ISRAËL: "La guerre des six jours"La victoire de David contre Goliath

. LA MISE EN SCENE AVANT LA GUERRE DES SIX JOURS : un acte de propagande exemplaire et efficace : les bénéfices engrangés par cette guerre d’agression, appelée « guerre préventive », auront été on ne peut plus évidents.Pour justifier ses guerres de conquêtes, « les intentions de génocide » attribuées aux Arabes, grâce à la manipulation radiophonique de certains discours de dirigeants arabes, restent toujours efficaces pour émouvoir en faveur d’Israël, une opinion publique manipulée par nos principaux organes de presse à la solde, en faveur, du mouvement sioniste.En mai 1967 l’opinion publique occidentale, en particulier l’opinion publique française, a « tremblé » pour ce petit État menacé de génocide par Arabes. La mise en scène, savamment orchestrée par les dirigeants sionistes, est un modèle du genre. La voix brisée de Monsieur Lévy Eshkol, premier ministre, s’adressant à la nation pendant cette dernière semaine du mois de mai, les images des tranchées et des fosses communes creusées à Tel-Aviv pour contenir les futures victimes de la guerre avaient de quoi nous glacer d’effroi, du moins ceux qui ignoraient qu’il s’agissait d’une ignoble campagne de propagande dont Israël tirait toute les ficelles, et quelques déclarations imprudentes de certains dirigeants arabes s’étalant en gros titres dans nos journaux finissaient par convaincre le bon peuple de France de l’imminence, de l’évidence même, du danger de génocide encouru par le peuple juif d’Israël ! Et alors quand le « Miracle » s’est produit, un vrai « Blitzkrieg », les armées arabes taillées en pièce, fuyant misérablement sous les coups de boutoirs des chars et des roquettes lancées par nos avions « Mirage » vendus par la France à Israël, ce furent des explosions de joie, et seul le Général de Gaulle trouvant qu’Israël avait poussé le bouchon un peu loin, dénonce, les agissements de, « ce peuple arrogant et sûr de lui », et décide d’un embargo sur les livraisons d’armes à Israël !Cette guerre « providentielle » a, donc, eu une influence heureuse sur l’unité nationale menacée, elle a été le point de départ de l’intégration des groupes disparates et peu évolués que constituent les Juifs orientaux. Selon Marc Hillel, journaliste israélien, et sioniste convaincu, en juin 67 Israël était au bord de la faillite. Le chômage sévissait, l’émigration était plus forte que l’immigration, et c’est le « Dieu des armées » qui a permis en juin 67 de surmonter l’obstacle. Les Juifs orientaux se sont retrouvés côte à côte avec les Juifs occidentaux dans la fraternité des armes. L’immigration, avec la conquête de nouveaux territoires a repris mais pas d’une façon aussi importante que l’espéraient les dirigeants israéliens. Malgré les facilités accordées aux immigrants malgré les efforts surhumains de propagande, les israélites, surtout les israélites d’Amérique du Nord, consentent quand la situation politique est favorable à investir des capitaux, à fournir une aide, mais restent très réticents à l’immigration. Ben Gourion traduit bien la réalité et exprime sa profonde déception quand dans une allocution à la Knesset il dit : « Après des efforts surhumains que nous avons déployés, nous n’avons réussi à regrouper que 18% du peuple juif. Il y a encore davantage d’Israélites dans la seule ville de New York qu’au sein même de notre État. Non l’État auquel nous rêvions n’est pas encore né » (David Ben Gourion)Les Juifs occidentaux étant dans leur immense majorité perdus pour l’immigration, les sionistes espèrent, pour donner une crédibilité à leurs affirmations quant à l’existence d’un nationalisme juif que si les Juifs vivant dans les « Pays de l’Est » étaient libres ils viendraient en masse grossir les rangs des Israéliens, et ils continuent à rêver d’un État juif peuplé de plus de 5 millions de Juifs amenés à grands renforts de propagande par la promesse fallacieuse d’une « Terre où coulent le lait et le miel où fleurissent les orangers ». LE COMBAT DE DAVID CONTRE GOLIATH : « La Guerre des Six Jours » vue sous l’angle du mythe bibliqueLe mythe