fxavier
Enseignant retraité
Abonné·e de Mediapart

582 Billets

0 Édition

Billet de blog 21 mars 2010

ISRAËL: La guerre des six jours

fxavier
Enseignant retraité
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La guerre de 1967et l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de GazaLes Egyptiens sont-ils vraiment à l’origine de la guerre de 1967, ainsi qu’Israël l’a toujours affirmé ?L’ancien commandant de l’armée de l’air, le général Ezer Weitzman, faucon réputé, affirma qu’il n’y avait pas de ‘menace de destruction’ mais que l’attaque de l’Egypte, de la Syrie et de la Jordanie était néanmoins justifiée pour permettre à Israël ‘d’exister par rapport à la taille, l’esprit et la qualité qu’il incarne.’… Menahem Begin fit la remarque suivante : ‘En juin 1967, nous étions de nouveau face à un choix. Les concentrations militaires égyptiennes dans les voies d’accès au Sinaï ne prouvaient pas que Nasser allait vraiment nous attaquer. Soyons honnêtes avec nous-mêmes : C’est nous qui avons décidé de les attaquer.’ Noam Chomsky, "The Fateful Triangle."Je ne crois pas que Nasser voulait la guerre. Les deux divisions qu’il envoya dans le Sinaï n’auraient pas été suffisantes pour lancer une offensive. Il le savait et nous le savions. Yitzhak Rabin, chef d’Etat-major interarmées en 1967, Le Monde, 28/2/1968.Les déclarations posthumes de Moshé Dayan à propos du plateau du GolanMoshé Dayan, le célèbre chef militaire qui donna l’ordre, en 1967, en tant que ministre de la défense, de conquérir le Golan, … [rapporta] que de nombreuses escarmouches avec les Syriens furent provoquées par Israël ; et les habitants des Kibboutzim, qui faisaient pression sur le gouvernement pour prendre le plateau du Golan, étaient moins motivés par des raisons de sécurité que par l’extension de leurs exploitations… [Dayan rapporta] ‘Ils n’essayèrent même pas de cacher leur convoitise des terrains… Dans la zone démilitarisée où nous ne pouvions rien faire, nous avions prévu d’envoyer un tracteur pour labourer quelque endroit sachant d’avance que les Syriens se mettraient à tirer. S’ils ne tiraient pas, nous dirions au conducteur d’avancer plus loin jusqu’à ce que les Syriens finissent par être énervés et tirent. Et après, nous utiliserions l’artillerie et encore plus tard nous y ajouterions la force aérienne, et c’est ce qui c’est passé… Les Syriens, au quatrième jour de la guerre, ne constituaient plus une menace pour nous.’ The New York Times, 11 mai 1997.L’histoire de l’expansionnisme israélienAccepter la partition ne nous oblige pas à renoncer à la Transjordanie; on ne demande à personne de renoncer à ses idées. Nous sommes obligés d’accepter un Etat dans les limites territoriales fixées aujourd’hui. Mais ces frontières, selon les aspirations sionistes, concernent le peuple juif et aucun facteur extérieur ne pourra les limiter. David Ben Gourion, en 1936, cité dans "The Fateful Triangle" de Noam Chomsky.Le danger principal que pose Israël, en tant qu’Etat hébreu, à son propre peuple, aux autres Juifs et à ses voisins, réside dans la poursuite de son expansion territoriale, trouvant sa source dans l’idéologie, et de la série inévitable de guerres qui s’en suivra… Aucun politicien sioniste n’a jamais répudié l’idée de Ben Gourion selon laquelle la politique israélienne doit se baser (dans les limites de la considération pratique) sur la restauration des frontières bibliques comme frontières de l’Etat hébreu. Israël Shahak, professeur israélien, "Jewish History, Jewish Religion : The Weight of 3000 Years."Dans le journal personnel du Premier ministre israélien Moshé Sharatt, on y trouve un extrait datant de mai 1955 dans lequel il cite Moshé Dayan : [Israël] doit regarder l’épée comme le principal, sinon l’unique, instrument avec lequel il peut maintenir son enthousiasme au plus haut et contenir ses tensions morales. Pour ce faire, il peut – non, il doit – inventer des dangers, et pour y parvenir, il doit adopter la méthode provocations/représailles… Et surtout, espérons une nouvelle guerre avec les pays arabes pour que nous puissions enfin régler nos problèmes et acquérir notre espace. Cité dans "Israel’s Sacred Terrorism" de Livia Rokach.Mais l’occupation des terres arabes n’était-elle pas nécessaire pour garantir la sécurité d’Israël ?Le sénateur [J. William Fulbright] proposa en 1970 que l’Amérique garantisse la sécurité d’Israël par un traité officiel, le protégeant si nécessaire par des forces armées. En échange, Israël se replierait à l’intérieur de ses frontières de 1967. