« Les territoires appartiennent à Israël. Les juifs s’implanteront partout sur notre terre jusqu’au bout de l’horizon. Je vais aux pourparlers de la paix avec la foi qu’il ne faut renoncer à aucune partie d’Eretz Israël… Mon gouvernement n’acceptera pas que la paix américaine fasse pousser des mauvaises herbes telles qu’un État palestinien » (Itzhak Shamir Discours àla Knesset 4.11.1991)
« Demain à Jérusalem » (Textes bibliques)
Le Livre d’Isaïe célèbre dans des poèmes lyriques le retour àla Terre Sainteaprès la captivité à Babylone qui sera durement châtiée, retour aussi de tous les exils. Dans le Livre d’Isaïe, le peuple de Yahvé est promis à un retour triomphal sur « Sa Terre », et tous les peuples sont « invités » à s’incliner devant ce prodige, cette merveilleuse épopée du retour.
Ne crains rien, car je suis avec toi. « D’Orient je ferai revenir ta race et d’Occident je te rassemblerai. Au Nord je dirai : « Rends les » et au Midi : « Ne les garde pas ». Fais revenir mes fils de là bas et mes filles du bout de la terre, tous ceux qui portent mon nom et que j’ai créé pour ma gloire, et que j’ai formé et qui sont mon œuvre. Au Nord je dirai : ‘Rends les’ et au Midi : ‘Ne les garde pas’. Fais revenir mes fils de là-bas et mes filles du bout de la terre, tous ceux qui portent mon nom et que j’ai créés pour ma gloire, que j’ai formés et qui sont mon œuvre ». (Isaïe, Ch. 43 § 5 à 7)
« Tes bâtisseurs se hâtent, tes démolisseurs et tes ravageurs s’en vont….A tes oppresseurs je ferai manger leur proprechair, ils s’enivreront de leur sang comme de vin nouveau. Et toute chair saura que moi Yahvé je suis ton Sauveur et ton rédempteur, c’est le Fort de Jacob. (Isaïe, Ch.. 49 § 17 et 26)
Chant du retour, psaumes
Quand Yahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme en rêve ; alors notre bouche s’emplit de rire et nos lèvres de chansons…
On s’en va, on s’en va en pleurant, on porte la semence ; on s’en vient, on s’en vient en chantant, on rapporte les gerbes. (Ps. 126)
Dieu, ils sont venus, les païens dans ton héritage, ils ont souillé ton temple sacré ; ils ont fait de Jérusalem un tas de ruines, ils ont fait de Jérusalem un tas de ruines
Ils ont versé le sang comme de l’eau alentour de Jérusalem, et pas un fossoyeur
Déverse ta fureur sur les païens, eux qui ne te connaissent pas, et sur les royaumes de ceux-là qui n’invoquent pas ton nom. Car ils ont dévoré Jacob et dévasté ta demeure.
Fais tomber sept fois sur nos voisins, en plein cœur, leur insulte, l’insulte qu’ils t’ont faite Seigneur ! Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d’âge en âge publierons ta louange. (Ps 80)
SORT réservé aux ennemis d’Israël selon la Bible
Oui, l’espoir de l’impie est comme la bale emportée par le vent, comme toile d’araignée que chasse le vent, il se dissipe se dissipe comme fumée au vent, il s’efface comme le souvenir de l’hôte d’un jour.
Mais les justes vivent éternellement, leur récompense est aux mains du Seigneur, c’est le Très Haut qui d’eux prend souci.
Pour armure il prendra son ardeur jalouse, il armera la création pour châtier ses ennemis ; pour cuirasse il revêtira la justice, il mettra pour casque un jugement sans feinte, il prendra pour bouclier sa sainteté invincible, de sa colère il fera une épée tranchante, et l’univers ira au combat avec lui contre les insensés.
