Métro ABBESSES ou "le cas raté RATP" (victoire par asphyxie de l'usager)

Métro ABBESSES ou "le cas raté RATP" (victoire par asphyxie de l'usager)

À la station ABBESSES, la ligne 12 passe à plus de 30m de profondeur (l'équivalent de 8 étages) sous la butte Montmartre.

Jusqu'en mars 2017, deux ascenseurs de grande contenance (une cinquantaine de personnes chacun) assuraient -tant bien que mal, entre moult pannes et  maintenances diverses- le transport vertical des passagers entre salle des billets et quais.

 Deux à trois minutes maximum d'attente étaient le lot quotidien si les deux machines étaient en état de marche, le double pour une seule en activité, et … 176 marches pour une petite dizaine de jours d'indisponibilité totale dans l'année.

 La fréquence des indisponibilités, la vétusté des appareils, leur gourmandise énergétique, … : La RATP pointait tous ces défauts et avait, en tout cas, décidé de renouveler tout l'appareillage pour je cite "un matériel plus moderne et moins consommateur en énergie (qui) offrira à l’avenir une disponibilité plus importante et un confort accru aux utilisateurs" (https://www.ratp.fr/decouvrir/coulisses/modernisation-du-reseau/les-ascenseurs-de-la-station-abbesses-sont-de-retour)

 Cela partait d'un bon sentiment, et l'arrêt du service pour trois mois de travaux devenait un mal nécessaire que devraient supporter les centaines d'usagers du voisinage comme les hordes de touristes venus voir le Sacré-Cœur.

 Mal a pris à la régie de confier le projet à un clampin qui ne prend certainement pas les transports en commun, et n'a, bien sûr, jamais pratiqué la station ABBESSES.

Cet énarque (ou approchant, car faut être taré pour avoir pondu un tel résultat) nous a concocté quatre mini-ascenseurs (où il faut un chausse-pied pour entrer vingt personnes) répartis -le fin du fin- en deux pour monter et deux pour descendre, …  les deux pour descendre semblant dédiés chacun à son bout de ligne 12 !

 Conclusion : vous attendez régulièrement des 5 minutes et plus, vous vous retrouvez, lors d'affluence, comprimé(e) pour remonter à l'air libre, et  vous vous cognez deux volées de marche (1 montée + 1 descente sur votre quai) si vous avez pris le mauvais descendant.

 Ah, j'oubliais ! Après un petit retard à la mise en place de ce "magnifique ouvrage", les pannes restent toujours aussi (ou plus ?) nombreuses qu'avant !

 Pour reprendre l'argumentaire RATP :

- disponibilité plus importante ; faudra expliquer ça à tous les usagers essoufflés sortant de la station

- confort accru aux utilisateurs ; ah bon !

- consommation moindre en énergie ; l'ancien système transportait dans les deux sens, le nouveau marche à vide un voyage sur deux, et ces voyages sont deux fois plus nombreux : montrez-nous l'économie !!

Bravo la régie, et félicitations à votre maitre d'œuvre !

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