Comment peut-on "gagner" le SMIC et voter (quand même) à droite (1) ? ou pire (2) ?

Réflexions à propos d'élections passées … et à venir !

Gagner le SMIC (ou quelques miettes au-dessus) est plutôt facile, tellement nombreux sont les rapaces -Patrons du CAC40, multinationales, fonds de pension, etc. - prêts à se gaver sur notre dos, et enrichir des actionnaires qui n'ont rien à faire de nos conditions d'existence !

  • Mais voter (quand même) à droite ?

J'ai du mal à comprendre, moi qui, aujourd'hui, me retrouve dans la catégorie "français aisés", mais garde la conviction qu'un pays vraiment digne doit aider ceux de ses citoyens qui survivent plus qu'ils ne vivent, et se démènent pour boucler difficilement chaque fin de mois : une aide que par définition une politique de droite, foncièrement et génétiquement libérale, n'accorde (et parcimonieusement encore !) que comme "dégât collatéral" à l'enrichissement des nantis, qui eux sont "sans frontières" et sans scrupules.

 Ou plutôt, je crois comprendre ! Quand je vois, autour de moi, des personnes gravitant autour du smic et accordant leur vote à des partis résolument libéraux, je me dis que la majorité des  media a bien fait le job, en instillant, tout au long de leurs journaux, la peur des "rouges" (En filigrane de leur discours :"Attention, ils vont tout vous prendre !" : et ça fonctionne ainsi depuis un demi-siècle au moins, même si aujourd'hui, rouge se dit Hamon ou Mélenchon !).

Travail de manipulation aisé, dans des têtes peu enclines à approfondir les programmes politiques, dans des cerveaux fatigués par les efforts pour s'en sortir au quotidien et "céphalo-lessivés" par les analyses (??) de journalistes dont l'objectivité est très discutable (est-ce le bon mot, d'ailleurs ?).

 Les politiciens de la droite ordinaire ou de la nouvelle "Macronie" (c'est pareil !), sont certes intelligents et très rusés, et le lobbying, qui les supporte et les nourrit, est dans son droit le plus absolu : on peut admettre qu'il est de bonne guerre, bien que dénotant un manque total d'empathie, de vouloir gonfler et gonfler encore son compte en banque : c'est abject, en terme de moralité quand ça favorise la misère des peuples, mais s'en soucient-ils ?

Par contre, il faudrait que ceux du bas de l'échelle prennent conscience que leur faire miroiter qu'ils pourraient accéder à ces sommets est un miroir aux alouettes, bien qu'un "pouième" puisse, exceptionnellement, avoir la chance -aidée de leur talent- d'y parvenir.

Une vraie politique sociale est le seul moyen de construire un pays où des gens ne dorment plus dans la rue ou dans leur voiture, mangent à leur faim et sainement, où chacun a un emploi lui assurant un niveau de vie correct  et une existence agréable, où un "riche" ne l'est pas outrageusement et au détriment des autres.

 

  • Ou voter pire !

Nous, qui sommes un peuple construit par des migrations incessantes et quasi-ancestrales et où " français de souche" ne correspond à aucune réalité, on nous fait croire que celui qui vient, "l'AUTRE", est l'ennemi et qu'il faut en avoir peur (bouc émissaire plus facile à vilipender que les vrais responsables du malaise ambiant), alors que l'autre en question ne tend que vers un objectif -le même que le nôtre- ; vivre en paix, correctement et sans craindre le lendemain … ni son voisin quel qu'il soit !

N'en déplaise à ceux qui veulent nous faire oublier que nos seuls véritables ennemis sont !es requins de la haute finance, spécialistes en siphonage de richesses à leur unique profit !

Qui plus est, sans la moindre préoccupation de santé publique lorsqu'il s'agit d'industries chimiques, agroalimentaires, pharmaceutiques, d'ARMEMENT… : provoquant, par ricochet, les possibles exodes de ces AUTRES que l'on devrait haïr et refouler !

 "Étonnant, non ?" dirait Desproges. Révoltant, en fait, et désespérant, surtout !

Désespérant, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, les européennes de mai prochain aboutiront au même nauséeux tandem de tête, encouragé, hélas, par l'éclatement imbécile de la gauche en diverses listes, dont aucune ne tirera la force d'influer sur la politique européenne, aujourd'hui sous la coupe des technocrates et des marchands !

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