La fable du confinement

Après le confinement : disparaître ou évoluer ?

La fable du confinement © Frédéric Vinel

En ce temps-là l'Occident ronronnait.

Nous étions tous d'heureux consommateurs,

endormis sur de pieuses valeurs

et une tranquillité de bien nés.

Nous jouissions d'une santé de nantis :

problèmes de gras, de cœur et de dépression,

mais rien qui ne pouvait être anéanti

par l'industrie et ses prescriptions.

Les financiers avaient raflé la mise,

imposant en ville et à l'hôpital

leur algorithme  néolibéral.

Aux soignants des queues de cerise,

temps limité en convalescence

et moins de lits aux urgences.

Du jour où frappa coronavirus

la dégradation des capacités d'accueil

expédia direct au cercueil

les hommes par milliers comme des puces.

Par cette vue basse nous fûmes contraints

de vivre guère mieux que des rats.

Chacun chez soi ! Que s'arrêtent vols et trains !

Désormais de ton voisin tu te méfieras…

Depuis, chers amis, nous confinons,

qui dans son jardin, qui dans sa cité,

certains paisibles, d'autres plus agités,

de toute façon, impossible de dire non.

Allons-nous pour autant nous remuer, 

contenir nos instincts prédateurs

et de la nature ne plus être destructeur ?

A nous de choisir : disparaître… ou évoluer.

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