François Couperin nous revient, dans son costume de ville, de rire et de tendresse: un regard aux jolies filles, un carrosse au détour d'une lanterne, enfin l'église tout à côté.
Chacun sait que ce compositeur appartenait à une famille d'artistes, une chance autant qu'une charge.Quand on sait la passion que Louis XIV a nourri pour la musique, il est permis de souligner d'emblée quel privilège fut celui de François Couperin, d'accompagner les dernières années du monarque absolu. Saint Gervais, dont les Couperin de père en fils avaient tenu les orgues, ne pouvait soutenir la concurrence. Il fallait chaque jour inventer quelque partition, propre à divertir, à consoler bref, une aventure.
Iddo Bar-Shaï est un pianiste israélien de grand talent, sensible et vertébré. Dans la ferme de Villefavard, un espace exceptionnel dédié à la création net situé dans le Limousin, il a enregistré vingt cinq pièces de Couperin. Les Ombres errantes est un disque remarquable. Autant de paysages que de sentiments, la rigueur ici s'assemble à toutes les fantaisies: le printemps sur la platine.
Le compositeur aimerait cela, n'en doutons pas un instant.
A noter:
"Les Ombres errantes" par Iddo Barshaï piano. Label Mirare