En 2003 "Accords d'Oslo" un espoir pour Warschawski, Vidal et Leila Shahid!!!

La Palestine Aujourd’huiLes amis du Monde diplomatique avaient invité en ce 29 avril 2003, au Centre culturel «l’Iliade » à Illkirch - Graffenstaden, trois intervenants sur le thème : « La Palestine aujourd’hui » dans le but de faire le point sur le dialogue israélo – palestinien, aujourd’hui bien mal en point.Dominique Vidal, directeur adjoint du Monde diplomatique, commence par se féliciter des travaux des « nouveaux historiens » qui, il y a quelques années, s’étaient livrés à une « déchirante révision » de l’historiographie de l’Etat hébreu. Il regrette que cette espérance de paix qui se pointait à l’horizon de 1993 ait fait long feu. Comme s’il s’agissait principalement d’une question de personnes, il se contente de rappeler que la politique menée par Netanyahu, après le tragique assassinat de Rabin qui incarnait cette espérance, n’était pas bien bonne et que les propositions de paix d’Ehud Barak, étant insuffisantes, expliquent en partie cette deuxième Intifada. Il condamne fermement la politique de représailles menée par Ariel Sharon, ainsi que la poursuite de la colonisation des territoires occupés et la politique de « transfert » des populations palestinienne entamée par Sharon. Il s’étonne que Benny Morris, un de ces « nouveaux historiens », puisse approuver cette politique, comme s’il ignorait que cet historien se situait dans la logique sioniste, et que les « nouveaux historiens » s’étaient contentés de faire le ménage dans les discours de propagande sioniste qui commençaient à faire long feu, sans remettre pour autant, mise à part Illian Pappe, en cause l’idéologie sioniste qui préside toujours à la politique coloniale de l’Etat hébreu.Pour conclure, Dominique Vidal lance un appel ardent pour une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, et pour faire bonne mesure, reprenant à son compte tous les clichés qui circulent à propos des « attentats terroristes », il condamne avec vigueur les « attentats kamikazes » : « Sauf à considérer que la fin justifie les moyens, théorie dont on sait sur quelles horreurs elle a débouché, rien ne peut justifier les attentats kamikazes que revendiquent le Hamas et le Djihad islamique ainsi que des brigades liées au Fatah qui manipulent le désespoir des Palestiniens », et il souhaite que Israël prenne conscience de l’impérieuse nécessité de mettre en place un « Etat palestinien viable » conformément aux promesses contenues dans les « accords d’Oslo ».RemarqueMonsieur Dominique Vidal, semble « oublier » ce qu’écrit le poète Mahmoud Darwich qui exprime avec une tranquille lucidité ce qu’il en est de la résistance du peuple de Palestine.« Le martyr m’éclaire : je n’ai pas cherché au-delà de l’étendueLes vierges de l’immortalité car j’aime la vieSur terre, parmi les pins et les figuiers,Mais je ne peux y accéder, aussi y ai-je viséAvec l’ultime chose qui m’appartienne : le sang dans le corps de l’azur »Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine en France, nous gratifie de quelques anecdotes sur les relations orageuses mais « bien fructueuses » (sic) entre Yitzhak Rabin devenu premier ministre en 1992 et Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne .Elle nous vante les mérites de ce « héros national » qui, d’une attitude de souverain mépris à l’égard d’Arafat et de la résistance palestinienne, a passé à une attitude compréhensive en concédant à l’Autorité Palestinienne quelques bouts de « territoires autonomes » après d’âpres négociations. Elle souligne l’espoir et la fierté manifestés par les Palestiniens, quand Israël leur avait accordé : le droit d’avoir une force de police chargée de régler la circulation et le maintien de l’ordre , la possibilité de créer un ministère de l’éducation, de mettre en place des services sociaux et sanitaires, de recevoir des aides étrangères , de mener des relations commerciales contrôlées par Israël, et aux dirigeants de l’Autorité palestinienne la possibilité de se déplacer à l’étranger, avec l’accord tacite de l’Etat hébreuLeila Shahid reconnaît pourtant que le partenariat avec Israël aura été un échec. Aujourd’hui, elle appelle l’Union Européenne à la rescousse pour sauver les meubles en permettant la mise en place d’un Etat palestinien dont elle se garde bien de définir les contours et les caractéristiques. Elle souhaite la mise en place du nouveau plan de paix mijoté par le « quartet » : Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations Unis. Après avoir condamné fermement les attentats kamikazes, Leila Shahid s’aventure dans l’éloge de la résistance du peuple irakien face aux armées de la coalition anglo-américaine. Et emboîtant le pas à la propagande sioniste, elle termine son intervention par une très vigoureuse dénonciation de l’antisémitisme qui se