Halte aux «Hooligans jaunes», traîtres aux «Gilets jaunes» !

Soyons patriotes. Ne tombons pas dans le piège tendu par les nationalistes. Alors que nous aimons profondément nos compatriotes, ils préfèrent détester copieusement les autres.

10 morts, des actes factieux et séditieux, des débordements antisémites, des meneurs à l’image de Drouet ou Nicolle, qui pilotent une stratégie de la tension et de la violence, qui cherchent de façon quasi militaire à tromper l’ennemi, les forces de l’ordre. A cet égard la diversion de Versailles du 22 décembre 2018 restera dans les annales. Elle doit être sanctionnée judiciairement, comme telle. 

Ces leaders ne cachent pas leur proximité avec les médias ouvertement complotistes, (cf leur accusation de manipulation gouvernementale pour le massacre terroriste de Strasbourg dont le lien est maintenant avéré avec Daech), voire lié à des forces étrangères comme RT( Russia Today). L’énergie mise par le média officiel Russe à tenter de faire passer Drouet, interpellé pour port d’arme prohibé et organisation d’une manifestation illicite (ayant clairement pour but d’installer la violence dans Paris), pour un prisonnier politique, est édifiante.

L’extrême gauche est elle même peu regardante sur le profil de ces meneurs de l’insurrection, tant elle rêve, à l’image de l’extrême droite, de récupérer pour les prochaines européennes la colère populaire sous-jacente. 

Propos négationistes dans le métro, référence à la « quenelle » du sieur Dieudonné et saluts Nazis  sur la butte Montmartrerevendication du « RIC » théorisé par Chouard, un olibrius peu ragoûtant, au but de renverser le pouvoirau lieu de bâtir les contours d’un RIP ( Référendum d’initiative populaire) que je défends et qui existe dans nombre de démocratie qui ont choisi de s’appuyer sur de véritables outils de démocratie directe.

N’oublions jamais les contorsions historiques qui ont plusieurs fois souillé la gauche de combat, quand des socialistes ralliaient le général Boulanger et son despotisme, trouvaient  au « capitalisme,  création juive » de Drumont des accents similaires à leur croyances idéologiques, allaient même jusqu’à refuser de défendre le capitaine Dreyfus, se rapprochaient des ligues porteuses de l’anti-parlementarisme des années 30, quand des idéalistes ou des communistes cautionnaient les massacres provoquées par les dictatures pour cause d’accords internationaux, du pacte Germano-Soviétique aux exactions Maoïstes. 

Tout ne peut être permis, au nom de la sacro-sainte lutte contre les élites de droite et de gauche et de la légitime colère du peuple !  

La faim et la misère peuvent excuser la violence de ceux, si nombreux, que j’ai rencontré lors de mon tour de France en 126 étapes, dont j’ai retiré un seul mot, qui résonne encore au plus profond de moi, le mot « suicide ». Personne ne me prit au sérieux lorsque je délivrais ce triste témoignage et défendais avec ardeur une «Évolution», de bousculer le système  pour rompre avec l’éclatement de la France en trois : la France abandonnée, la France pressurée et la France protégée.

Ne nous étonnons pas de cette révolte contre les sur-réglementations et les sur-taxations... 

Le pays a été mis en coupe réglée par une caste technocratique qui se sert avant de servir le peuple. Elle dirige l’Etat, les grandes entreprise et les banques...

Or qui étrangle cette France qui bosse, est à découvert au 15 du mois, n’arrive plus à jongler avec les dettes sociales et fiscales ? 

Or qui délaisse cette France rurale, qui nourrit pourtant nos enfants, la culpabilise alors que c’est elle qui lui a imposé les pesticides et le diesel et l’a mise sous perfusion ?

Or qui laisse dépérir une catégorie de la population qui erre dans les rues et survit, cachée, aux entrées de nos grandes villes ?

Or qui abandonne une génération aux racines mêlées, dans des cages dorées à coup de million déversées dan l’urbain, alors qu’investir dans l’humain c’est d’abord ouvrir les portes de la cage ?

La Chienlit peut faire naître un mouvement évolutionnaire bienvenu, du Chaos peut même émerger une transformation salutaire. Voltaire ne disait-il pas dans Zadig, par la voix de l’ange Jesrad : «  il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien ».

Je ne fais pas partie des pourfendeurs de mai 1968, dont je ne mésestime pas le caractère d’accélérateur social et sociétal, mais en revanche j’ai toujours condamné les événements séditieux qui accompagnèrent la guerre d’Algérie.

