Le signe de Lugansky

Dans la famille des pianistes, il incarne le grand genre.Un olibrius à la technique assurée, jouant large, en même temps que l’artiste capable d’entretenir un monde intérieur, à l’abri des arpèges.

Dans la famille des pianistes, il incarne le grand genre.

Un olibrius à la technique assurée, jouant large, en même temps que l’artiste capable d’entretenir un monde intérieur, à l’abri des arpèges.   

Aborder Rachmaninov entraîne l’interprète sur des chemins périlleux. Bien sûr, il a le droit d’ajouter de la sentimentalité, d’exprimer davantage encore que ce qu'indiquent les notes. Rien n’interdit de manger des rillettes avec du beurre- on a connu tel breton qu’une certaine gourmandise inclinait à cette folie- mais, disons-le franchement, le pain grillé, tiède à peine, convient beaucoup mieux.  De la même façon, la retenue, presque la sécheresse du trait, donnent aux œuvres du compositeur une profondeur autrement bouleversante.

Ainsi vont les deux sonates que Lugansky présente ce mois-ci. Deux temps, six mouvements, paysages inspirés par Liszt et Chopin, comme toujours transcendés par des voltiges improbables. Au détour des mesures, impressionné, le mélomane en vient à prendre Lugansky pour une marque de caviar.

A noter:

Rachmaninov : « Sonates n°1 et 2 » par Nikolai Lugansky. Label Ambroisie, distribution Naïve.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.