Un flic sur deux est ripou

100 jours après la signature au Mexique d'un accord national pour la sécurité, le bilan semble plus catastrophique que jamais. Un rapport, rendu public le 28 novembre, révèle qu’un policier sur deux est corrompu.

 

Fin août, une grande marche citoyenne contre l'insécurité avait contraint le gouvernement mexicain à s’engager à réduire dans les 100 jours la vague de violences sans précédent qui frappe le pays. Objectif: Stopper les crimes liés au narcotrafic (plus de 4900 depuis janvier) et les enlèvements (plus de 700 officiels, le triple selon les experts).

 

Mais, vendredi dernier, le président conservateur, Felipe Calderon, a du reconnaître des résultats désastreux: La moitié des agents de police « ne sont pas des personnes recommandables », selon l'examen de confiance réalisé par le ministère de la Sécurité publique. L’Etat de Basse-Californie (Nord-ouest) serait le plus touché avec 88% des policiers recalés à ces tests d'honnêteté.

 

Comment le gouvernement pourrait-il tenir sa promesse de sécuriser le pays si la corruption s’est généralisée dans les corps de police? Pour recadrer le tir, Felipe Calderon mise sur l’armée, dernière institution à laquelle les Mexicains accordent leur confiance. 36 000 militaires ont ainsi été déployés aux quatre coins du territoire pour lutter contre les cartels de la drogue. Depuis, des tonnes de stupéfiants sont saisies, des narcotrafiquants arrêtés. Des têtes tombent aussi au sein des forces de l'ordre, comme le dirigeant d’Interpol et autres inspecteurs en chef, complices du crime organisé.

 

Efficace, l’opération n'en semble pas moins risquée. L’armée pourrait, à son tour, être gangrenée par l’argent des barons de la drogue. Leur marché est évalué entre 25 et 30 milliards de dollars par an. Ainsi, le narcotrafic serait le second secteur économique du pays, après le pétrole et avant les transferts de fonds des émigrés.

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