ISRAËL LUMIERE DE L'OCCIDENT(suite)

II) SIONISME ET JUDAÏSME des rapports complexes et bien avérés L’expansion d’Israël conforme au Projet sionisteISRAËL UN ETAT SOCIALISTE ! ISRAËL UN ETAT PAS COMME LES AUTRES ? ! Introduction à un débat dans le cadre de l’Association Justice et Paix en Palestine, à l’aumônerie universitaire protestante de Strasbourg : septembre 1969 Regard critique sur les propos tenus dans les années 1960/70 par : « les sionistes de gauche », et (ou) autres « humanistes » qui se disent athées ou agnostiques.Selon certains progressistes, plus particulièrement pour les trotskistes faisant partie de la « Ligue communiste » dirigée par Alain Krivine, dans leur publication « Avant Garde », on nous apprend, que non seulement Israël ne peut être considéré comme un fait colonial, mais que : « Israël est l’incarnation même du combat de la liberté que mène le Tiers Monde », et pourtant, paradoxe suprême, l’Etat hébreu est cependant solitaire au cœur de ce Tiers Monde ». Cette solitude serait due au fait que Israël, un Etat « socialiste original », apporte une réponse exemplaire par sa construction, sa mise en oeuvre d’un socialisme à la fois démocratique et efficace au Moyen Orient. Remarque En mai 1968, sur les marches du Palais universitaire, notre motion pour dénoncer le colonialisme sioniste a non seulement été rejetée, mais nous avons été accusés, tout particulièrement par les trotskistes locaux d’antisémitisme. Cette accusation a perdurée jusque dans les années 2000, quand la Ligue Communiste Révolutionnaire a viré sa cuti.Le « socialisme » au Moyen-Orient devient l’un des thèmes favoris de ces « Messieurs », un socialisme inspiré par les Juifs qui ont eu la « chance » de profiter de la « culture progressiste occidentale », culture qu’ils sont prêts à faire partager avec les peuples arabes.Certes ces « Messieurs » critiquent certains dirigeants de l’État hébreu qui leur apparaissent comme trop réactionnaires, ils souhaitent la victoires des « colombes » (les messagers de la paix) lors de prochaines consultations électorales, ils souhaitent une dépendance moins étroite entre Israël et les Etats Unis. Mais pour ces « messieurs », il n’est pas question de reconnaître la légitimité de ce qu’ils appellent « le terrorisme arabe », il n’est pas question de remettre en cause la légitimité de l’existence d’Israël. Ils préconisent le dialogue israélo-palestinien, mais ne reconnaissent pas, tout autant que l’Etat hébreu, le seul interlocuteur valable à nos yeux, ceux qui se battent contre Israël c’est à dire les organisations de la Résistance palestinienne. Ils nous parlent de « paix », mais ne remettent pas en causes les rectifications des frontières appelées « nouvelles frontières sûres ». Ils proposent une « coexistence pacifique entre une entité israélienne (Israël dans toute sa splendeur) et une entité arabe « socialiste » mal définie, mais qui serait liée à Israël, le « Grand Frère ». Ces « Messieurs » nous disent que les Arabes feraient mieux de se débarrasser de leurs colonels, que de s’en prendre à l’État hébreu. Selon ces « Messieurs », Israël ne serait qu’un « bouc émissaire » qu’utiliseraient les dirigeants arabes pour remédier à leur propre incurie, pour calmer une population mystifiée, mal informée quant aux « intentions réelles » d’Israël. Pour faire bonne mesure, les Palestiniens sont même accusés, à cause du « terrorisme », d’être à l’origine des « gouvernement réactionnaires en Israël. A entendre ces « Messieurs », les Palestiniens devaient se sacrifier, se mettre à genoux devant la « Pax judaïque » aux couleurs du socialisme juif !Dans une autre sphère politique, comme par exemple, l’humaniste agnostique, Morvan Lebesque, rédacteur du « Canard Enchaîné » ou d’autres prétendus « amis des Arabes » (ils nous rappellent à chaque détours de leurs panégyriques qu’ils ont des « amis arabes », certains d’entre eux nous disent qu’ils soutenaient le F.L.N. au moment de la guerre d’Algérie), sont bien touchants quand ils nous tartinent leur profession de foi de « sioniste progressiste » : « Je suis sioniste parce que le sionisme est nécessaire à l’équilibre du monde. Le sionisme est la garantie de l’existence des Arabes, dans la mesure où le peuple juif est refixé et inaltérable eux aussi sont fixés et inaltérables. C’est un prix dérisoire que de payer cette certitude historique par l’aménagement de quelques réfugiés du reste réalisable en commun et le plus heureusement possible » (Morvan Lebesque « Canard Enchaîné »)Au nom d’un « socialisme utopique », ces « hommes de gauche» font bon marché des Palestiniens, de leurs terres volées par Israël et ils