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies garantirait cet accord, et par conséquent, amènerait l’Union Soviétique – alors fournisseur d’armes et soutien politique aux Arabes – à s’y conformer. Tandis que les troupes israéliennes se retireraient du plateau du Golan, de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, elles seraient remplacées par des forces de maintien de la paix de l’O.N.U. Israël accepterait un certain nombre de Palestiniens sur son sol et les autres s’installeraient dans un Etat palestinien à l’extérieur d’Israël.Ce plan engendra un formidable soutien des éditorialistes aux Etats-Unis. La proposition, cependant, fut purement et simplement rejetée par Israël. ‘ Toute cette affaire dégoûta Fulbright,’ écrivit [son biographe Randall] Woods. ‘Les Israéliens ne voulaient même pas agir dans leur propre intérêt.’ Allan Brownfield dans "Issues of the American Council for Judaism." Automne 1997. [NdE : Il s’agissait d’une des nombreuses propositions similaires]Que s’est-il passé après la fin de la guerre de 1967 ?En violation de la loi internationale, Israël confisqua plus de 52% du territoire de la Cisjordanie et 30% de la bande de Gaza pour un usage militaire ou pour des implantations de populations civiles juives… De 1967 à 1982, Le gouvernement militaire d’Israël a démoli en Cisjordanie 1.338 maisons palestiniennes. Pendant cette période, plus de 300.000 Palestiniens ont été détenus sans procès, et pour des durées variables, par les forces de sécurité israéliennes. Intifada : The Palestinian Uprising Against Israeli Occupation éd. Lockman Beinin.L’opinion mondiale sur la légalité du contrôle israélien de la Cisjordanie et de la bande de GazaConformément à la charte des Nations Unies, il ne peut y avoir d’accroissement territorial par la guerre, même lorsqu’un Etat agit en légitime défense. La réponse des autres Etats à l’occupation par Israël est unanime pour dire que même si l’action d’Israël était défensive, son maintien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ne l’est pas L’Assemblée Générale de l’O.N.U. détermina que l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza par Israël constituait une négation de l’autodétermination et donc une ‘menace sérieuse et grandissante à la paix et à la sécurité internationale.’ John Quigley, "Palestine and Israel : A Challenge to Justice."Exemples d’effets provoqués par l’occupation israélienneUne étude menée par des étudiants de l’Université de Bethléem et rapportée par le Comité International de Coordination des O.N.G. à Jérusalem montrait que de nombreuses familles étaient privées d’eau courante pendant cinq jours d’affilée… L’étude va plus loin en montrant que, ‘les quotas sur l’eau restreignent les Palestiniens vivant en Cisjordanie et la bande de Gaza, pendant que les colons israéliens ont accès à des quantités pratiquement illimitées.’
Un voyage d’été dans une implantation juive au bord du désert de Judée, à moins de huit kilomètres de Bethléem, nous confirma l’inégalité au sujet de l’eau. Alors que les habitants de Bethléem devaient acheter l’eau à des camions citernes et à des prix prohibitifs, les pelouses des implantations étaient vertes. Les systèmes d’arrosage fonctionnaient à midi sous le soleil brûlant du mois d’août. Les cris des enfants nageant dans les piscines extérieures ajoutaient une touche supplémentaire à l’irréel. Betty Jane Bailey, dans "The Link", décembre 1996.
Il faut se souvenir que 90% des enfants âgés de deux ans et plus ont vécu l’expérience – et certains à de très nombreuses reprises – de l’armée [israélienne] forçant la porte de leur maison, frappant les membres de leur famille et détruisant une partie de leur mobilier. Nombre d’entre eux furent eux-mêmes battus, eurent les os brisés, furent aspergés de gaz lacrymogène, reçurent des balles ou virent de telles scènes se dérouler sur leurs frères et sœurs ou sur leurs voisins… L’orientation psychologique de l’enfant se trouve affectée par [l’absence] de sécurité. Il a besoin de se sentir en sécurité. Nous voyons les conséquences qui résultent de son absence. Dans notre étude, nous avons mis en évidence que les enfants qui ont été exposés à des expériences traumatisantes ont tendance à se radicaliser dans leur comportement et, plus tard, dans leur conviction politique. Dr Samir Quota, directeur de recherche au Programme de Santé Mentale de la Communauté de Gaza, cité dans "The Journal of Palestine Studies," été 1996, p.84.Il n’y a rien de comparable à la souffrance que l’on peut ressentir lorsque l’on écoute un [Palestinien] de 35 ans qui a travaillé pendant quinze ans comme journalier illégal en Israël pour constituer assez d’économies afin de construire une maison pour lui et sa famille, et qui retrouve un jour en rentrant du travail sa maison et tout ce qu’elle contenait écrasée par un bulldozer israélien. Lorsque je demandais pourquoi cela était arrivé – le terrain, après tout, lui appartenait – on me répondit qu’il reçut le lendemain de la part d’un soldat israélien un document stipulant qu’il n’avait pas l’autorisation