Macron : La Thatcher française !

Une main de fer dans un gant de dédain ...

... mais un talent exceptionnel à surjouer l'empathie du type qui s'est [tout récemment] imprégné de la détresse des français mécontents !

 Comme pour son modèle britannique, son ultralibéralisme le pousse à poursuivre, coûte que coûte pour les citoyens modestes, son programme pour les riches, en cachant son autorité exacerbée derrière une communication d'apparente modernité : "Est-ce qu'on a fait fausse route ? Je crois tout le contraire !".

Ainsi de sa conférence sur le grand débat de jeudi  dernier, au cours de laquelle il nous présente un mea culpa bien sournois : en gros, sur les réformes, que réclament, soit disant, les citoyens !!! : "Je ne vais pas assez vite et  je ne m'explique pas assez" et un "Nous devons placer l'homme au cœur de notre projet" vraiment perfide quand on sait le peu de cas qu'il fait de nous.

Pour preuve : "On a découvert, il faut bien le dire … les pauvres femmes élevant seules leurs enfants ! …Ceux habitant loin de leur travail ! …Les retraités modestes ! Les handicapés ! … " ! Mais il vivait où, avant ses grand-messes provinciales ?

Une heure de blablatage présidentiel pour expliquer -aux crétins que nous sommes- qu'il possède la science exacte pour que notre pays marche à SA perfection, et, en filigrane, nous faire admettre qu'il n'a aucune intention de répondre aux aspirations légitimes de justice sociale et fiscale !

"Je ne retiendrais pas le vote blanc, le vote obligatoire, le RIC"

"Et je vais faire ci, et je veux ça, et faut qu'on", … en refilant la patate chaude et nébuleuse à son premier ministre qui va devoir plancher, jours et nuits, sur des usines à gaz -qu'il aurait détectées dans les doléances- dont une grande partie ne verra sans doute jamais le jour.

"Évasion fiscale et optimisation ? La cour des comptes est missionnée pour l'estimation du manque à gagner et de mesures à proposer, et "si nous pouvons aller plus loin, nous le ferons" : Il a juste oublié que les fautifs font partie, en majorité, de son cercle de copains-coquins, et qu'il ne voudra pas leur faire de peine.

"Le retour de l'ISF ? Ah bah non ! Les industriels (Seule catégorie en laquelle il a une confiance aveugle) investissent à tout va ! … et sinon le pays serait vendu aux étrangers !

Là, il ne manque pas de toupet, le soldeur de TOULOUSE-BLAGNAC aux chinois ! demain vendeur d'ADP aux américains ou aux australiens ! De FDJ à d'autres encore, en ruinant le pays au seul bénéfice de la finance locale ou internationale.

"La meilleure orientation, c'est de baisser les impôts … des classes moyennes". Mais dans 2 à 3 ans à ce régime maigre, quels services publics aurons-nous ? Des hôpitaux sans moyens ni personnel ? Des transports inexistants ou d'un autre âge ? Des écoles délabrées et des profs désemparés ? Des routes sans plus une trace d'asphalte ? Des policiers et des militaires (eh oui, même eux sont utiles !) équipés de lance-pierres et montés sur des trottinettes ?

Si nous ne voulons pas revenir à la situation affligeante que connaissent nombre de pays défavorisés, les impôts sont d'une nécessité vitale pour l'entretien de ces services essentiels, encore faut-il que chacun paie à la hauteur de ses moyens, et, particulièrement, que les "initiés aux acrobaties comptables et aux niches en tout genre" ne fuient pas éhontément leur devoir fiscal !

"Aucune fermeture d'écoles, ni de classes, ni d'hôpitaux ()  sans l'accord du maire", "réforme ambitieuse de l'assurance-chômage", "solutions concrètes d'ici septembre aux problèmes d'emploi, de transport, de garderie, …", "le travail doit payer", et j'en passe.

 Au final, c'est l'eldorado à tous les étages, mais sans recettes fiscales, ça va être coton à appliquer !!

Un peu d'écologie, un soupçon d'Europe, un agenda de transitions 2025 "ambitieux ", une refondation (?)  sur l'immigration.

On pourrait presque être convaincu par cette description, quasi-idyllique, du futur proche qu'il nous mitonne, tellement l'acteur est parfait,  même s'il semble parfois s'enivrer à sa propre écoute.

Bien sûr, il oublie de parler des entreprises publiques qu'il livre aux requins de la finance (pardon ! à ses "premiers de cordée"), des paradis fiscaux qu'il combat mollement, des généreux cadeaux  à ses fans de la première heure (nominations, postes diplomatiques … en remerciement ?), des milliards accordés aux grands patrons, milliards qui, de fait, nous sont volés et grèvent les finances publiques, de la casse industrielle entamée dès 2014 depuis Bercy !

Ben oui, mais on ne peut pas tout dire en 1 heure, hein ? bien obligé de choisir ses sujets !

Au fait, veuillez excuser les quelques (presque) larmes tombées sur ce papier : Oui, au sujet de l'affaire Benalla, la peine de Môssieu -qui a su rester malgré tout d'une dignité émouvante- m'a quasiment fait craquer.

Les mots, le ton, les silences, la solennité de l'instant : c'était du grand art (Oups, j'allais écrire Guignol !). "Juré : je l'ai pas protégé !"

Mais un propos est à retenir absolument, et à méditer par les indécrottables adeptes du Macronisme :"Quand vous décidez d'employer quelqu'un, il y a une part de risque ! La responsabilité qui va avec !"

Après réflexion éclairée, peut-être que, parmi eux, certains finiront enfin par regretter leur choix de 2017 !

Pour ma part, je souhaite bon courage aux gilets jaunes, car je serais étonné que cette conférence "majestueuse" leur ait fait grand effet, et qu'ils décident d'arrêter leur action : ils ont tout mon respect et mon soutien !

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