rejoignent objectivement les positions des sionistes « réactionnaires » auxquels ils prétendent s’opposer. Leur critique du sionisme est une critique superficielle, petite bourgeoise, détachée de la réalité, car cette réalité, comme nous l’avons déjà entrevue, et nous allons y revenir apporte un démenti cinglant à leurs élucubrations. L’Etat juif au Moyen-Orient est historiquement et très concrètement un état colonial, impérialiste.Il appartient au peuple Arabe de se sortir de ses contradictions ; les Arabes n’ont pas besoin de quelqu’un qu’ils n’ont pas appelé à leur aide, de quelqu’un qui en guise d’amitié s’installe chez eux en les expulsant de leurs maisons, en confisquant leurs terres, de quelqu’un qui parle le langage des fusils et de canons avant d’engager tout « dialogue », de quelqu’un qui conscient de sa supériorité va les dominer , les exploiter avec la bénédiction et l’aide financière de l’impérialisme Yankee et des puissances financières juives, comme le Fond d’Aide des Communautés JuivesA y voir de plus près, les « régimes des colonels arabes » n’ont rien à envier au « régime des colonels paysans juifs », Sharon, Shamir et Cie…Par ailleurs il est de notoriété publique (et pourtant peu de gens le savent) que les « kibboutzim » soit disant joyaux du socialisme sioniste servent plus au folklore, au tourisme et à la propagande qu’à l’économie américaine. (Ils réalisent 4% de la production agricole. Et ce qui est bien plus grave encore, il est à noter que la plupart des Kibboutzim dans les « territoires occupés » sont une copie fidèle des « hameaux stratégiques », leur but essentiel est de créer des « îlots pacifiés » et puissamment fortifiés à l’intérieur d’un pays hostile ; ils répondent, selon les Israéliens à des « impératifs de sécurité », et en tout état de cause ils constituent des avant-postes permettant à Israël de concrétiser sa vocation « civilisatrice » et son Droit au Retour sur la Terre Sainte : « L’absence de toute installation dans les nouveaux territoires sera interprétée comme un signe de faiblesse et fera douter du droit d’Israël à s’établir dans ces territoires. Elles ne feraient qu’éloigner les chances de paix. Le sionisme ne peut être réalisé que dans une Palestine non divisée » (M. Galili au Congrès du Mouvement Ha kibboutz Hamouhad)Mais par delà cette phraséologie humaniste qui couvre d’un voile pudique les actes de brigandages réalisés en Palestine par les Juifs, ce qui fait autorité aujourd’hui c’est bien la notion de « fait accompli » que nos « bonnes âmes » justifient et dénoncent de ce fait, au nom du « réalisme », au nom de la « logique de l’Histoire » ce qu’ils appellent l e « Refus Arabe », une attitude improductive qui empêche que se réalise la « Paix ».ISRAËL, la politique du « fait accompli » et le « Refus arabe » ! ?Selon certains sionistes de « gauche », ceux qui veulent bien admettre que l’Etat hébreu fut à l’origine un fait colonial, une création artificielle : « Il y a désormais en Palestine une situation de fait dont on peut approuver ou désapprouver la genèse mais qui est irréversible : il y a un Etat juif ; plus de deux millions de Juifs y vivent ; ils ne s’en iront pas. »« Refuser de reconnaître l’existence d’Israël,refuser, malgré les défaites, de traiter avec l’État juif, exprime un mécanisme de défense psychologique profond :c’est la négation de l’humiliation, l’affirmation qu’en dépit de tout et à la longue, la grandeur arabe s’affirmera ».(Saul Friedländer : Réflexions sur l’Avenir d’Israël Édition du Seuil pages 16 et 24)Cette situation de fait, ce « fait accompli », (mot clé dans la littérature sioniste) a été, et est toujours contesté par les palestiniens et les peuples arabes malgré quelques tentatives de conciliation de la part de certains dirigeants d’Etats arabes.Les agressions israéliennes ont eu pour genèse, non le danger militaire que pouvaient leur faire courir des Etats arabes militairement inférieurs, les dirigeants sionistes reconnaissent et vantent la supériorité militaire de l’Etat hébreu malgré l’aide apportée à l’Egypte par l’Union Soviétique, mais ce sont bien les visions annexionnistes des dirigeants israéliens que la résistance palestinienne tente de contrecarrer..Les Israélites, selon nos « humanistes de gauche », ont le droit de vivre en Israël, et les Palestiniens ont le devoir de s’écraser devant le « fait accompli », l’existence d’un Etat hébreu qu’ils souhaiteraient un peu moins réactionnaire et un peu moins ostensiblement annexionniste. Ils estiment qu’Israël devrait se limiter aux annexions nécessaires à sa sécurité et à sa survie dans un monde arabe encore hostile. Aux Palestiniens