Une merveille de pianiste interprète à nouveau deux sonates.
Il existe plusieurs façons d’aborder Schubert : en courtisan glacial- tasse de porcelaine à la main, le regard en biais vers une gourgandine qui se déguise en marquise- en dramaturge- un masque de mort à la boutonnière et les yeux fauves.
Avec Maria Joao Pires, une autre voie nous est offerte, à la fois lumineuse et profonde. Le lugubre jamais ne prend le pas sur l’espérance. Il ne s’agit pas d’une médiane, d’un entre-deux, mais d’une approche différente qui, soulignons ce trait de caractère, traduit mieux que d’autres la jeunesse du compositeur.
Maria Joao Pires, à la semblance d’un Chambertin, nous amène ailleurs, où les acajous, les dentelles noires et les caresses aux sourires se mêlent. Un délice.
A noter :
Schubert : « Sonates pour piano n°16 et n°21 », par Maria Joao Pires. Label Deutsche Grammophon.