L’absence remarquée de la France à la Conférence internationale sur le Sida

La 17ème conférence mondiale sur le Sida s'est ouverte officiellement dimanche soir à Mexico. Jusqu'à vendredi prochain, 23 000 participants, chercheurs, médecins, représentants d'associations et autres personnalités internationales, débatteront ensemble des avancées et des défis pour enrayer l'épidémie.

La 17ème conférence mondiale sur le Sida s'est ouverte officiellement dimanche soir à Mexico. Jusqu'à vendredi prochain, 23 000 participants, chercheurs, médecins, représentants d'associations et autres personnalités internationales, débatteront ensemble des avancées et des défis pour enrayer l'épidémie.« Mais où sont les représentants de la France ? », demande naïvement un des journalistes étrangers, venus en nombre assister à l’inauguration de l’événement. Depuis une semaine, les associations de lutte contre le Sida dénoncent l’absence de dirigeant français lors de ce rendez-vous mondial. Le 3 août dans l’Auditorium national de Mexico, les responsables politiques du monde entier défilent à la tribune pour inaugurer la conférence : Peter Piot, directeur d’ONUSIDA, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, Felipe Calderon, président du Mexique ou Maria Teresa Fernandez, vice-premier ministre d’Espagne, lancent un à un des messages d’espoir. Cette dernière est longuement ovationnée par la foule, après avoir annoncé 10,2 millions d’euros supplémentaires alloués par son gouvernement à ONUSIDA. Mais pas de déclaration française au programme. Le président Nicolas Sarkozy, comme son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, ou son homologue de la santé, Roselyne Bachelot-Narquin, ont décliné l’invitation. La France se désengagerait-elle du combat mondial contre le Sida ?Neuf jours plus tôt, l'association Act Up avait tiré le signal d’alarme pour fustiger une représentation française insuffisante à la première conférence mondiale sur le sida organisée en Amérique latine. « 8.000 morts par jour: Sarkozy est-il indifférent ou a-t-il peur de la colère des malades? », interrogeait alors Act Up dans un communiqué. « L'absence de haut responsable s'explique pour raison d’agenda », justifie-t-on à l’ambassade, avant de préciser que trois membres du ministère de la santé et Louis-Charles Viossat, ambassadeur français chargé de la lutte contre le VIH-sida, sont venus représenter l’hexagone. Du coup, seuls Le Monde, Libération, RTL et France Inter, ont envoyé des journalistes sur place alors que près de 3000 reporters étrangers couvrent l’événement. Pour Act Up, Louis-Charles Viossat, qui délivrera le message officiel de la France, « n'a aucun pouvoir de décision ou d'initiative ». L’association critique aussi la faible contribution financière du gouvernement français à la lutte contre l’épidémie, malgré sa promesse d’« assurer l'accès universel aux traitements contre le sida d'ici à 2010 ». Selon son site Web, la France y consacre 300 millions d’euros annuels alors qu’une somme trois fois plus importante serait nécessaire pour tenir ses engagements. « L’absence française est un scandale car votre pays dirige l’Europe. Le message d'un de vos dirigeants aurait eu une portée très forte », peste Mariana, membre de l’association mexicaine, Amigos con VIH.La conférence s’achèvera le 8 août prochain, jour du début des Jeux Olympiques de Pékin. Cette fois-ci, les dirigeants français, dont Roselyne Bachelot, seront du voyage.

 

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