ils prêchent la modération, ils condamnent vertueusement les actes de la résistance palestinienne qui ne sont que des actes de terrorisme parce que « ces Messieurs » considèrent que : « Le terrorisme arabe n’est pas convertible en une politique que la gauche européenne puisse reprendre, soutenir, amplifier » (Fernand Rohman)Ces « Messieurs » s’indignent parce qu’il est évident, pour eux, que les Juifs « opprimés » durant 2000 ans ne peuvent, d’aucune manière, devenir des oppresseurs, ils feignent d’oublier que l’Etat hébreu a été crée et ne peut survivre qu’avec l’aide et la complicité de la finance juive et des impérialiste yankee auxquels ils rendent bien service en jouant le rôle de gendarme au Proche Orient et ils oublient aussi une règle comportementale observée par la psychologie qui dit en substance ceci : l’opprimé devient souvent un oppresseur, sans en faire une règle générale sur le plan politique, force nous est de constater que les juifs se conduisent comme des oppresseurs arrogants et dominateurs à l’égard des Palestiniens.Ces « Messieurs » feignent d’ignorer que le nationalisme juif n’est que la feuille de vigne cachant la nudité hideuse, sordide du colonialisme, d’une volonté de puissance, de domination, d’exploitation d’une région sous développée. Ils voudraient nous faire croire que les annexions de l’Etat hébreu ne sont qu’une péripétie historique qu’il faut imputer à la « mauvaise volonté « des Arabes ? Ils voudraient nous faire croire qu’une négociation est possible entre Israël et des représentants palestiniens qui ne seraient pas impliqués dans les Organisations de la Résistance palestinienne…Ces « Messieurs » oublient que les Palestiniens sont en état de légitime défense et que leur seule chance d’obtenir la reconnaissance de leurs droits est la lutte armée, et qu’en dehors de cette lutte il n’y a rien, pas grand-chose, à espérer d’un Etat fondamentalement colonialiste pour les Palestiniens.Leurs prières ou leurs vœux pieux n’ont leur ont jamais rien apporté d’autre qu’une longue succession d’expropriations ; l’union sacrée des « faucons » et des « colombes », de la gauche et de la droite, du Likoud au MAPAM depuis juin 67 montre, s’il en était besoin, l’antagonisme entre les droits des Palestiniens et l’existence de l’État d’Israël.Les Israéliens parlent de paix et ils font la guerre, ils parlent de dialogue et n’aspirent qu’à la domination politique et économique du Moyen Orient.Les sionistes se plaignent de la haine des Arabes à l’égards d’Israël, des « caricatures antisémites » attribuées aux Arabes constituent le fond de commerce de la propagande sioniste pour émouvoir l’opinion publique et faire oublier les agressions quotidiennes, la répression sauvage de la soldatesque israélienne : bombardements au napalm des zones de résistance, dynamitages des maisons et expropriation des Palestiniens suspectés d’appartenir à un réseau de résistance (de terrorisme pour les Israéliens) , torture des prisonniers politique constituent le lot quotidien, la menace permanente qui pèse sur les Palestiniens des territoires occupés… Face à une telle « générosité » de la part des Israéliens « le Refus arabe » brocardé par nos « humanistes » s’explique aisément, les Palestiniens n’ont nullement l’intention d’être « les Peaux Rouges » de Juifs. Et pourtant la propagande sioniste ne cesse de parler de ce « Refus » comme s’il s’agissait d’une anomalie, d’un acte irrationnel, d’une absurdité : « Le mal dont souffrent les arabes : c’est la méconnaissance. La méconnaissance du réel, la négation mytho maniaque de l’interlocuteur » (Eliane Amado Lévy- Valensi : Isaac gardien de son frère page 18).Les origines de ce « Refus arabe », de cette négation de la réalité, Mme Amado Levy-Valensi, psychanalyste juive les situe dans l’absence de dialogue entre l’homme et la femme chez les arabes : « L’histoire d’Isaac et d’Ismaël est l’histoire d’un amour fraternel perdu par suite d’un rouage brisé, manquant ou fou dans le rapport d’Ismaël et sa lignée féminine. Et c’est Isaac qui est le responsable de son frère ». (Lévy Valensi page 59) Il n’est pas dans nos intentions de faire une étude comparée du rôle de la femme dans les pays arabes et dans les communautés juives d’Israël, mais nous noterons tout simplement que chez les Palestiniens les plus farouchement antisionistes, les femmes luttent côte à côte et à égalité avec les hommes, prennent des initiatives, animent la résistance palestinienne.Pour nous montrer à quel point les Israéliens sont prêts à promouvoir les femmes arabes, Mme Levy-Valensi cite la clémence des tribunaux israéliens à l’égard des « femmes terroristes » ! N’est-ce pas là au contraire la preuve que pour les Israéliens, la femme reste inférieure à l’homme, et quelque part irresponsable de ses actes.