Le souffle de la Tout – Puissance s’élèvera contre eux et les vannera comme un ouragan. (Livre de la Sagesse Ch. 5 § 14))
Prière pour la délivrance et la restauration d’Israël
« Aie pitié de nous, maître Dieu du monde, et regarde, répands la crainte sur toutes les nations. Lève ta main contre les nations étrangères et qu’elles voient ta puissance. Comme à nos yeux tu t’es montré saint contre nous, de même à nos yeux montre toi grand contre eux…Réveille ta fureur, déverse ta colère, détruis l’adversaire, anéantis l’ennemi… Qu’un feu vengeur dévore les survivants, que les oppresseurs de ton peuple soient voués à la ruine.… Rassemble toutes les tribus de Jacob, rends-leur leur héritage comme au commencement. Aie pitié Seigneur du peuple appelé de ton nom, d’Israël dont tu as fait un premier né. Aie compassion de ta ville sainte, Jérusalem le lieu de ton repos. Remplis Sion de ta louange et ton sanctuaire de ta gloire. Rends témoignage de tes premières créatures, accomplis les prophéties faites en ton nom. Donne satisfaction à ceux qui espèrent en toi, que tes prophètes soient trouvés véridiques. Exauce, Seigneur, la prière de tes serviteurs selon la bénédiction d’Aron sur ton peuple. Et que tous sur la terre reconnaissent que tu es le Seigneur, le Dieu éternel. »
(Ecclésiaste Ch. 36 § 1 à 17)
L’éclatante résurrection de Jérusalem, promise par le prophète Isaïe, a de quoi enthousiasmer et faire rêver les uns, plus particulièrement les Juifs, mais représente une menace terrible pour les ennemis d’Israël, tout particulièrement pour les peuples rebelles aux grands desseins de Yahvé pour son peuple .
La nouvelle Jérusalem est promise à un avenir radieux après une bien longue période de malheurs et d’épreuves envoyés par Yahvé.
« O malheureuse, battue par les vents, inconsolée, voici que je vais poser tes pierres sur des escarboucles et tes fondations sur des saphirs .Je ferai tes créneaux de rubis, tes portes de cristal et toute ton enceinte de pierres précieuses.
Tous tes fils seront instruits par Yahvé. Grand sera le bonheur de tes fils .Tu seras fondée sur la justice, à l’abri de la terreur, car elle ne t’approchera plus.
Si l’on t’attaque, cela ne viendra pas de moi ; qui s’attaquerai à toi, tombera à cause de toi.
Voici, c’est moi qui ai créé le forgeron, celui qui souffle sur le feu des braises et en tire les armes qu’il doit travailler. Mais c’est moi qui ai créé le destructeur pour les anéantir. Aucune arme forgée contre doit ne réussira.
Toute langue qui t’accusera en justice tu la confondras. Tel sera le lot des serviteurs de Yahvé, les victoires que je leur assure – oracle de Yahvé. (Isaïe Ch. 54 § 11 à 17)
PSAUMES…d’intercession
Jérusalem ! Les montagnes l’entourent, ainsi Yahvé entoure son peuple dès maintenant et pour toujours.
Jamais un sceptre impie ne tombera sur la part des justes, de peur que ne tende au crime la main des justes.
Fais du bien Yahvé, aux gens de bien, qui ont la droiture au cœur. Mais les tortueux, les dévoyés, qu’il les repousse, Yahvé, avec les malfaisants.
Paix sur Israël ! (Ps 125)
Que Dieu se lève et ses ennemis se dispersent, et ses adversaires fuient devant sa face ; comme se dissipe la fumée, ils se dissipent ; comme fond la cire en face du feu, ils périssent, les impies, en face de Dieu (Ps 68)
Yahvé est mon roc et mon rempart, et mon libérateur c’est mon Dieu…
Tu m’as ceint de ta force pour le combat, tu fais ployer sous moi mes agresseurs ; mes rivaux tu me fais voir leur dos, mes ennemis je les extermine… (Ps 18)
« L’an prochain à Jérusalem » réalisé par les dirigeants sionistes
Le génie de Théodore Herzl fut de voir que pour sortir de leur exil temporel, à l’aube des temps modernes, les Juifs devaient être dotés d’une direction politique dont le but fut de récréer l’Etat d’Israël. L’Organisation Sioniste Mondiale naquit de cette vision. Elle a su accomplir sa mission en moins d’un demi siècle. (André Chouraqui)
Alors que pendant deux millénaires les Juifs ont eu pour coutume de psalmodier à l’occasion de certaines fêtes votives : « L’an prochain à Jérusalem », cette vision eschatologique du Retour en Terre Sainte a cédé la place a la réalité que constitue depuis 1948 l’existence de l’Etat d’Israël dont la création constitue un fait majeur dans l’évolution des mentalités dans le judaïsme contemporain.
