Il est des événements, ces temps-ci, dont la grande presse parle peu ou guère : c'est l'ingénieuse solution au déficit budgétaire mise en œuvre par le Prince-héritier Mohammed Ben Salman, surnommé MBS, qui gouverne désormais seul l'Arabie saoudite.
MBS a-t-il été inspiré par Louis XIV, lorsque qu'il a racheté à Louveciennes une étonnante réplique du château de Vaux-le-Vicomte, ce Vaux-le-Vicomte qui avait tant impressionné Louis, au point qu'il s'en était inspiré pour imaginer Versailles ?
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La réception que donna Nicolas Fouquet en son château de Vaux, pour épater le Roi-Soleil, fut fatal au Surintendant des Finances. Le jeune Louis fut certes ébloui par la magnificence de la fête, du parc, des bassins, du château que Fouquet s'était fait bâtir. Louis jugea que la fortune de celui-ci était suspecte, et il n'avait pas complètement tort, puisque Fouquet prêtait à intérêt au Trésor Royal les Impôts qu'il percevait en son nom, un peu comme les banques d'aujourd'hui prêtent à intérêt à l’État Français les sommes qui leurs sont octroyées à taux nul par la Banque Centrale Européenne. De plus, Fouquet faisait de l'ombre au Roi-Soleil, et cet excès d'orgueil le perdit. Peu de temps plus tard, Louis le fit embastiller, et surtout fit confisquer sa considérable fortune. Ainsi, les finances du Royaume furent rétablies, et le destin du surintendant des finances se confondit avec celui du masque de fer.
Mohammed Ben Salman a remis au goût du jour les méthodes du Roi-Soleil. Il a invité les plus fortunés de ses sujets – pour la plupart ses cousins – et les a embastillés par surprise, dans un hôtel de grand luxe de Riyad, la capitale. Suspendus par les pieds, torturés par des mercenaires étrangers mis à la disposition du Prince par le grand frère américain toujours prêt à contribuer à une cause humanitaire, les riches princes du Royaume d'Arabie durent faire le choix entre une mort assurée et l'abandon d'une partie de leur fortune au profit du Trésor Royal. Pour crédibiliser la chose, MBS n'hésita pas à faire mitrailler l'hélicoptère d'un récalcitrant qui tentait de s'enfuir.
Voici donc que nous vient d'Orient un exemple à suivre pour solutionner le problème chronique de nos finances. Il suffirait que notre nouveau Prince-Président Emmanuel invite à quelque sauterie la fine fleur de l'oligarchie française, disons les 100 plus grosses fortunes. Par surprise, il les fait arrêter et suspendre par les pieds. Mondialisation financière, comptes cachés dans les paradis fiscaux, bataillons d'avocats d'affaires, tout ce qui permet à nos oligarques de se croire intouchables tombe quand, suspendus par les pieds, ils se voient menacés de se faire énucléer alors qu'on leur a arraché déjà quelques ongles. Nul doute qu'ils signent alors les ordres de virement qui permettront de faire rentrer quelques centaines de milliards d'Euros dans les caisses de l’État. Et tout ceci sans aucun frais, quelques gros bras de la CGT acceptant sans aucun doute de faire ce travail gratuitement en lieu et place des mercenaires appointés de nos amis américains. Voici donc, qu'à l'issue de cette salutaire purge, nos milliardaires seraient remis sur pied, les finances du pays aussi, et, de surcroît, la France ne risquerait rien : l'Arabie Saoudite préside la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU.
Puisse notre Président suivre l'exemple de Mohammed Ben Salman, il rendrait un fier service au pays.