La désobeissance civile, façon Jean-François Copé

La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent. Le terme fut créé par l'américain Henry David Thoreau dans son essai Résistance au gouvernement civil, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique.

Chez les écologistes, nous savons bien ce qu’est la désobéissance civile. Nombre d’entre nous ont déjà arraché du maïs OGM avec José Bové ou ont été activistes et militants chez Greenpeace, Jeudi Noir, RESF, Act-up…

La désobéissance civile s’impose quand une loi est injuste ou qu’elle contribue à nuire à tout ou partie de la population.

La désobéissance civile, c’est le combat des justes. De ceux qui cachèrent des juifs chez eux pendant les heures sombres, de ceux qui refusent de se soumettre au fatalisme, à l’adversité.

La désobéissance civile, nous n’en sommes pas tous capables. Elle demande de prendre des risques, si ce n’est pour sa vie, du moins pour sa liberté.

La désobéissance civile, quand elle atteint son objectif, fait recouvrir la liberté aux citoyens, rend leur dignité aux bannis, permet aux plus démunis de se loger, nous aide à préserver notre environnement et notre santé.

Alors Monsieur Jean-François Copé, vous ne vous en réclamez pas, mais je vous félicite. En luttant à votre manière contre cette loi inique qui exige que la moitié de nos candidats soient des femmes et qui met à l’amende ceux qui offrent leur personnes pour servir l’État et la Nation, vous êtes devenu le chantre de la libération de l’homme, le Che Guevara de la lutte contre l’oppresseuse féministe, le joueur de flûte que nous suivrons dans les rues de Hamelin.

Une petite remarque tout de même. Je comprends vos craintes, ces hystériques sont si puissantes, mais vous n’auriez pas du ajouter « Ce n'est pas de gaîté de coeur. Je pense que cette loi est bonne ». Je sais que vous ne manquez pas de courage et de force, alors pourquoi cette petite compromission avec l’ennemie au moment de votre annonce ? Nous sommes avec vous, nous vous soutiendrons et ensemble nous vaincrons. Mais comment expliquer à nos fils qu’il faut désobéir à une « bonne loi » ?

Post scriptum : Bien évidemment ce texte est une parodie d’apologie. Encore une fois, par la voix de Jean-François Copé, un homme nous a servi les poncifs les plus éculés pour justifier que d’autres conservent privilèges et maroquins.

Jean-François Copé a déclaré lundi que l'UMP avait besoin d'un maximum de députés élus les 10 et 17 juin, ce qui la conduira à ne pas respecter la loi sur la parité hommes-femmes lors de ces législatives. "Je plaide coupable avec regret, c'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile", a dit le secrétaire général de l'UMP sur BFMTV et RMC.

Citant l'ancrage local des candidats sortants, il a ajouté qu'il était "extrêmement difficile de les sacrifier". "Voilà pourquoi j'ai pris, avec mes amis de l'UMP, cette décision qui nous coûtera en termes d'amendes. Chacun doit comprendre que, dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas de gaîté de coeur. Je pense que cette loi est bonne", a-t-il poursuivi.

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