Connaissez-vous Eric Vidonne? Si oui, vous allez trouver ridicule ce billettiste ignorant; si non, vous allez découvrir un pianiste épatant, l'un de ces artistes dont on dit qu'ils sont rares par une facilité de langage, alors même qu'ils ne demanderaient pas mieux que d'être partout célébrés, connus, reconnus.
La notice biographique de son disque- bien rédigée, précise, notons-le au passage- nous dit qu'Eric Vidonne est originaire du Jura- peut-être y vit-il encore?- qu'il fut l'élève de Dominique Merlet- référence de grande qualité- qu'il a perfectionné son apprentissage auprès de Maria Tipo- dont les lecteurs savent l'admiration qu'on lui voue- la remarquable France Clidat, l'excellente Anne Queffélec. Un trio de femmes auquel, suivant la toile, nous devrions ajouter mademoiselle de Larrocha.
Bon. Tout cela sonne mieux que bien. Mais ce que nous vous recommandons de faire, pastichant Péguy, c'est d'écouter ce qu'il y a à écouter. Le mystère que Vidonne imprime au premier contre-point, l'avez vous saisi? Le déploiement des chants qui vient, naturel, en avez-vous perçu les charmes? Avec ça le sens du récit, de l'humour, une précision qui n'est pas mécanique. Une merveille que cette interprétation.
Autant l'avouer de nouveau, le billettiste il y a peu ne connaissait pas Eric Vidonne. En recevant son double disque "L'art de la fugue", il a pensé que cet artiste ne devait pas vous manquer. Certains diront: "Mais le samedi n'est pas le jour de Bach!" Oui, mais aujourd'hui, c'est le jour de Vidonne. Alors, à l'approche de Noël, pensez-y, préparez-vous à l'offrir, et vous ferez le bonheur de vos proches !
A écouter:
"L'art de la fugue, de Bach" par Eric Vidonne, label Exordium