Une souris au ministère

Ca fait bizarre d’être là, avec plein d’autres, avec les copines et les copains du conseil régional, avec les militantes et les militants de la circonscription, avec les proches, les ami-es, la famille.Je suis debout sur une chaise, au niveau des journalistes qui filment et photographient. Je me sens un peu ridicule, un peu « pas à ma place ».

Ca fait bizarre d’être là, avec plein d’autres, avec les copines et les copains du conseil régional, avec les militantes et les militants de la circonscription, avec les proches, les ami-es, la famille.

Je suis debout sur une chaise, au niveau des journalistes qui filment et photographient. Je me sens un peu ridicule, un peu « pas à ma place ». Je suis en baskets et en jean, j’ai eu le temps de m’acheter une veste avant de venir, je n’avais pas le temps de repasser en prendre une chez moi. Bref, je n’ai pas vraiment la tenue qu’il faudrait pour la circonstance, mais elle, elle est en jean, donc je ne m’en préoccupe pas vraiment.

Je vois que Dominique est là aussi et ça me fait vraiment plaisir. La passation de pouvoir c’est aussi un peu celle-là.

Je me marre intérieurement de mon sentiment d’usurpation.  J’assiste à une scène – pour moi – historique. De là d’où je viens, vivre un tel moment était purement improbable.

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Cécile prononce son discours, des mots importants, ils indiquent clairement l’orientation de ce qu’elle compte faire. « Il n’y a qu’une seule France » dit-elle. Et je n’entends soudainement plus le mot France comme je l’ai toujours entendu. Ce n’est plus un drapeau, un hymne et toute la quincaillerie nationaliste des années passées. C’est un mot qui signifie égalité, accueil, chaleur humaine. Je ne suis toujours pas « fier d’être français », comment peut-on être fier d’être né quelque part ? Mais je deviens fier d’être une part de ce pays qui redevient la terre des droits de l’humain, qui ouvre à nouveau les bras aux miséreux-euses, aux déclassé-es, aux victimes, aux isolé-es.

Et comme un soir de juin 2011, j’ai la larme à l’œil.

J’écrivais un jour : « Je veux que ce parti m’emmène quelque part ». Et cette semaine, ce parti a encore fait un pas, et je suis dans son sillage, et je le suis de près. Je suis la petite souris qui voit sa copine en jean devenir ministre.

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