Au Mexique, la tortilla de la colère

 En janvier 2007, des milliers de pauvres scandaient dans les rues de Mexico « sin maíz, no hay país » (sans maïs, pas de pays). Un cri du ventre pour protester contre la flambée du prix de la tortilla, la galette de maïs nationale.

 

En janvier 2007, des milliers de pauvres scandaient dans les rues de Mexico « sin maíz, no hay país » (sans maïs, pas de pays). Un cri du ventre pour protester contre la flambée du prix de la tortilla, la galette de maïs nationale. Depuis, le gouvernement a officiellement mis fin à la crise en stabilisant son tarif à 8,5 pesos le kilo alors qu’il atteignait près du double lors des émeutes. Les derniers chiffres de l’inflation pourraient bien remettre le feu aux poudres.

 

 

 

 

En quinze jours, le prix de la tortilla a décollé à Mexico de 22% ! Le bond est de 14% pour le riz, 9% pour le poulet, selon les estimations publiées hier par la Profeco (Procuraduria Federal del Consumidor). Du jamais vu depuis les années 1970 !

 

Dépassé par la situation, le gouverneur de la Banque du Mexique, Guillermo Ortiz a été contraint de reconnaître que « les aliments de base risquaient de continuer d’augmenter dans les prochaines semaines». En cause : La hausse des céréales et du pétrole, provoquée par la demande mondiale et amplifiée au Mexique par un secteur agricole sous-équipé, incapable de concurrencer les énormes fermes américaines.

 

Pour calmer les esprits, le gouvernement vient de proposer une aide financière d’urgence dédiée aux plus humbles. Sans en préciser toutefois le montant… En face, plus de cinq millions de Mexicains ont déjà faim.

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