C’est la même droite qui s’agite aujourd’hui, revendiquant son admiration pour Alain Soral, alliée de circonstances des antisémites notoires tels que Dieudonné voire des activistes de gauche tels que François Ruffin (engagé dans une course à l’échalote avec Jean Luc Melanchon débordé sur son extrême gauche). La France Insoumise paiera cher son alliance de fait avec l’extrême droite la plus identitaire, dans le seul but de récupérer un mouvement social. Les vautours se ressemblent et s’assemblent. Mais c’est Marine Le Pen qui tire les marrons du feu, quand Mélenchon est entrain de perdre son âme. 

Ne nous prenez pas pour des « Boloss » (formule remise à l’honneur par la connivence d’un amuseur public et d’une député France Insoumise, qui n’hésite pas à galvauder la parole politique), chaque samedi de mobilisation montre un peu plus la dérive du mouvement pourtant si légitime des « Gilets Jaunes », même certains de ses soi-disants porte-paroles modérés qui trustent les plateaux télévisés, ont montré leur vrai visage lors de l’interpellation de Drouet. 

Il ne sont même plus conscients de la gravité de leurs actes et cautionnent de fait la violence, en rejetant la main tendue, par le président de la République, aux « Gilets Jaunes ». 

Moins la mobilisation est forte plus la nature des rassemblements est insurrectionnelle. 

Des faits inadmissibles en République et en démocratie, se déroulent en direct sur les écrans. Il ne faut pas se voiler la face et prétendre qu'il est légitime de faire ça, en prétextant une « violence d’Etat ».

Attaquer pour blesser ou tuer des motards de la police, agresser des compatriotes juifs, scénariser la décapitation du président élu avec du sang de bœuf, sont de multiples exemples d’une mécanique infernale, convergence entre le « brun » et le « rouge », camouflés en « jaune », et relayés par des pilleurs « Blacks Blancs Beurs » venus des ghettos de la région parisienne, où sévit le déterminisme social que nous sommes à dénoncer, ou encore par les casseurs internationaux des « Black blocs ». Il faut nommer les choses. 

J’invite aujourd’hui à traiter ces meneurs du désordre, comme les hooligans, interdits de stade, en les interdisants de manifestation. Ainsi les interpellations, garde à vues de ces « Hooligans Jaunes »  seront suivies de condamnations d’une sévérité accrue. Une loi en ce sens pourrait être votée aussi rapidement que l’ont été les mesures d’urgence du gouvernement, dispositions que j’ai soutenues.

Dans le même temps, les citoyens qui manifestent sur les rond-points, les organisateurs des marches et autres blocages pacifiques, doivent pouvoir se rendre au grand débat public organisé en ce début d’année. La parole doit leur être donnée. Ils doivent être entendus. Leur droit de manifester doit être scrupuleusement protégé comme leur soif d’être associés doit être transformé en actes concrets. 

Dans le même temps les parlementaires de la majorité pas plus que ceux de l’opposition ne doivent profiter de cette fin en eau de boudin, pour reprendre la main au plan politique, voire pour certain d’entre eux en combattant souterrainement les avancées décidées par Emmanuel Macron. Les partis ont été discrédités dans cette crise. Qu’ils soient humbles et à l’écoute.

Dans le même temps les médias doivent cesser au prétexte des chiffres de l’audience ou de la diffusion, de tendre le micro aux « Istes » de tous poils,  les racistes, les facistes et les complotistes, que l’on voit défiler sur les plateaux et dans les colonnes, de tous horizons médiatiques, sans la moindre réaction du CSA. 

Dans le même temps, la technostructure qui joue le pourrissement depuis le début, s’active aujourd’hui en coulisse pour « neutraliser » les mesures présidentielles, doit être combattue fermement dans ce dessein mortifère, sans quoi, les séditieux auront un boulevard en 2019 et un terrain de jeu idéal avec les élections européennes. 

La République Française est à un tournant. Soyons dignes de l’enjeu. 

Tous les républicains sincères doivent tourner le dos à la tentation de jouer avec le feu pour assouvir leur soif de vengeance démocratique sur le résultat des urnes. 

Un peu de dignité. 

Soyons patriotes et ne tombons pas dans le piège tendu par les nationalistes, qui, alors que nous aimons profondément nos compatriotes, préfèrent détester copieusement les autres.

Frédéric Lefebvre

 

 

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