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Billet de blog 4 mai 2013

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PALESTINE/ Cinq caméras brisés

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5 caméras brisées

LE MONDE | 19.02.2013 à 13h10

Par Isabelle Regnier

En 2005, alors que son quatrième fils, Jibril, venait de naître, Emad Burnat a acheté une caméra. Ce cultivateur de Bil'in, petit village de Cisjordanie, n'avait pas l'intention de devenir cinéaste. Mais l'objet lui a tant plu qu'il en a fait une extension de lui-même. Et son projet a changé de nature.

Année de naissance de Jibril, 2005 est aussi celle durant laquelle les habitants de Bil'in ont vu débarquer sur leurs terres des topographes israéliens. En plein milieu du village, ces hommes ont tracé un itinéraire pour le futur "mur" qui les séparait de leurs terres cultivables et en transférait la jouissance aux habitants de la colonie juive voisine de Modi'in Illit. Sans s'en douter, ils ont ainsi ouvert la voie à une des plus durables, des plus obstinées et des plus efficaces campagnes de résistance non violentes à la politique du fait accompli menée par les Israéliens pour étendre leur implantation territoriale. Après cinq années de mobilisation, les gens de Bil'in ont obtenu que la Cour de justice israélienne décrète le tracé illégitime et en ordonne la révision, en leur faveur.

Le temps qu'il ne passait pas chez lui à filmer sa famille, Emad Burnat le passait, pendant ces années, aux côtés des villageois, avec ses amis qui manifestaient infailliblement tous les vendredis, organisant toutes sortes d'actions auxquelles se sont progressivement associés des militants du monde entier. Il filmait tout ce qu'il pouvait, changeant de caméra chaque fois que la sienne finissait démolie par un militaire israélien. Il en usera cinq au total, en cinq ans, dont il expose les cadavres dans la scène inaugurale du film.

Filmer, pour Emad Burnat, était la meilleure manière de participer à la mobilisation. Tout en créant les archives de cette lutte, son action consolidait la solidarité des villageois, notamment lors des projections collectives qu'il organisait. L'idée d'en faire un long-métrage ne vient que tardivement, après la mort d'un de ses compagnons, tué par une balle israélienne. Pour l'aider à construire son récit, Emad Burnat a fait appel à l'Israélien Guy Davidi, un documentariste militant, familier de la mobilisation de Bil'in. Le film qu'ils ont coréalisé est formidable.

Sa qualité première, qui le distingue de la masse de films sur la lutte entre l'armée israélienne et les populations palestiniennes, tient à sa temporalité. Cinq ans, c'est une belle durée pour donner la mesure concrète du pourrissement de la situation dans les territoires occupés et de ses effets sur la vie des Palestiniens. Mais elle diffère selon que l'on considère le spectacle tristement banal de l'armée israélienne harcelant les populations, ou celui, bouleversant, d'un enfant qui grandit sous nos yeux et que la violence dans laquelle il baigne - on le voit dans sa chair - façonne en profondeur. A 3 ans, les mots "armée" et "mur" font partie des premiers qu'il prononce. A 5, il demande à son père pourquoi celui-ci ne part pas tuer des soldats israéliens avec un couteau, pour venger la mort de son ami...

SAMEDI 04 MAI 2013

Le propagandiste de « 5 caméras brisées » quasiment refoulé des Etats-Unis

Publié le : 25 février 2013

5 caméras brisées, de Emad Burnat et Guy Davidi, était en lice pour l’Oscar du meilleur documentaire, le 24 février. Mais voilà, à son arrivée à l’aéroport de Los Angeles, les douaniers américains l’ont retenu dans le but de l’expulser ipso facto des Etats-Unis. Le réalisateur de ce documentaire propagandiste palestinien n’a eu son honneur sauf que grâce à un SMS qu’il a fait parvenir à son ami le réalisateur mythomane Michael Moore. Ce dernier, qui a longuement mené campagne contre les Républicains dans son pays, a aussi lutté contre la guerre contre le terrorisme. Ses films sont souvent qualifiés de « chef d’œuvre » par des journalistes bobos, alors que les critiques parlent de plaidoyers politiques « biaisés et propagandistes. » Quoi qu’il en soit, suite à l’envoie du SMS d’Emad Burnat à Moore, ce dernier a remué ciel et terre, menaçant de « créer un scandale qui éclabousserait tous les Etats-Unis ». Ne voulant pas prendre le risque de se faire humilier par les médias européens et arabes, le gouvernement a finalement donné l’ordre de laisser passer le réalisateur. Il faut dire, qu’en termes de fiction, « 5 caméras brisées » est un chef d’ouvre, presque aussi digne que la mise en scène de la fausse mort de Mohamed Al Durah. Ce « reportage » est coproduit par Alegria Productions et avec la participation de France Télévisions et le soutien de ITVS,

Dés le début du film, Emad prend une décision : filmer l’action entreprise par les habitants du village, avec la caméra qu’il vient d’acheter a l’occasion de la naissance de son quatrième enfant. Le paysan se révèle être un cameraman remarquable, il filme la vie des siens, famille et amis, du village. Cinq années d’une chronique intime de la vie d’un village en ébullition. Cinq caméras qui ont connu chacune des épreuves, et se sont brisées, l’une après l’autre, au cours de tel ou tel affrontement. Cinq caméras qui ont rendu compte d’un chapitre de la longue marche pour la justice des habitants de Bil’in. Dans la réalité, ces 5 caméras ne sont pas celles d’un palestinien, mais celles d’organisations anti-israéliennes. Dès le début le reportage est faussé. Le réalisateur estime que la Palestine appartient en son entier aux palestiniens et que les juifs devraient « retourner en Pologne et en Allemagne. » Une chose est sûre, on ne peut que féliciter les douaniers américains pour prévenir les ennemis de l’occident d’entrer aux Etats-Unis.

JSSNews

 Les jalons de la vie du petit Jibril, les opérations d'agit-prop, dont l'intelligence et l'inventivité produisent immanquablement les mêmes effets, aveuglément répressifs, la voix off, accablée mais jamais résignée, du réalisateur donnent au film une forme de journal intime poétique. 5 caméras brisées a été primé à Sundance, à Jérusalem, au festival du Cinéma du réel et dans une quinzaine d'autres festivals. Aujourd'hui, il concourt pour l'Oscar du meilleur documentaire.

Remarques

Après quelques hésitations je me suis décidé à voir ce film dont la programmation est parcimonieuse malgré son évidente célébrité. 
J'en suis sorti la rage au coeur de prendre conscience qu'à T.S.H.A.L tout est permis 

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