C'est pourquoi, je crois qu'il faut questionner le droit de vote pour le rendre obligatoire. Ce faisant, et ce quelle que soit le résultat, celui-ci aurait au moins le mérite de constater un fait majoritaire. Certes, pour que les choses aient du sens, il faudrait garantir une réelle égalité d'accès à l'information. Bien entendu, il faudrait alors résoudre la question du vote blanc. Mais tout de même, un suffrage reposant sur une majorité solide lui rendrait ses lettres de noblesse. Le sujet est politique sans être partisan puisque bien malin celui qui pourrait deviner, à ce jour, les bénéficiaires. Le doute profite à tous puisqu'à chaque scrutin la même mélodie du procès en illegitimite est intenté au vainqueur. La question mériterait d'être explorée mais parfois il faut préférer la conviction à la science, fût elle politique. Pour ce qui en ont envie, je les engage à signer la pétition sur Change. Org : http://chng.it/d2pFwkCB

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