« Le Refus » arabe, est contrairement à ce que nous rabâchent les discours sionistes la manifestation d’un réalisme, la soumission au Diktat israélien ne peut être qu’une capitulation hypothéquant l’avenir des Palestiniens. L’arrogance des Juifs d’Israël et leur supériorité militaire risque, si Israël persiste dans sa politique, de se retourner contre les Juifs d’Israël, le slogan de la propagande juive en juin 67 « 2 Millions de Juifs contre 80 Millions d’Arabes », et ces caricatures qui nous montrent les Juifs massacrés par les Palestiniens font toujours les choux gras de nos média, alors qu’on occulte les vrais massacres opérés par les juifs en Israël. Mais ces campagnes de propagande pour s’attirer les faveurs de l’opinion publique toujours prête à s’apitoyer, risquent de devenir un jour une réalité comme cela fut le cas pour les colons français de l’Algérie qui refusaient obstinément de traiter d’égal à égal avec les Algériens, et qui pour toute réponse à leurs révoltes envoyaient l’armée pour rétablir « l’ordre républicain »Pour conclure L’avenir de la paix, un avenir bien bouchéL’appel de Yasser Arafat à une opinion mondiale anesthésiée par la propagande sioniste nous laisse un goût amer de révolte « Il est temps que l’opinion mondiale prenne conscience des véritables données du problème. La question n’est pas notre prétendue intention de jeter les juifs à la mer, mais bien les fait que les sionistes ont déraciné tout un peuple, le peuple palestinien et l’ont jeté dans le désert. Pendant vingt ans l’opinion mondiale nous a ignorés. Sait-elle seulement combien de millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont morts de phtisie ou de sous alimentation. Sait-elle que toutes les fois que la machine de guerre israélienne se met en marche, écrasant tout sur son passage, des régions entières peuplées d’Arabes sont vidées de leur population, qu’il y a actuellement plus d’un million et demi de réfugiés, alors qu’il y en avait déjà un million en 1948 »« Emus » par la misère des Palestiniens, ceux qui sont restés en Palestine, qui n’ont pas été chassés par la soldatesques israélienne, ceux que les Juifs considèrent comme des « réfugiés » sur une Terre dont ils revendiquent le « Titre de Propriété » au nom de leur Sainte Histoire, les Israéliens veulent bien apporter leur généreuse contribution à l’amélioration du sort de ces Palestiniens, quant aux autres, ceux qui sont dans des « Camps de réfugiés » au Liban, en Jordanie ou en Syrie, ils estiment que c’est aux pays arabes de s’en occuper, de les intégrer.A ces Palestiniens, ils consentent à leur donner les miettes de la « Table du Seigneur », un territoire entouré de kibboutzim fortifiés et quadrillé par l’armée israélienne gardienne de la paix et de la sécurité d’Israël face à d’éventuels actes de « terrorisme », que cela plaise ou non aux Palestiniens n’a aucune espèce d’importance puisque Israël est le maître du jeuL’OLP a inscrit dans son programme : « La destruction des structures sionistes et racistes de l’Etat d’Israël avant l’établissement d’une Palestine laïque et démocratique »Les sionistes entretiennent la confusion en agitant l’épouvantail du génocide alors qu’il s’agit tout simplement de la seule solution possible d’une paix équitable ; parce que tant qu’Israël maintient la loi inique du Retour et revendique ses droits au nom d’un passé mythique et considère les Palestiniens comme des sous-hommes, refuse de reconnaître leur droit tout accord ne peut être qu’un marché de dupes. L’OLP revendique, à juste titre la mise en place d’un Etat où Juifs et Palestiniens vivraient sur un pied d’égalité, sans distinction de « race » ou de religionRemarques actuelles Le texte ci dessus a constitué une introduction à un débat dans le cadre de l’Association Justice et Paix en Palestine, à l’aumônerie universitaire protestante de Strasbourg : septembre 1969.Quand on lit les déclarations faites par Arafat,fin des années 60, on peut prendre conscience de tout un cheminement, de tous ses "renoncements", de toutes ses concessions qu'il a faites en 1993 au nom de ses concitoyens palestiniens, dans l'espoir de la paix avec Israël.Aujourd’hui comme hier, pour toute réponse Israël poursuit sa Grande œuvre de civilisation. Le soc de la charrue et le fusil en bandoulière qui symbolisait le bon "kibboutzique" a été remplacé, progrès oblige, par les missiles tirés des chars et les bulldozers qui ratissent les décombres

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