De tous les chanteurs de bossa nova, il était le plus grand. Ce qui le signait d'abord était la douceur de sa voix: rien n'est difficile comme de chanter tout doucement sans se détimbrer.
Voici quelques années, en concert dans le midi de la France, tandis que des spectateurs bruyants contraignaient leurs voisins à réclamer que l'on augmentât le volume de la sono, Gilberto exigea le contraire - et bien sûr il triompha.
Mais sa marque absolue, c'était évidemment cette manière inimitable de chanter en avance sur le temps, sans jamais se perdre alors qu'il s'accompagnait lui-même:
Porté par les orchestrations de Claus Ogerman, il avait livré le plus sublime des albums de Bossa nova:
Mais on n'oublie pas les premières interprétations du bahianais:
Le cœur des mélomanes est lourd aujourd'hui...