manifeste en France, antisémitisme qui se traduit par quelques actes délictuels qui a permis à Sharon « d’inviter les Juifs français à se réfugier en Israël, sans doute pour achever le plan de colonisation sioniste de la PalestineRemarqueA l’évocation de cette « période de collaboration fructueuse avec Israël », après que Yasser Arafat eût offert sur un plateau d’argent non seulement la « renonciation à toute résistance armée palestinienne » mais aussi « une collaboration avec la Mossad » pour assurer la neutralisation de tous ceux qui s’opposeraient aux « accords d’Oslo » nous ne pouvons nous empêcher de penser ce que nous écrivions il y a dix ans à propos des « accords d’Oslo » que nous considérions comme une capitulation en rase campagne et dont Mahmoud Darwich , lui aussi, pressentait les conséquences néfastes pour les PalestiniensMichel Warschawski, fils de l’ancien grand rabbin de Strasbourg ayant immigré en Israël dans les années soixante, directeur du « Centre d’Information Alternatif » de Jérusalem et Bethléem, militant avec un certain courage pour la paix, enfonce le clou en dénonçant simultanément la politique de représailles de Sharon et tous les extrémismes qui menacent la paix et l’entente entre les deux peuples. Avec une certaine émotion admirative, il évoque le cheminement de Yitzhak Rabin qui de son rêve du « Grand Israël » a passé à la politique de la main tendue aux Palestiniens en signant les « accords d’Oslo » .Il regrette profondément l’assassinat de Rabin alors que les Israéliens nageaient dans l’euphorie d’une paix qu’ils sentaient toute proche. Avec une insistance touchante, il nous parle de cette incroyable conversion de son « ami » Rabin, qui quelques mois avant la signature des « accords d’Oslo » rêvait du « Grand Israël ». Selon lui, Rabin, avait, comme l’immense majorité des Israéliens, rangé son « Rêve » dans sa bibliothèque, et s’était laissé convaincre par cette vague de paix qui animait la jeunesse israélienne dans de nombreuses et immenses manifestations orchestrées par le mouvement « la Paix Maintenant ». Michel Warschawski constate que, en ces heures sombres d’une paix bien compromise par les violences, la grande majorité des Israéliens a voté à deux reprises pour Sharon, pour une « paix imposée par Israël au nom de sa sécurité ». Il pense que, la majorité des Israéliens s’est rangée derrière Sharon, ne s’intéresse guère à ce qui se passe dans les territoires occupés et font confiance à TSAHAL, ( « l’armée de défense du peuple d’Israël »), et sont persuadés que la répression menée par TSAHAL n’est qu’une réponse aux attentats « terroristes » Mais, Michel Warschawski, se voulant résolument optimiste, refuse à se laisser aller à la désespérance et appelle tous les partenaires du conflit à renouer le dialogue, à combattre tous les « extrémistes », et de conclure avec gravité : « Israéliens et Palestiniens sont condamnés à vivre ensembles, il appartient à chacun d’œuvrer pour la paix dans l’intérêt même des deux peuples » !RemarqueDans cette intervention nous retrouvons, comme pour les orateurs précédents, une dénonciation facile et éculée de Sharon, et surtout la mise sur le même plan des attentats palestiniens et des représailles israéliennes, comme si on voulait justifier, excuser, l’attitude de la majorité des Israéliens qui approuvent les actes de représailles israéliennes.Il nous paraît important de se rappeler que, contrairement aux contes et légendes qui circulent, Rabin n’a jamais admis l’existence d’un vrai Etat palestinien, et avant la signature des « Accords d’Oslo », il déclarait devant la Knesset : « Nous sommes disposés à tendre la main de la paix aux Palestiniens mais dans l’autre main Israël tient son fusil le doigt appuyé sur la gâchette prêt à faire payer sept fois plus tout acte de terrorisme des Palestiniens… » Et il concluait, pour rassurer les députés réticents, avant de faire voter « son projet de paix » : « Il ne peut se faire que Israël tolère l’existence d’un Etat palestinien indépendant, c’est à dire disposant d’une armée et d’une politique étrangère indépendante d’Israël, et les difficultés d’une autonomie accordés aux Palestiniens résident dans le partage d’un territoire qui n’est pas homogène »Nous pensons que Rabin et ses partisans pouvaient bien célébrer avec enthousiasme la paix tant qu’il ne s’agissait pas d’en régler la facture et de tirer toutes les conséquences des exigences légitimes du peuple de Palestine, tout particulièrement les revendications des réfugiés palestiniens à leur « droit au retour » sur leurs terres ou à une indemnisation conséquente, suivant leur choix. P.SLes remarques que je fais, je n'ai pu les exprimer pubiquement, la discussion n'ayant pas eu lieuJe publie mes "réflexions" pour complèter le "papier" précédent"

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