FreeAhmedSamir : condamnation d'un étudiant égyptien, violation de liberté académique

Dans un contexte de répression implacable de toute forme de dissidence, le 22 juin 2021, Ahmed Samir Santawy, étudiant égyptien à Central European University (Vienne, Autriche) a été condamné à quatre ans de prison pour la « diffusion de fausses informations » contre le gouvernement égyptien. Une grave violation de la liberté académique, de la liberté d'expression et des droits humains.

Le 22 juin 2021, Ahmed Samir Santawy, étudiant égyptien en master de sociologie et anthropologie sociale à l'Université d'Europe Centrale (Central European University basée à Vienne en Autriche) a été condamné à 4 ans de prison pour avoir diffusé de "fausses informations" sur internet contre le gouvernement égyptien. Une grave violation de la liberté académique, de la liberté d'expression et des droits humains. Cette injustice doit cesser.

L’agence de sécurité nationale égyptienne avait arrêté arbitrairement Ahmed Samir Santawy dans la nuit du 1er février 2021 au domicile de ses parents en Égypte alors qu’il était rentré de Vienne (Autriche) pour quelques semaines de vacances. Ahmed a alors été soumis à une disparition forcée et à des tortures pendant au moins cinq jours, et demeure détenu dans des conditions inhumaines depuis ce jour.

Lors sa comparution devant le parquet suprême de la sûreté de l'État du 6 février 2021, il avait été interrogé sur des accusations liées au terrorisme, sur la base d'enquêtes secrètes des renseignements égyptiens que ni Ahmed Samir Santawy ni ses avocats n'ont été autorisés à examiner. Une nouvelle accusation a été formulée en mai 2021 à propos de publications sur les réseaux sociaux visant à porter atteinte à l'État, à ses intérêts nationaux et à l'ordre public, et à semer la panique parmi la population.

La récente condamnation d'Ahmed Samir Santawy intervient dans un contexte de répression implacable de toute forme de dissidence et de répression sévère des droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique en Égypte. Ahmed fait partie d'une liste bien longue d'étudiant∙es égyptien∙nes qui ont poursuivi leurs recherches en Europe et ont été arrêté∙es par les forces égyptiennes à leur retour en Égypte, tels que Patrick George Zaki, Walid al-Shobaky et Giulio Regeni (ce dernier ayant été retrouvé sans vie en 2016 dans les rues du Caire). L’arrestation, la détention et la condamnation d’Ahmed Samir constituent une grave atteinte à la liberté académique puisque les vraies motivations sont liées à son sujet de recherche, qui porte sur les droits des femmes en Égypte, et à son esprit critique envers la gouvernance égyptienne. 

Cette condamnation repose sur une déclaration de culpabilité erronée, fondée sur des motifs fallacieux, prononcée par un tribunal d'exception chargé de la sécurité de l'État dont les verdicts ne sont pas susceptibles d’appel. Sa condamnation est fondée sur des publications sur les réseaux sociaux critiquant les violations des droits humains dans les prisons égyptiennes et la mauvaise gestion de la pandémie par l'État, que l’étudiant nie avoir écrites. Comme le rappelle le directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord d'Amnesty International, Philip Luther « Qui que soit l'auteur des publications en question, criminaliser la diffusion d'informations sur la base de concepts vagues tels que les fausses informations est contraire au droit à la liberté d'expression garanti par la constitution égyptienne et le droit international des droits humains ».

Les camarades et ami∙es d’Ahmed Samir, étudiant∙es de Central European University, à l’origine d’un mouvement transnational pour sa libération #freeahmedsamir avec le soutien des enseignant∙es, chercheur∙euses et du recteur de l’université s’adressent désormais au président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi en lui demandant de ne pas ratifier cette la condamnation et d’accorder le pardon présidentiel à cet étudiant innocent.

Alors que les étudiant∙es de Central European Université recevaient leur diplôme il y a quelques semaines, la justice n'a pas été rendue à leur camarade. La campagne continue pour sa libération immédiate et sans condition!

 

 

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