Le Conflit Politique

Du 6 au 8 avril 2017 est organisé un colloque intitulé "Le Conflit Politique: Logiques et Pratiques", qui réunit philosophes, historiens, et activistes autour de la question suivante: qu'est-ce qu'un conflit politique? Parmi les intervenants: Alain Badiou, Sophie Wahnich, et Jacques Rancière.

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Organisateurs : Bernard Aspe (Ciph), Patrizia Atzei (Université Paris VIII, éditions NOUS), Camille Louis (collectif kom.post, Université Paris VIII), Frédéric Neyrat (Université de Wisconsin- Madison).

Lieux et dates:  Le 6 avril à La Parole errante (9 rue François Debergue, 93100 Montreuil) et les 7 et 8 avril au Théâtre L'échangeur (59 avenue du Général de Gaulle, 93170 Bagnolet).

Enjeux du colloque : Selon Jacques Rancière, la politique est toujours l'exposition et le travail d'un désaccord sur ce que recouvre le nom même de « politique ». Nous dirons qu'elle est par là même la mise en œuvre d'un conflit sur l'identification de ce qui constitue un conflit politique, sur la forme que peut ou doit avoir ce dernier.

Nous nouons ici trois suppositions : premièrement, la politique se laisse aborder sous l'angle du conflit spécifique qu'elle met en œuvre. Deuxièmement, il y a une logique de ce conflit, ce qui veut dire plus précisément qu'il y en a une intelligibilité, entendons par là une saisie conceptuelle et discursive. Troisièmement, cette intelligibilité, comme dirait Lacan, est « pas-toute » ; le concept de « pratiques » peut alors être mobilisé pour indiquer les éléments (les gestes, les postures, les dispositions) qui se transmettent par d'autres voies que celle du discours ou de la saisie conceptuelle.

C'est à partir de la pluralité de ces logiques et de ces pratiques que peut être saisie la diversité des formes du conflit politique. Une de ces formes est celle du débat parlementaire ; une autre se construit, tout à l'opposé semble-t-il, à partir du modèle de la guerre ; une autre encore s'invente à partir du type de lutte qui a pour terrain l'économie. Mais il se peut que la forme du conflit politique doive être pensée dans son ordre propre, à distance justement de modèles ou de domaines qui lui seraient extérieurs (le droit, la guerre, l'économie). Cela ne suppose pas nécessairement une essence intemporelle de la politique : tout au contraire, il semblerait qu'une politique ne s'identifie « en propre » que depuis ses enjeux au présent. Reste à savoir comment ces enjeux redéfinissent alors l'entente que l'on avait jusque-là du concept de « politique ». Par exemple à partir de la « crise » écologique qui est aussi, pour beaucoup de gens aujourd'hui, celle de la politique humaniste. Mais aussi à partir des différentes occurrences qui manifestent l'existence de la politique aujourd'hui : assemblées sur les places publiques, occupations des rues, défense de territoires ou de cultures locales. On verra alors que la question de la forme du conflit ne peut laisser hors champ la dimension proprement esthétique inhérente à la politique.

Programme :  (pdf, 1 B)

Titres et résumés (pdf, 1 B)

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