Sortir du chaos par l’innovation démocratique !

Dans mon livre intitulé «Chaos», je fais référence à la nécessité impérieuse de changer notre fonctionnement démocratique et de puiser dans les fondements de la démocratie Athénienne.

Dans mon livre CHAOS publié il y a 9 mois le temps d’une gestation, je fais référence à la nécessité impérieuse de changer notre fonctionnement démocratique et de puiser dans les fondements de la démocratie Athénienne

Le tirage au sort qui est une pratique encore répandue sur tous les continents, quand il s’agit de la décision suprême, celle d’ôter ou non la liberté à un individu, ne doit-il pas être  réintroduit dans le processus de choix des représentants du peuple ? C’est la proposition que je formule dans mon livre, pour introduire de la démocratie directe dans nos institutions.

Dessiner un Sénat rénové et représentatif après avoir fusionné le conseil économique et social qui représente les forces vives du pays avec lui qui représente les collectivités locales, en instillant une dose de tirage au sort ? Envisager alors une règle de trois tiers  ?  Un tiers forces vives, un tiers représentant des élus locaux et donc de la France rurale et un tiers de citoyens tirés au sort parmi des millions de candidats.

 Ou bien choisir d’élire une part de l’Assemblee nationale au tirage au sort ? Envisager également une règle des trois tiers ? Un tiers au scrutin majoritaire à deux tours comme aujourd’hui, un tiers à la proportionnelle et un tiers par tirage au sort ?

 Comme je l’explique dans mon ouvrage, dans le cadre de mon tour de France en 2016, plus de 126 étapes dans notre pays, j’ai même proposé que le président de la République se dote à l’Élysée d’un mini conseil de citoyens tirés au sort pour un an, afin de recueillir son avis sur les décisions les plus impactantes. 

 Et pourquoi ne pas porter cette idée de tirage au sort partiel dans chaque pays de l’Union européenne pour engager le renouveau du parlement Européen ou créer un conseil des citoyens aux côtés de la commission ? 

La France sut tracer la voie de la démocratie à l’ère des lumières, dessina le cadre démocratique protégeant les droits de l’homme, construisit la République moderne.

Soyons la nation innovante au XXI eme siècle, qui en s’appuyant sur les progrès technologiques, invente une nouvelle démocratie représentative mêlée de démocratie directe. 

La Suisse à cet égard m’a de tout temps impressionné avec ses votations. Mes professeurs de droit constitutionnel nous mettaient en garde sur l’impossibilité de transposer à un pays de 60 millions d’habitants un mode opératoire adapté à un petit pays de 8 millions de citoyens. C’était certes vrai dans les années 80/90 mais à l’heure où l’Etat détient notre identité numérique à tous, où la data sert à rendre plus efficace l’application de nos obligations ( impôt, état-civil, sanctions) est-il utopiste d’exiger la rénovation de nos droits ? Parmi ceux-la vient évidemment en tête le droit de vote. Depuis 10 ans je mène sans relâche le combat pour un vote par internet élargi à toutes les élections. Le sondage que j’avais commandé au Parisien pour Nouveaux-Horizons concluait que 58% des abstentionnistes voteraient s’ils pouvaient le faire d’un clic. 

La technologie donnant naissance à la blockchain permet aujourd’hui de sécuriser de telles opérations. 

 Ainsi notre pays qui depuis le référendum de 1969, craint d’utiliser cet outil démocratique, au coût il est vrai exorbitant, sera en mesure de consulter, de proposer aux citoyens des alternatives économiques et sociales, de trancher les débats de société. 

De même la proposition d’initiative citoyenne, qui est encalminée dans notre constitution faute de souffle démocratique. Cette procédure est rendue inopérante par des seuils inappropriés de signataires et l’absence de textes d’application et pourrait, avec une volonté politique, devenir un outil démocratique efficace.  

Je l’ai expérimentée artisanalement, de ma propre initiative, pendant mon mandat de député, en déposant des propositions  déposées sur le site de Nouveaux-Horizons par des citoyens.

Un petit pays en taille mais immense en innovation citoyenne, l’Estonie, avec qui je travaille depuis des années, nous montre la voie. Ses relations tendues avec le voisin Russe, lui aurait laissé peu de chance de réussir son pari de la fiabilité du vote numérique, si le process choisi n’était pas solide au plan de la sécurité et de la confidentialité du vote. 

L’Estonie ne s’est pas arrêté là et offre, en ligne, 99% des services rendus par son administration, à moindre coûts, à ses ressortissants. 

Suivons cet exemple enthousiasmant comme j’y invite les Gouvernements successifs, de l’ère Sarkozy à l’ère Hollande ! Non seulement parce qu’il améliorera la vie quotidienne des citoyens en mettant fin à la fracture numérique qui laisse encore au bord du chemin des zones rurales et nos compatriotes les plus âgés, mais parce qu’il permet de désintermédier, seule voie pour réduire drastiquement la dépense publique, dans notre pays ou l’embauche d’un seul fonctionnaire coûte 3,5 millions sur la durée d’une vie ! 

Ces réductions de dépenses publiques devront être consacrées, à due concurrence, à la suppression de charges et de taxes diverses. 

En associant les citoyens à la décision sans leur compliquer la vie, en leur distribuant les fruits de cette révolution numérique de la citoyenneté, on évitera les révoltes populaires du type « Gilets Jaunes », mouvement parti d’une revendication légitime, rapidement pourri par un comportement anti-démocratique voire séditieux, manipulés par les extrêmes et tous les anti-Républicains. 

La technologie est au point. Il manque la volonté politique de partager le pouvoir avec les citoyens. 

Osons nous lancer dans cette voie et profitons des élections européennes pour exiger que l’Europe en fasse autant !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.