Le père Honoré n’était pas Stendhal et c’est pour cette raison qu’on l’aime.
A l’Opéra, certes, il ne passait pas son temps. «J’étais il y a six mois d’une ignorance hybride en fait de technologie musicale, admit Balzac au détour d’une lettre. Un livre de musique s’est toujours offert à mes regards comme un grimoire de sorcier ; un orchestre n’a jamais été pour moi qu’un rassemblement malentendu, bizarre ». Mais il faudrait dire, une bonne fois, que la modestie, les scrupules, tiraillaient cet ogre du roman. Ce n’était pas le genre à tomber dans les pommes, pour oui pour un non, dans une loge de Milan. Ne vous agacez pas: ce ne sont là que taquineries pour un lundi. N’empêche, on associe rarement Balzac à la musique, et c’est un tort.
Alors, comme le tort tue- mais si, mais si- courez aux concerts de Ziad Kreidy, pianiste libanais. Les 25 et 26 mai prochains, dans la maison de Balzac, à Passy- village que la capitale vient d’agréger à son territoire, où les coches ont la vie difficile tant la colline est rude- il donnera Chopin, Mendelssohn et Beethoven. On imagine déjà les dentelles aux épaules des dames, un rien de polissonnerie chez les jeunes garçons que l’ambition dévore et les notes perlées, comme des incises glissées dans une proposition circonstancielle de temps.
A noter :
"Pianoforte à la Maison de Balzac" par Ziad Kreidy sur un pianino Pleyel (circa 1849)
Samedi 25 et dimanche 26 mai 2013 à 15h30
47, Rue Raynouard
75016 PARIS www.balzac.paris.fr
Entrée libre sur réservation au 01 55 74 41 80