Réponse à Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos du Point.

En réponse à la nostalgie nauséeuse exprimée par Fréderic Léwino et Gwendoline Dos Santos du Point concernant des violences faites aux femmes et aux enfants , nous disons que cet article est indigne , et qu'à l'heure où le parlement tente de protéger les enfants des prédateurs sexuels, ces deux journalistes là, les encouragent et les défendent.Leurs arguments sont plus que navrants.

Droit de Réponse à l’article paru dans le journal Le Point, le 13/04/2021 écrit par Fréderic Lewino et Gwendoline Dos Santos :
ANNIVERSAIRE / 13 avril 1946. Le jour où le Parlement vote la fermeture des bordels Publié le 13/04/2012 à 00h00 - Modifié le 13/04/2021 à 01h05.


Il y a des propos qui ne peuvent plus passer, n’en déplaise aux « braguettes (encore et toujours) en deuil ».


Comment peut-on réitérer, puisque déjà argumenté semble-t-il en 2012, ce genre de propos nostalgiques d’une certaine époque d’une permissivité répugnante ? Ils nous resservent cette histoire depuis des décennies ... en nostalgie d'une époque post guerre 39-45 où les hommes survivants de la guerre allaient se "réparer" dans les bordels florissants. Les prostituées étaient "considérées" alors dans une fonction d'effort de guerre, thérapeutique ...en quelque sorte. Déjà du « care » ? « Le repos du guerrier » comme l'écrit Christiane Rochefort, avec une ironie acerbe.


Mais de quoi parle exactement ce monsieur, relayé par Le Point ? Que défend-il ?


Le droit d‘utiliser les corps des femmes comme il le veut y compris dans des pratiques (les siennes ?) conçues pour « les sadiques qui trouvent dans les maisons d'illusion les sensations recherchées. »
C’est incroyable d’ailleurs le descriptif des besoins masculins qu’il rappelle : pas moins de 6 catégories, allant du « polygame » essentialiste au « sadique » patenté en passant par les
« déshérités » malheureux et les «adolescents» au pénis bourgeonnant. Classification encore valide ? Où se reconnaît-il ce Frédéric-là ?
C’est ça les hommes ?
Certains, et on l’espère pas tous, ne lâcheront jamais sur la question d'une "sexualité d'urgence" naturellement nécessaire aux hommes : essentialisme de la domination patriarcale avec le mépris qui va avec.


Mais ce qui est à vomir dans les propos de ce monsieur Frédéric, soutenus d’ailleurs par une madame Gwendoline-femme-alibi, c’est quand il se lâche vraiment : « Marthe Richard est une affabulatrice qui a commencé dans la vie active comme « viande à soldats ». Elle tapine à proximité de la caserne de Nancy à un âge où les petites filles jouent encore à la poupée. En 1905, alors qu'elle n'affiche que 16 ans, elle est déjà fichée par la préfecture comme étant une prostituée. »
A -t-il réalisé qu’il parle là d’une enfant ? D’une mineure ? De contrainte ?
Du coup, est-il en train de remettre en cause la loi actuelle sur le Consentement et la Protection de l’Enfance ?
Peut-être qu’il regrette de devoir faire un « deuil de braguette » lui aussi de cette possibilité désormais interdite…


En réalité, Marthe Richard est une SURVIVANTE de la PROSTITUTION.


Et nous savons par l’expérience du terrain que ce n'est qu'une fois qu'on est sorti de cette violence, qu'on peut témoigner et se reconstruire, ouvrir les yeux aux autres. C'est une gloire, un grand courage après avoir été violentée, marchandisée, d'en être sortie ! Démarche
politiquement subversive et courageuse d'une survivante de la prostitution qui savait de quoi elle parlait et qui a tenté quelque chose pour notre émancipation.
C'est la seule parole possible, le seul discours vrai libéré de la peur et des manipulations des réseaux mafieux de prostiTUEURS, proxénètes, dont les médias (Le Point, semble-t-il) , et les intérêts financiers qui les promeuvent, hier comme aujourd'hui, se font l'écho et les complices, complices d'un système d'asservissement des femmes, de marchandisation et de mise à disposition de leurs corps au seul profit d’hommes-clients répugnants qui ne veulent pas renoncer à ce qu’ils considèrent être leurs propriétés, c’est-à-dire les femmes, toutes les femmes, de tous les âges, de leur naissance à leur mort.
Preuve de leur misogynie flagrante, cela les dispense de s'interroger sur ce que des hommes, contre de l'argent, se permettent vis-à-vis des femmes.
Le fait que Marthe Richard élue, ait pu avoir par son mariage la nationalité britannique, ne montre que l'ouverture d'esprit de la démocratie à cette époque et nous rappelle qu'au moment de la Révolution Française, les étrangers partisans des idées de Lumière, pouvaient accéder de droit à la nationalité française. Ce Frédéric, remettrait-il en cause cette preuve d’ouverture humaniste et humanisante ?


Nous avons dans cet article une preuve de plus que " la crise de la masculinité, autopsie d'un mythe tenace", comme l'a parfaitement démontré Francis Dupuis-Déri, est une pure stratégie masculiniste de résistance en faveur du patriarcat, hostile à toute tentative d'émancipation des femmes.


Et enfin, Le Point… Le Point, que lui prend-il de cautionner des écrits pareils, quasiment d’appels aux viols tarifés qu’est la prostitution, y compris sur des mineures ? Est-il en panne d’articles ? de sujet ? Surfe-t-il cyniquement sur la vague des scandales du moment, pour la rendre inépuisable et rentable médiatiquement ?


« Non, la guerre entre les sexes n’est pas née du féminisme ; mais au contraire elle doit finir par lui ! Donc, Messieurs, tranquillisez-vous, nous ne rêvons pas de vengeance, et nous ne vous rendrons pas le mal qu’inconsciemment, peut-être, vous nous avez fait ; nous ne rêvons pas de substituer notre tyrannie à la vôtre, nous voulons la suppression de toutes les tyrannies. »


Nelly Roussel, L’Éternelle Sacrifiée, conférence, 1906, présentée par Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Syros, 1979, p. 40


Toulouse le 17 avril 2021


Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des Femmes (CMPDF)
Front Féministe pour l’Abolition de la Marchandisation des Corps (FFAMC) Bagdam Espace Lesbien
La Marche Mondiale des Femmes Occitanie. (MMF31).

 

 

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