"Officines"... Contribution à une histoire en marche...

Les "Officines" sont une tradition portée au niveau du grand art depuis les années 70. Elles collent comme un sparadrap à la droite chiraquienne sans en être l'apanage. D'autres ont sans doute été plus malins... Le livre éponyme de Frédéric Charpier lève le voile sur une partie des mystères...

"Officines". Le sujet claque comme un coup de Chassepot sur un pruscot au détour d'un chemin de Lorraine. L'ouvrage de Frédéric Charpier rompt, par sa précision, avec la litanie complotiere ou paranoïaque des décennies précédentes. L'auteur comme toujours est efficace, même si certaines hypothèses méritent, en effet, d'être vérifiées. On comprend mieux avec lui que la politique est violente. La criterisation du politique de Carl Schmitt (la politique entendue comme une dualité ami/ennemi) prend tout son sens. Il n'en demeure pas moins que le livre mériterait d'être complété par deux chapitres indispensables pour aborder la vie politique de ces 40 dernières années : comment financer ces Officines et en quoi cette question a amplifié certaines pratiques. Et d'autre part, tant pour les financer que pour les faire vivre, il fallait des petits gars. Des invisibles. Des anonymes. Et ces braves types sont toujours là. Présents. Disposant d'une technicité imparable. Ces deux questions n'ont pas été résolues par les quelques procès "d'affaires" des années 1990-2000. Bien des acteurs ont échappé aux questions légitimes des juges. Ils se sont inscrits dans le paysage avec aisance. Et ont fait croire qu'ils n'existaient pas. C'est sans doute la force du Diable. Les plus jeunes vivent dans l'incrédulité face à cette histoire-qui se confond d'ailleurs à partir des années 80 avec celles de la Décentralisation. Les plus âgés préfèrent oublier. Et beaucoup sont aveugles aux mouvements brownies. Et pourtant, lire les parcours. Les incidents. Les présences sur tel ou tel projet, soulèvent bien des questions et des suspicions. Tempus fugit, certes mais hommes et techniques demeurent. À mon avis, l'ouvrage de Charpie est inachevé et nous sommes nombreux à pouvoir l'aider à poursuivre cette œuvre, voire même à la relier à d'autres livres qu'il a publiés. 

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