Le sport c’est pas forcément bon pour la santé humaine... Le Marathon des Cendres servira de hors d’œuvre à une compétition qui devrait reléguer l’ultra trail du Mont-Blanc au rang d’aimable plaisanterie, se courra l’été dans l’Aude au milieu des 17 000 hectares de forêt incendiés pour profiter au mieux des braises et des fumées toxiques. Ce parcours exigeant est réservé aux adeptes réguliers du bol d'air vicié au pied des feux rouges, du dépassement de soi, bref à celles et ceux qui visent la pneumopathie, qui espèrent une pathologie cardiovasculaire voire avec un peu de chance, un cancer made in Paris, Shanghai ou New-York.
... mais, comme n’importe quelle forme de tourisme, c’est toujours mauvais pour la santé de l’environnement. Avec ses 24km en forêt de Fontainebleau, le sentier des 25 bosses est un lieu d’entraînement idéal pour qui veut affronter ce futur géant du jogging. Situé à moins d’une heure de Paris, les sectataires du piétinement au pied des feux rouges pourront piétiner en masse ce terrain de jeux, un rôle que les équipementiers sportifs ont assigné à l’environnement. Première victime logique d’un succès dû aux réseaux dits sociaux, le sol fragilisé, instable par les passages de la meute des adeptes des statistiques chronométrées et autres aventuriers du mountain bike (avec un casque quand même pour l’aventurier).
Salauds d’arbres ... Les rochers et les arbres représentant désormais un risque avéré par la surfrequentation des joggers qu’ailleurs, phénomène qu’on nomme ailleurs surtourisme, faut-il s’attendre à leur abattage, comme ce fut le cas des platanes sur la route nationale 7 ou comme le souhaite aujourd’hui, le président du département de Haute Marne ? Les arbres doivent disparaître au nom de la gene qu’ils représentent pour la sécurité des bagnoles, le prix à payer afin de poursuivre en toute quiétude la marche en avant de la civilisation. Comme à Bois-Colombes où 18 platanes sont menacés dans le cadre des travaux du "grand paris", cette lubie des zautorites franciliennes (et au-delà). Pas grave, on replantera probablement des sapins. Le grand Paris c’est un cataplasme pour tenter de camoufler le résultat de dizaines d’années sans plan d’aménagement de l’urbanisme. Au fond, quelle différence, sinon d’échelle et de moyens avec la démarche du camarade Trump ?
Pas de vacances pour les chevaliers du running. Et l'été interrogent les inquiets, comment poursuivre nos entraînements ? Que les accros du cul-culte de la forme à tout prix, se rassurent, la moiteur étouffante de la saison des pluies offre de belles opportunités. La martyre de la Cause du dépassement de soi qui a calenché à Siem Reap (Cambodge). Paraphrasant "Just dead it", le slogan de ses chaussures... made in Cambodia, elle en apporte une preuve irréfutable.
Swimming for a cause, couler pour une cause... Le temps que les pompiers soient reposés, que les bouteilles d’oxygène aient été rechargées et que l’armoire aux produits dopants soit reconstituée, il ne reste plus qu’à patienter en guettant le lot de dégâts matériels et humains qui accompagnera les prochaines inondations. Pour ... surfer sur la vague obligée des "bonnes causes", plutôt que la traditionnelle compétition en maillot et bonnet qui ne booste pas le chiffre d'affaires du sponsor, les concurrents nageront utile. Deux épreuves au programme, la première consistera à ramener le plus grand nombre possible de détritus (meubles, voitures, électroménager, cadavres etc), la deuxième de convaincre les rétifs (bretons ou non) de quitter logement, télé et animal domestique. On attribuera un point par réfractaire.
Riders on the path. La dernière épreuve est la plus dangereuse. Un parcours vélo sur les pistes cyclables de la plus belle avenue du monde de la ville lumière (clichés offerts par l’office du tourisme et les médias). Un gymkhana rendu incertain par la présence des automobilistes, d’autres adeptes du velib’ et par des piétons qui s’acharnent à vouloir marcher sur les trottoirs en utilisant les passages cloutés
What’s next ? C’est l’heure pour le vainqueur de recevoir le "Trophée Claude Allègre" des mains de son ami Lionel Jospin avant d’engager une marche triomphale sur les Champs suivie par une réception à l’Élysée. Une rave party avec D.J. sans laquelle l’événement n’aurait pas réellement eu lieu, clôturera l’ensemble. Les participants pourront remplir leur feuille de statistiques, définir un programme d’entraînement et passer commande de compléments alimentaires pour "faire" du muscle en asséchant les corps. Les organisateurs sont déjà aux prises avec des choix douloureux. L’année prochaine, swimcross ou swimrun, pumptrack ou packcraft, esport ou exergaming, teqball ou bikepacking, concert K.Pop ou DJ machin ? Une fois le programme defini, il restera encore à enrôler la "bonne œuvre" la plus utile au prochain S.I.M.C.C.
PS j’entends la radio évoque un pari lancé sur les réseaux sociaux qui porte sur le nom du vainqueur d’un Ironman virtuel. Le champion des cols ou la vedette du grand bain. Magie des réseaux sociaux...
Et pour accompagner, une planche de Reiser déjà connue des habitués de ce blog puisqu’il en existe quelques uns.
Reiser qui lui, ne s'emmerding pas.