« Ce qui me paraît me paraît évident c’est le caractère unique des liens du peuple juif avec sa terre d’origine. Pendant les deux millénaires de la dispersion, le rêve du retour est resté le rêve quotidien de ce peuple, sauf pendant les quelques décennies qui suivirent et précédèrent l’apparition du sionisme »
« Israël n’est pas un fait colonial, car le sionisme n’est que la dernière phase de l’aspiration messianique au retour en Terre sainte »
(Saul Friedländer : Réflexions sur l’Avenir d’Israël pages 9 et 10 et page 11)
Sionisme « transfert » des populations arabes
L’un des grands idéologues de la politique du « transfert » était Josef Weitz qui fut longtemps une figure importante du sionisme, membre éminent du très laïque Mappai, Parti socialiste qui a contribué largement à la mise en œuvre du projet sioniste : « Entre nous, il doit bien être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les Arabes s’en vont, il sera libre et ouvert pour nous. Si les Arabes restent, le pays restera étriqué et misérable. Quand la guerre sera finie et que les Anglais l’auront gagnée, quand les juges siégeront sur le trône de la loi, notre peuple doit présenter devant eux ses besoins et ses droits ; et la seule solution est la terre d’Israël sans les Arabes. Il n’y a pas de compromis possible sur ce point ! Jusqu’ici on pouvait se contenter « d’acquérir des terres », mais ce n’est pas cela qui fondera l’Etat d’Israël. Cela doit se faire d’un seul coup comme la Rédemption. Il n’y a pas d’autres moyens que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins, et de les transférer tous ; à l’exception peut-être de Bethléem, Nazareth et la vieille ville de Jérusalem, nous ne devons pas tolérer un seul village, une seule tribu. Le transfert doit se faire vers l’Irak, la Syrie ou même la Transjordanie. Nous trouverons pour cela l’argent qu’il faut, beaucoup d’argent, ce n’est que grâce à ce transfert que le pays pourra accueillir des millions de nos frères et la question juive sera résolue une fois pour toutes. Il n’y a pas d’autre issue …. La Terre d’Israël n’est pas du tout petite, si seulement on la vide des Arabes et si on élargit un peu ses frontières, au nord jusqu’au Litani, à l’est jusqu’aux hauteurs du Golan… (Le projet sioniste vu en 1940 par Josef Weitz, directeur du Fonds National Juif en Palestine)
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« Un Etat juif partiel n’est pas une fin, mais seulement un début ; Je suis certain que nous ne pourrons pas être empêchés de coloniser d’autre parties du pays et de la région …. Nous et eux (les Palestiniens) nous voulons la même chose, nos voulons tous les deux la Palestine. Et c’est le conflit fondamental. (David Ben Gourion, lettres à son fils, 1936 -1938)
Après la création de l’Etat en 1948 : « Nous devons nous préparer à passer à l’offensive. Notre but est de casser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à déstabiliser. Nous établirons là un Etat chrétien, et ensuite nous frapperons la Légion Arabe, éliminerons la Transjordanie ; la Syrie nous revendra. Puis nous bombarderons, avancerons et prendrons Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï. »( David Ben Gourion 1948, à l’Etat Major)
« L’événement le plus spectaculaire dans l’histoire contemporaine de la Palestine – plus spectaculaire dans un sens que la création de l’Etat juif – est l’évacuation en masse de sa population arabe qui a entraînée avec elle également de milliers d’Arabes de régions menacées et/ou occupées par nous en dehors de nos frontières. » (Moshé Sharett, ministre des Affaires étrangères israélien, juin 1948)
Un autre dirigeant de « gauche » qui devint en 1948, l’un des chefs du Mapam et ministre du gouvernement israélien, A. Cizling, avait aussi une conception bien à lui de la morale, et une certaine vision de l’avenir :« Je ne conteste pas notre droit moral de proposer un échange de population. Il n’y a rien d’immoral dans cette proposition dont le but est de permettre la concentration de la vie nationale. Bien au contraire. Peut-être que cela se produira dans un nouvel ordre mondial et incarnera un grand projet humain …. Mais la proposition sera plus réalisable, plus raisonnable si elle consiste en un échange de populations entre une Terre d’Israël unifiée, plus tard, et l’Irak ou d’autres pays lointains, qui pourraient transférer leurs juifs vers la Terre d’Israël »
« C’est le devoir des leaders israéliens d’expliquer à l’opinion publique clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier est qu’il n’y a pas de sionisme, de colonisation ou d’Etat juif sans l’éviction des Arabes et l’expropriation de leurs terres. » (Yoram Bar Porath , juillet 1972)
« Il ne peut être question qu’Israël tolère l’existence d’Etat palestinien indépendant, c’est à dire disposant d’une armée et d’une politique étrangère indépendante d’Israël, et les difficultés d’une autonomie accordée aux Palestiniens résident dans le partage d’un territoire qui n’est pas homogène »
(Knesset Rabin 1993)
« Je ne vois aucune raison d’abandonner une seule implantation. Les colonies garantissent à Israël une profondeur stratégique vitale pour son existence » (Sharon 2004)
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