Britten avait beau vivre au grand jour avec un chanteur, il connaissait les risques de son engagement.
La société permissive était encore un projet, le mariage pour tous une invention de science fiction. Lire ses partitions sous cet angle unique, évidemment, serait excessif. Il n'en demeure pas moins que les mélodies de Benjamin Britten ici rassemblées décrivent un monde ancien, dangereux, où Michel-Ange et Purcell avancent de concert. On n'est pas sûr, mais c'est une autre histoire, que les menaces aient toutes mis les voiles.
Ian Bostridge interprète Winter words, Michelangelo Sonnets, Six Höderlin Fragments, Who are these Children? Songs from the Chinese, chemins d'avant garde que le compositeur explore en passant par la musique baroque. Le soliste, en jeune homme épris de culture, nous conduit au sommet. "D'une richesse incroyable" dirait-on de nos jours, pour exprimer la beauté de ce disque. Il est permis d'en recommander l'écoute quotidienne.
A écouter:
Ian Bostridge: "Britten songs". Au piano Sir Antonio Pappano, à la guitare Wuefei Yang. EMI Classics