Vendredi 9 juillet, la directrice du service des sports annonce la couleur. Les jeux olympiques d’hiver 2026, en Italie "C’est la cata", un froid polaire, -20•C la nuit", un enneigement trop faible qui condamne depuis des années 90% des stations transalpines à recourir à la nigaud-culture (en France, c'est 39%). Reste l’espoir de chutes de neige plus abondantes, comme cela peut arriver dans cette période de l’année. Néanmoins "cave indegentiam nivis" (2) les canons "tournent à plein tube" pour livrer à l’environnement naturel une guerre imbécile dans laquelle les reserves d'eau et les ressources en énergie sont battues d'avance, K.O. dans notre XXIeme round avec abandon du climat. Circonstance aggravante, les épreuves de "free-style" et de "snow" (3) qui sont "très gourmandes en neige compacte", sans compter qu'un problème technique a obligé à édifier une "retenue collinaire ... pour offrir les deux cent trois mille m3 ( 203 000 ) nécessaires". Une piste pour la reconversion de nos Sainte Soline agricoles ? Un peu plus à l’est, "il a fallu abattre 2ha pour faire place aux réservoirs d'eau ", "condition indispensable" pour retrouver ce que Ianetta qualifie d’"un peu d'authenticité (pour redorer) l’image des jeux après trois désastres depuis 2014". Symbole de ce qu'elle qualifie de "dérapage", la piste de bobsleigh. Tracée en 1956, elle aurait dû être rénovée n’eussent été les oukases drastiques du CIO et l’usure des installations à cause de quoi "le chantier s’est révélé impossible". L'épreuve "aurait pu se dérouler ailleurs, à Innsbruck par exemple", une solution refusée pour cause de prurit nationaliste par Meloni et Salvini. les deux copains de Trump et sectataires de Mussolini. Une confirmation, s'il en fallait une que, comme l’affirme notre sous-doué de l'Elysée, le sport ce n'est pas de la politique. La "station mythique" de Cortina sera "éventrée pour passer les tubes glacés (avec) 305 jours de travaux qui font d’elle la piste miracle", tant pis pour les dégâts environnementaux irréversibles et les 120 millions d’euros dépensés. L’honneur de Meloni et le plaisir de quelques bi-athletes qui dévaleront le kilomètre et demi de piste en moins de 2mn35, valeur référence du plaisir selon le chanteur Carlos, prime sur tout le reste. Bien que ce ne soit ni le seul ni le premier élément à prendre en compte, on peut cependant signaler que la montagne de fric gaspillée pour des jeux annoncés comme "durables" (une obligation), passe de 3 à 5 milliards d’euros. En se contentant de dénoncer quelques aberrations parmi les plus criantes, sans demander l’annulation ou au moins le boycott des jeux olympiques italiens de 2026 et des jeux de 2030 prévus en France, N. Ianetta se rend complice d’un crime contre l’environnement et in fine d’un crime contre l’humanité.
L.a lutte des clubs remplace la lutte des classes. La compétition sportive et ces "communions " de masse artificielles et très limitées favorisent et renforcent l'isolement, la solitude et la fragmentation des sociétés au profit d’un individualisme forcené qui profite toujours aux oligarchie. L’acceptation, la soumission à l’ideologie de la compétition, ici sportive est également et peut-être surtout, une ode à l’acceptation volontaire des fourches caudines du capitalisme, à l’acceptation d’un T.I.N.A. (There Is No Alternative ) imposé par la Fifa, le CIO, la constitution de la 5eme république et l’OMC. Combien d’esprits révolutionnaires, voire seulement insoumis ou de gauche refuseraient ce genre de carcan imposé s’il était signé Wall Street ou Medef plutôt que "sport" (4) ?
La compétition sportive, opium du peuple au service de "la république des salauds". Comme ses confrères, la journaliste justifie les exactions de tous les Trump et Arnault de la planète, en rabâchant que seule la victoire est belle. Qu’il s’agisse de compétitions sportives, commerciales ou guerrières (5) ne change rien. Sur le stade comme dans l'industrie, à Foxnews comme dans les urnes, il faudrait marcher sur la tête de ses contemporains pour ne pas subir la défaite ou leur domination. Quelle faillite de l’éducation ! Madame Ianetta imaginons qu’en 2030, l’extrême droite prenne le pouvoir mais que vous sauviez votre place... Vous livreriez-vous à la même propagande au service des des jeux olympiques d'hiver des Bardella-Zemmour ? Ou encore, participerez-vous à la fantastique opération de propagande que le mondial de football offre à Donald - Folamour - Trump, malgré les crimes qu'il ne cesse de commettre et de promettre ? Ou bien, hypocrite assumée, prétendriez-vous que ce sera l’occasion de porter ces sujets à la réflexion des citoyens, comme les responsables de la Fifa et leurs complices osèrent l’avancer en 1978, pendant la dictature argentine et la chinoise des jeux de Pékin, ajoutant qu'il serait injuste de priver les spectateur du plaisir et de la joie innocente qui leur reste dans un monde sans pitié ? Ou encore de resortir l’argument éculé d’une occasion inespérée de retrouver (un semblant) de communion nationale, la population toute entière unie vers le même objectif ? Fin d’une chronique dont le plus étonnant reste que la violence de son réquisitoire à charge ne débouche pas sur l'appel à l’annulation et au boycott des jeux italiens. On jugera évidement qu’il serait profondément stupide de scier la branche professionnelle et idéologique sur laquelle les médias sont assis depuis toujours. Deux jours plus tard, toujours au menu de la rubrique "sport" de la Grrrrande matinale de France Inter, la probabilité qu’un énième record de tour du monde à la voile soit battu. Comment ne pas penser à Bernard Moitessier (6) qui s’est enfui depuis longtemps.
1) une ancienne du service des sports de Canal+ devenue conseillère dans le cabinet Hollande avant de se recycler en "idiote utile" de la radio d’état au service de l’aggravation des carastrophes climatiques que les compétitions sportives internationales contribuent à causer.
(2) en hommage pervers à un ancien professeur de latin.
3) "snow" ... Mme Ianetta est une personne branchée qui manie l’apocope avec maîtrise comme d’autres s’y livrent, toujours sur France inter avec les "applis"
(4) ceux qui sortent à chaque fois des excuses vaseuse, comme celle du sport qui transcenderait les rapports de classe.
(5) la compétition sportive c'est 'la guerre de ous contre chacun, ce qui est bien dans l’air du temps.
(6) La grande Route", livre du légendaire Bernard Moitessier, navigateur qui fit demi-tour plutôt que de remporter une épreuve "en solitaire" qui lui semblait pourtant promise, craignant le retour dans une société dont il était fatigué et qu’il haïssait.