biblique de la lutte de David contre Goliath, utilisé comme un thème de propagande récurrent par les sionistes vaut bien un petit détour.Depuis sa création en 1947 justifie toutes ses guerres, interventions militaires sanglante et destructrices, en laissant entendre que les Juifs d’Israël étaient hier et sont encore aujourd’hui menacés d’extermination par leurs voisins arabes, de ce fait, ils ne peuvent tolérer un seul instant l’existence d’un pays voisin qui serait en possessions d’armes équivalentes à celles dont s’est doté l’État hébreu.Avant la fameuse Guerre des Six Jours en 1967, guerre qui aura duré le temps que, selon la Bible, Dieu a pris pour créer l’univers, les dirigeants israéliens et leurs services de propagande relayés avec beaucoup de complaisance par nos médias, dont le journal quotidien le Monde et le périodique l’Observateur que nous lisions avec un certain intérêt, nous faisaient vraiment trembler de peur face à cette évidente menace qui pesait en ce mois de juin sur l’existence d’Israël. L’analyse des forces en présence donnait au pays arabes potentiels belligérants : l’Égypte, la Syrie, l’Irak et la Jordanie une supériorité militaire écrasante .Certains journalistes ne manquaient pas d’évoquer cette lutte épique qui se profilait entre le géant Goliath armé de pied en cap, vociférant ses menaces terribles et le petit pâtre David appelé par Yahvé pour le combattre avec un simple fronde. Ce petit pays fier, intrépide allait-il, comme dans la Bible terrasser, ce géant ? A l’instar du jeune David, Israël lança son armée dans la bataille, et le « miracle », aux yeux du monde ébahi, se réalisa au bout de six jours. Certains Juifs religieux, jusqu’à présent assez sceptiques à l’égard du projet sioniste, nous ont laissé entendre lors de conférences données à la synagogue et d’autres lieux publics, que la victoire totale et foudroyante sur les États arabes, tout particulièrement la débâcle de l’armée égyptienne, était comme une réédition de la victoire de David sur Goliath, et signifiait que Dieu était avec Israël. Quelques uns d’entre eux, dont le professeur André Neher et le Grand rabbin de Strasbourg, Warschawski ont fait leurs valises pour émigrer en Israël.Cette référence à cet épisode biblique donne une image fort intéressante des relations conflictuelles existant entre les pays arabes et Israël ; l’image du géant maladroit, haineux, stupide, bestial même, vociférant ses imprécations, géant terrassé par le jeune, intrépide et subtile David est toujours d’actualité. Mais une lecture attentive du mythe biblique nous montre que, contrairement aux croyances populaires, David est confiant et sa victoire sur le Philistin ne fait pas l’ombre d’un doute ; de même , une analyse des documents mis à jour aujourd’hui démontre l’écrasante supériorité de TSAHAL sur les armées des État arabes. Les vociférations de certains dirigeants arabes, dont celles de Choukeiry premier dirigeant officiel de la résistance palestinienne, ont été savamment manipulées par les services de propagande sioniste et quelques mouvement de troupe égyptiennes à Gaza et dans le Sinaï ont servit de prétexte à une guerre d’agression préventive qui devait permettre à Israël d’étendre son « Lebensraum » conformément au projet sioniste de conquête de la Palestine.Le récit de cet épisode biblique, comme quelques autres du même genre, est assez cocasse et surtout hautement significatif d’un certain triomphalisme des Juifs, qui se sentent soutenus par Yahvé dans leur lutte contre le « géants » et les peuplades hostiles :«David prit son bâton en main, il se choisit dans le torrent cinq pierres et les mit dans son sac de berger, sa giberne puis, la fronde à la main, il marcha vers le Philistin. Le Philistin s’approcha de plus en plus près de David et, lorsqu’il le vit, il le méprisa car il était jeune – il était roux, un jeune homme de belle apparence. Le Philistin dit à David : « Suis-je un chien pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? » et le Philistin maudit David par ses dieux. Le Philistin dit à David : « Viens vers moi, que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. » Mais