Humain Un

S’extraire du monde rentrer en soi, se transformer en brouteur passif, au travers du jeu vidéo, de l’image en mouvement ; l’image d’un animal marin qui, enfouis dans le sable sort discrètement un œil au bout d’un pédoncule, genre crabe mais les pinces sont de trop, la carapace omniprésente. Foin de l’image maritime, un œil au bout d’un pédoncule, on l’imagine craintif (pas dans son regard évidemment) dans ses mouvements lents suivis de rétractions vives, on voit l’image. Ce retour sur soi, se minimiser au maximum, limiter son empreinte le plus possible, se contenter de ce que l’on a, de ces miettes et en faire un festin dans la mesure où pour avoir plus (suffisamment ?) il faudrait sortir de son trou. Ce trou sombre que l’on connait bien, auquel on est habitué, ce n’est pas le paradis, loin de là mais au moins c’est connu, au moins on est à l’abri. Abri du monde. Retraite érémitique ? si seulement.
C’est une inertie qui se propage, d’abord dans les muscles, la fatigue, luter pour mouvoir ses mains sur le clavier, pour se tenir droit sans support pour conserver une « stature » à défaut d’acquérir un statut. Lorsqu’on pose le clavier, épuisé, comme on a à peine commencé la journée et qu’il faudra bien arriver au soir on cherche un moyen d’occuper ce cerveau qui n’arrête pas qui revient toujours comme un taon bourdonner autour d’une zone qu’on voudrait éviter, une noirceur dont on a du mal à se défaire, qui entache toutes nos pensées même les plus « pures » (si cette notion a un sens). On peut en venir (éventuellement) à se dire (ça m’est arrivé il n’y a pas si longtemps) que telle je ne sais plus quelle galaxie, cette noirceur ce trou noir qui absorbe tout même la lumière tellement vorace qu’en son sein le plus profond les lois de la physique telles que nous les connaissons n’ont plus cours, plus de sens. S’imaginer comme une galaxie, y’a pas de limite à l’égo…

Passons, se dire que l’on s’articule autour de cette noirceur qu’on n’arrive pas (que je n’arrive pas) à réprimer, à éclairé est certainement se départir de notre (ma) pensée, de notre libre arbitre, c’est se laisser guider par le courant, trop concentré sur le fait de ne pas couler pour avoir la curiosité de savoir où le flot nous guide.

J'ai souvent entendu cette phrase, "oh, quel courage" comme tous, toutes les personnes mais de courage, il n'y en a pas, le courage est une qualité donnée de l'extérieur, ce n'est pas (pour moi en tous cas) un attribut interne, de l'intérieur ce n'est qu'une affaire de survie (pour moi en tous cas) il n'y a pas de notion même de courage, on ne se dit pas "je suis courageu(x)se" lorsqu’on évite un accident (à soi ou à autrui), on le fait point. De là découle une facette de la force, elle ne peut exister qu'en concurrence à l'autre, on peut se dire "je suis fort(e)" à raison, mais c'est alors par rapport à une image interne et on invoque la perception que l'on a de soi. Evidemment. On arrive au point aigu, épineux, le regard de l'autre, sa perception, comment expliquer ce que l'on ne comprend pas vraiment ? Comment traduire en mots un univers de sensations, de perceptions mêlées de sentiments ? Comment rendre visible l’invisible ? Comment se retourner comme un doigt de gant, comment exposer le caché, l’intime ? C'est cet effort qu'il faut faire pour se rapprocher de la compréhension mutuelle et même dans ce cas, on ne peut être sûr(e) que cette compréhension est réelle, il faudrait que l'autre fasse le même travail, fasse ce même effort, et il est douloureux, déchirant. Ce n'est pas un chemin viable, c'est demander à autrui de souffrir autant que soi et pour quelle raison ? Quel soulagement trouverais-je ?

 

Il faut d’une manière ou d’une autre que j’exprime ce que je vois, ce que je sens, d’une manière ou d’une autre.

L’image simplificatrice mais au combien étouffante et, pour moi, pertinente d’une noblesse qui s’est lentement installée, d’une partie de la population qui agit en éleveur bétaillère vis-à-vis du reste de celle-ci, la vision des grands industriels qui agissent en fermier, s’immisçant même dans le politique pour avoir les moyens d’influer sur la qualité du cheptel (c’en est le principal moyen, on appelait ça « la droite »).


De l’influence d’Excell sur nos vies.

Le nombre de personnes constituant « nos concitoyens » ou « notre personnel » grandissant dans un monde en expansion, il a fallut simplifier, mettre dans des classifications, pour en arriver à un chiffre, des chiffres dans différentes cases, c’est le seul moyen pour traiter de grandes quantités, les virtualiser, un éleveur va avoir tendance à penser en nombre de têtes, se concentrant sur l’exceptionnel, le hors-norme (s’il le fait) laissant le reste des laitières ou « à viande » occuper une case dans un tableau avec de jolis diagrammes montrant que telle race avec tel investissement produit tant richesse, ce qui permet éventuellement de changer de race pour maximiser le rendement, l’enrichissement. Je ne met pas de côté l’angoisse des agriculteur que ce mode de pensée détruit au profit du profit (justement).

 

Je perds la notion de réel, ma perception est altérée par les images qui m’assaillent, une version stylisée, simplifiée pas certains cotés (ceux qui me sont inconnus) mais, pour moi, pertinente, je ne peux m’empêcher d’affubler tous les visages que je vois sur les écrans de perruques poudrées, genre XVIIème imaginaire et idéalisé ( au moins rêvé (y’a pas trop d’idéal dans ce siècle aux poils longs)).

 

 

 

On tous des croyances, nous sommes humains, nous croyons et cette croyance nous motive.
Les religions ne sont que des moyens d’utiliser cette motivation, cette croyance.

Je suis moniste, je crois que toutes et tous sommes reliés à tous, toutes et le reste de notre monde (au sens très large), tout.
Je crois que depuis le big bang (j’y crois aussi) depuis ce point duquel s’est créé graduellement les planètes (je fais court) puis les plantes puis les animaux (je fais court) puis nous, je crois que nous sommes constitués de la même “matière”, c’est évident mais surtout je crois que ce lien ne s’est jamais rompu.

Et bien lis donc, ami(e)
mais souviens toi toujours
que tous ce qui nous lie
est un acte d’amour.

 

 

 

Je sais la gelure, la glaciation,

Je sais la sècheresse et l’érosion

Je suis la tempête et la douce brise

Le souffle divin et aussi l’unisson

Vital et étouffant

Aigüe ou assommant

Qui découpe en scalpel

Ou assomme en massue

Je suis zéphyr et tramontane

Je suis l’alpha et l’oméga

Le début et la fin

Les opposés qui se mélangent

Je suis toutes et tous

L’humain transfiguré

Dans ce qu’il a de plus beau

L’humain que nous créons

Quand nos « nous »

Se mélangent

 

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