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Billet de blog 1 décembre 2016

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Macron, un Juppé de secours ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le paysage politique qui se dévoile à l'approche des élections présidentielles de 2017 devient nettement moins brumeux à l'issue des primaires de la droite. Le surgissement au premier plan de François Fillon n'était ni prévu ni favorisé par la classe dominante. Cependant, celle-ci a toujours plusieurs fers au feu. Après la chute de Juppé, qui s'est effondré alors qu'il disposait d'une couverture médiatique quasi-Orwellienne, il y a urgence a trouver un poulain. Bon, heureusement, il est déjà positionné, prêt à prendre le relais du vieux, il s'agit bien sûr du jeune Emmanuel Macron, propulsé par les mêmes médias qui ont soutenu le vieux Juppé qui a raté son coup. Quand à Hollande, il est totalement démonétisé et appelé à soutenir, au moins de manière subliminale, le petit Rothschild boy qu'on lui a imposé il y a 5 ans, le petit Emmanuel que l'on doit bien tenir par les couilles quelque part, histoire que ce futur Mattéo Renzi à la française ne se sente pas pousser des ailes trop grandes.

Voyons comment se présente le paysage de la présidentielle, et donc de ce qui va suivre, à la lumière des enjeux stratégiques, et ce à moins de cinq mois du premier tour :

5 candidatures se détachent du paysage : Le Pen, Fillon, Macron, PS et Mélenchon. On ne sait pas encore qui va représenter le PS, cela dépend des accords qui peuvent se nouer autour de la candidature Macron. Quel que soit le scénario, il est destiné à disparaître, lâché par ceux-même qui l'ont utilisé depuis maintenant trois décennies.

Le Pen est silencieuse. Programme économique populiste de droite. Stratégie internationale souverainiste, sortie de l'OTAN certaine, de la CE incertaine.

Fillon emporte la primaire de droite avec un programme économique à la Thatcher et une stratégie internationale de rapprochement avec l'Allemagne, mais d'éloignement de l'OTAN. Reçoit le soutien du patronat national et allemand.

Macron représente le centre, peut recevoir l'appui de Bayrou et Hollande. Politique économique sociale-libérale. Stratégie internationale d'alignement sur l'OTAN et la CE. Bénéficie du soutien des multinationales.

Le PS est sur le même positionnement que Macron, mais avec quelques grumeaux de socialisme dans la soupe néo-libérale. A l'agonie sauf miracle Montebourg.

Mélenchon représente la gauche socialiste. Programme économique socialo-écologique et populiste de gauche. Stratégie internationale souverainiste, sortie de l'OTAN certaine, de la CE incertaine.

4 candidats dépassent nettement les 10 % d'intentions de vote au premier tour, quel que soit le sondage. Le PS marginalisé, il reste donc ces 4 candidats de poids : Le Pen, Fillon, Macron et Mélenchon, avec la quasi certitude pour Marine Le Pen de parvenir au 2ème tour, et la même quasi-certitude de ne pas être élue. On se retrouve donc avec seulement 3 présidentiables crédibles : Fillon, Macron et Mélenchon, dans l'ordre décroissant de probabilité d'être élu. Mais beaucoup reste à jouer.

Inutile de dire que les préférences du « système », que l'on peut comprendre comme étant la conjonction des volontés de tout ce qui compte, autrement dit de la classe dominante, vont de préférence à Macron mais s'accommoderaient de Fillon.

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