David répondit au Philistin : « Tu marches contre moi avec épée lance et javelot, je marche contre toi au nom de Yahvé Sabaot, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défiées. Aujourd’hui Yahvé te livrera en ma main, je te tuerai, je te décapiterai, je donnerai même aujourd’hui ton cadavre et les cadavres de l’armée des philistins aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages. Toute la terre saura qu’il y a un Dieu en Israël, et toute cette assemblée saura que ce n’est pas par l’épée ni par la lance que Yahvé donne la victoire, car Yahvé est maître du combat et il vous livre entre nos mains…… David triompha du Philistin avec la fronde et la pierre : il frappa les Philistin et le fit mourir, il n’y avait pas d’épée entre les mains de David. David courut et se tint debout sur le Philistin ; saisissant l’épée de celui-ci, il la tira du fourreau, il acheva le Philistin et lui trancha la tête.Les Philistins, voyant que leur champion était mort, s’enfuirent. Les hommes d’Israël et de Juda se mirent en mouvement, poussèrent le cri de guerre et poursuivirent les Philistins jusqu’aux approches de Gat jusqu’aux portes d’Eqrôn. Des morts philistins jonchèrent le chemin depuis Shaarayim jusqu’à Gat et Eqrôn. Les Israélites revinrent de cette poursuite acharnée et pillèrent le camp philistin (Premier Livre de Samuel Ch. 17 § 40 à 53)Remarque :Pour éviter les conséquences désastreuses pour Israël de l’expédition sur le Canal de Suez en 1956, un coup d’épée dans l’eau, dès le déclenchement des hostilités en juin 1967, le président du Conseil israélien Lévy Eshkol envoya une lettre d’explication au Président Kossyguine pour justifier Israël et éviter toute intervention de l’URSS en faveur de son allié, l’Egypte, en ces termes : « Il s’agit d’un dessein impitoyable de détruire l’Etat d’Israël, qui représente les traditions, les sacrifices et les espoirs d’un vieux peuple qui, dans cette génération, a perdu six millions des siens, massacrés dans une tragédie sans comparaison dans l’histoire.Après cette « victoire miraculeuse », la propagande israélienne a envahi notre espace politique local pour nous expliquer les conséquences bienheureuses de cette guerre prometteuse, selon les différents intervenants, pour l’avenir de la paix. En janvier 1968, nous avons eu l’honneur et l’avantage d’assister à la Synagogue de la Paix à Strasbourg à une conférence d’André Chouraqui, écrivain, Délégué permanent de l’Alliance Israélite Universelle, conseiller de David Ben Gourion, membre du Comité central du Parti travailliste après avoir adopté en 1959 la nationalité israélienne tout en conservant la nationalité française, il est connu pour sa monumentale traduction de la Bible intitulée : La Bible hébraïque et le Nouveau Testament De 1965 à 1973 il occupe le poste de maire adjoint de Jérusalem, spécialement chargé de la culture et des relations interconfessionnelles, et c’est à ce titre qu’il était venu nous entretenir sur cette victoire miraculeuse d’Israël dans un combat que Israël n’avait ni prévu, ni voulu. Avec un sérieux imperturbable, André Chouraqui tient son assistance en haleine, avec des paroles dont nous nous contenterons de citer quelques extraits de plus significatifs, conformes aux thèmes développés avec une évidente bonne conscience, une incontestable sincérité que nous avons entendus comme une psalmodie sans cesse répétée après cette victoire miraculeuse :« Nous avons été confrontés à un combat que nous n’avions ni prévu, ni voulu. Le 7 juin marque la rencontre d’un peuple avec son éternité, le Mur des lamentations représente l’emblème de l’espérance. Nous n’avons fait qu’assister à l’événement de la réunion d’une ville déchirée .Jérusalem ville de David, est redevenue la capitale d’Israël comme scellée pour l’éternité. Cette victoire permettra une mise au clair du conflit judéo-chrétien, je m’emploierai à en ouvrir de voies nouvelles en mettant en place un Institut œcuménique à Jérusalem dans lequel le judaïsme occupera une place centrale. Grâce à la renaissance de l’Etat d’Israël. Après la prise de Jérusalem, les soldats