de construire. Dans quel autre endroit du monde les gens ont-ils besoin d’une telle autorisation (systématiquement refusée) pour construire sur leur propriété ? Les Juifs ont le droit de construire, mais les Palestiniens jamais. Ceci est un apartheid. Edward Saïd, dans "The Nation", 4 mai 1998.Toutes les colonies juives des territoires occupés, établies lors de la guerre de 1967, constituent une violation patente des Conventions de Genève qu'Israël a signées.La Convention de Genève exige qu’une puissance occupante modifie le moins possible l’ordre existant durant son occupation. Un des aspects de cette obligation est de laisser le territoire aux gens qu’elle y a trouvés. Elle n’a pas le droit de faire venir ses propres nationaux pour peupler ce territoire. Cette interdiction se trouve dans l’Article 49 de cette Convention, qui stipule, ‘La puissance occupante n’a pas le droit de déplacer ou de transférer une partie de sa propre population civile dans les territoires qu’elle occupe.’ John Quigley, "Palestine and Israel : A Challenge to Justice."Extraits de rapports établis, lors de l’Intifada, par le Département d'EtatVoici quelques extraits des rapports régionaux émanant du Département d’Etat américain sur les pratiques relatives aux droits de l’homme de 1988 à 1991 1988 : ‘De nombreux morts et blessés auraient pu être évités’ si les soldats israéliens n’avaient pas utilisé leurs armes à feu lors de situations qui ne mettaient pas les troupes en danger de mort… Les troupes FDI (Force de Défense Israélienne] se sont servies de matraques pour frapper des Palestiniens qui n’étaient pas directement impliqués dans les émeutes ou qui refusaient d’obtempérer, et leur casser les jambes… Il a été établi qu’au moins treize Palestiniens sont morts de ces brutalités…1989 : Des associations de droits de l’homme ont accusé le personnel de sécurité en civil, agissant comme des escadrons de la mort, d’avoir tué sans sommation des activistes palestiniens, après qu’ils se furent rendus ou après qu’ils eurent été maîtrisés…
1991 : [Le rapport] ajoutait que les associations de droits de l’homme avaient publié ‘des rapports détaillés et crédibles de torture, de sévices sexuels et de mauvais traitements perpétrés sur des détenus palestiniens dans les prisons et les centres de détention. Paul Findley, ancien membre du Congrès, "Deliberate Deceptions."Jérusalem – Capitale éternelle et indivisible d’Israël ?Ecrivant dans le Jérusalem Report (28 février 2000), Leslie Susser faisait remarquer que les frontières actuelles furent dessinées durant la guerre des six jours. La responsabilité du tracé de ces frontières en revient au chef du commandement central, Rehavan Ze’evi. Elles ‘incluaient non seulement les cinq kilomètres carrés du Jérusalem-Est arabe – mais aussi les 65 kilomètres carrés de ses environs, constitués de campagne et de villages dont la plupart n’avaient jamais eu auparavant de lien municipal avec Jérusalem. En l’espace d’une nuit, ces étendues devinrent une partie de la capitale éternelle et indivisible.’ Allan Brownsfield dans le rapport de Washington sur les affaires du Moyen-Orient, mai 2000.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Au sud de l’Espagne, ces Algériens qui risquent leur vie pour l’Europe
En 2021, les Algériens ont été nombreux à tenter la traversée pour rejoindre la péninsule Ibérique, parfois au péril de leur vie. Le CIPIMD, une ONG espagnole, aide à localiser les embarcations en mer en lien avec les sauveteurs et participe à l’identification des victimes de naufrages, pour « soulager les familles ». Reportage.
par Nejma Brahim
Journal
Covid-19 : lever les brevets, une solution mondiale ?
Vaccination générale, nouveaux médicaments contre le Covid-19 : les profits des laboratoires pharmaceutiques explosent. Est-il envisageable qu’ils lèvent un jour leurs brevets ? On en parle avec nos invités Isabelle Defourny, de MSF, Jérôme Martin, cofondateur de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, et Rozenn Le Saint, journaliste santé à Mediapart.
par à l’air libre
Journal — Politique économique
Taxation de l’héritage : une lignée de fractures entre candidats à la présidentielle
La rationalité économique plaide pour un durcissement de l’impôt sur les successions, mais la droite se laisse aller à la démagogie en plaidant contre une hausse forcément impopulaire, dénonçant parfois un « impôt sur la mort ». La gauche cherche un équilibre entre justice et acceptabilité.
par Romaric Godin
Journal — Gauche(s)
Les partis de gauche opposés à la Primaire populaire durcissent le ton
Alors que le vote d’investiture de la Primaire populaire, qui compte déjà 288 000 inscrits, a lieu entre le 27 et le 30 janvier, les coups pleuvent sur cette initiative citoyenne. 
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle

La sélection du Club

Billet de blog
Lettre aux candidats : vous êtes la honte de la France
Course à la punchline, postillonnage de slogans... vous n'avez plus grand chose de politiques. Vous êtes les enfants de bonne famille de la communication. Vous postulez à un rôle de gestionnaire dans l’habit de Grand Sauveur. Mais je suis désolée de vous apprendre que nous ne voulons plus d’homme providentiel. Vous avez trois trains et quelques générations de retard.
par sarah roubato
Billet de blog
Élection présidentielle : une campagne électorale de plus en plus insupportable !
Qu’il est lassant d’écouter ces candidats qui attendent des citoyens d'être uniquement les spectateurs des ébats de leurs egos, de s'enivrer de leurs mots, de leurs invectives, et de retenir comme vainqueur celle ou celui qui aura le plus efficacement anéanti son adversaire !
par paul report
Billet de blog
Quand l’archaïsme du système des parrainages s’ajoute à celui du présidentialisme
La question de la pertinence du système des 500 parrainages revient régulièrement au moment de l’élection présidentielle. Plutôt que de revenir au système de l’anonymat des signatures, il serait préférable d’élargir le champ de la responsabilité de la sélection aux citoyens.
par Martine Chantecaille
Billet de blog
Primaire et sixième République : supprimons l'élection présidentielle
La dissolution de l'Assemblée afin que les législatives précèdent la présidentielle devrait être le principal mot d'ordre actuel des partisans d'une sixième République.
par Jean-Pierre Roche