se battaient le cœur poitrine découverte pour manifester cette joie à la fois immanente et transcendante.Ce conflit judéo arabe reste pour moi incompréhensible, le sionisme n’est-il pas le frère jumeau de l’arabisme, deux univers structurés à l’identique avec le même Dieu et une même politique anti coloniale ?Plus profondément, Israël et Ismaël ne sont-ils pas frères depuis la nuit de temps ? N’ont-ils pas en communs le même amour de la Terre Sainte ? Grâce à cette à cette victoire nous allons entrer dans une période de réconciliation durable dans la mesure où les Arabes deviendront réalistes et comprendront a signification de leur défaite et accepteront de profiter des bienfaits de notre civilisation. Les réalités profondes sont plus réelles que les bombes lancées par les terroristes et les maisons que nous faisons sautent en guise de représailles nécessaires. Il n’y a donc rien de commun entre le conflit israélo-arabe et le Vietnam ou l’Algérie, et ceux qui font la danse du scalp, s’aventurent dans ce genre de comparaisons incongrues n’ont à la fois rien compris à ce qui nous unit et sèment le doute parce que cela doit les gêner que Israël soit victorieux.Israël est la société la plus égalitaire du monde, c’est une société où l’homme est roi. Jérusalem est la ville qui se situe au carrefour de l’Orient et de l’Occident. Notre siècle se déshumanise parce que c’est le règne des masses, alors que Israël est une expérience réalisée par un petit nombre. Jérusalem représente une espérance nouvelle pour le monde, espérance fragile, mais en face de la puissance novatrice accumulée dans l’humain juif il faut espérer. Notre responsabilité est à la fois lourde et rayonnante de joie, claire comme le regard des soldats qui allaient au combat poitrine découverte sans peur de la mort, qui par cette attitude apparaître cette victoire humainement incertaine mais cependant divinement certaine, permettant ainsi d’accomplir ainsi les idéaux qui jadis furent prêchés à Jérusalem. Comme nous sommes un peuple déjà restructuré, il nous appartient de restructurer les Arabes par notre éducation dispensée avec une bienveillante attention pour que demain les Arabes nagent dans les eaux vives de l’univers hébraïque alors que nous nagerons à notre tour dans le monde arabe.En ces temps bienheureux, nous avons assisté à une vraie flambée de foi en Israël, personne ne s’est attribué le mérite de cette victoire parce que quelque chose de transhistorique s’est passé, c’est le Cantique des Cantiques qui a gagné la guerre et fera règner la paix comme cela est écrit. Remarque Suite à cet exposé remarquable, nous nous sommes permis, en tant que mécréant, d’émettre quelques doutes. Pour toute réponse, André Chouraqui a admis avec beaucoup de délicatesse qu’il ne pouvait obliger personne à voir dans cet Evènement une intervention divine, mais que ce qui s’était passé, cette victoire si rapide, si inattendue sur cette gigantesque coalition des pays arabes, ne pouvait trouver une explication rationnelle, mais qu’en tant que croyant instruit par la sainte Bible, il se donnait le droit d’y voir les traces d’une intervention divine.Quant à la générosité d’Israël pour s’attacher à résoudre le problème que je m’étais permis de mettre en doute, Monsieur Chouraqui en fut très offusqué en affirmant que seule la ville de Jérusalem intéressait vraiment Israël tout prêt à restituer aux Palestiniens une partie des territoires occupés, à conditions qu’ils acceptent l’installation de colons juifs appelés à réaliser leur rêve séculaire, et qu’en tout état de cause, il fallait bien admettre que la vraie patrie des Palestiniens était bien la Transjordanie, alors que la Judée et la Galilée étaient bien des territoires ayant appartenu dans le passé au peuple juif qui peut se donner le droit, que leur confère cette victoire prodigieuse, d’y habiter.Devant cette assemblée conquise à « la bonne cause », je me suis retiré dignement, sans manifester ma colère, mais profondément indigné par tant de bonne conscience et d’abjecte condescendance profondément biblique

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