JUDAÏSME SIONISME

JUDAÏSME ET SIONISME PRAMBULE Considération à propos du Dieu Vivant (Novembre 2001)Dieu une catastropheQuand je vois l’accueil délirant fait aussi bien en Amérique latine qu’en Pologne à Jean – Paul qui n’arrête pas de nous faire sa divine propagande. Quand j’entends ce vieillard impotent dénoncer « ces être humains qui tentent de ravir à Dieu ses prérogatives qui sont la connaissance du bien et du mal et son rôle de créateur de la vie », réitérer sa condamnation absolue de toute la recherche scientifique qui s’aventure dans la découverte des mystères de la vie, toute intervention des hommes pour soulager et abréger sa souffrance et proclamer comme contraires aux desseins de Dieu tout droit à l’avortement et même à la contraception….Quand j’entends ce « Saint Homme », ce représentant de Dieu sur terre, faisant l’admiration non seulement des foules imbéciles mais aussi de la majorité des « humanistes » qui se targuent d’une intelligence de philosophe, sociologue ou d’écrivain bien côtés en cour…. dénoncer tout ce qui risquerait de confisquer à Dieu ses pouvoirs régaliens, je ne puis être que révolté par tant d’obscurantisme dont on connaît les ravages qui sont patents pour ceux qui se donnent la peine de réfléchir … En tout cas, ce personnage vénéré me confirme dans l’idée que Dieu n’est pas ce que d’aucuns , comme Régis Debray, Jacques Duquesne, Jean - Claude Guillebaud Monseigneur Poupard et bien d’autres…., prétendent, et quand ils nous chantent les louanges de Dieu dans leurs interprétations « nouvelles » de la Sainte Bible qui ne sont que des resucées des exégètes qui les ont précédé et sauvé la religion biblique, tout particulièrement le Dieu d’Abraham du ridicule et de la mauvaise réputation qu’il prenait dans la première moitié du vingtième siècle Quand Régis Debray était venu à Strasbourg présenter son bouquin « Dieu un itinéraire», pour nous entretenir sur sa « rencontre avec Dieu » bien qu’il soit resté athée agnostique. Il nous, il nous causait de ses travaux de recherches « médio logiques », (une nouvelle science qui se situe entre la sociologie et le journalisme) je n’ai vraiment pas pu m’empêcher d’en rire. Quand avec un sérieux qui faisait l’admiration de la docte assemblée, Régis Debray nous parlait de la « médiologie » comme d’une « science nouvelle », parce que le médiologue ne se contente pas de pointer son doigt pour désigner la lune et fantasmer sur ce qu’il voit dans l’astre un soir de pleine lune », mais il regarde le bout de son indexe et s’interroge sur ce qu’il voit ! Et ce que Monsieur Régis Debray a « vu » après toutes ses années d’errance et d’interrogations, en lisant les Saintes Ecritures après s’être débarrassé de sa salopette de marxiste latino américain pour fréquenter les érudits et chercheurs de l’Ecole biblique de Jérusalem, avait de quoi épater l’assemblée et provoquer mes ricanements fort peu appréciés. Que ce Monsieur ait été saisi, non point par un « Appel » du Dieu Vivant, du « Tout Autre » qui vous rend fou et vous laisse sans parole, comme les mystiques en extase, mais d’émerveillement , d’étonnement face à ce Dieu d’Abraham qui serait à l’origine de la réflexion de l’homme sur lui même, de sa destinée au - delà du quotidien, réflexion qui serait fondamentalement absente dans les autres civilisations, et qu’il garde cette « révélation » dans le secret de son âme, ou en parle comme cela est arrivé à bien d’autres pourquoi pas ! Mais qu’il sa présente « découverte » comme le fruit d’une recherche scientifique est un comble, le comble de l’imposture qui consiste à dénoncer le rationalisme et l’athéisme militant comme une tare de l’humanité !Et quand Monsieur Régis Debray s’interroge naïvement (sic) …..Comment a – t – il pu se faire que Dieu ait mis autant de temps à faire son apparition, que les hommes aient mis autant de temps à « s’humaniser » c’est à dire à prendre conscience de l’existence de « Valeurs » qui dépassent l’homme dans sa contingence d’être transitoire, pour s’élever dans les hautes sphère de l’esprit de sacrifice qui fait, sans doute à l’image du Christ, la grandeur de l’homme ? Je ne puis m’empêcher de penser que Dieu est vraiment redevenu un « phénomène », cache misère d’une humanité en dérive. Que Dieu après avoir été mis dans les poubelles de l’histoire se refasse une santé cela s’inscrit dans une logique qui n’a vraiment rien d’extraordinaire puisque les zélotes de Dieu n’ont jamais désarmé et que la raison, qui est exigeante et à l’extrême opposée des propositions et propos du monothéisme, ait été supplantée par ce retour inopiné de Dieu, n’a rien d’extraordinaire puisque nos sociétés évoluent dans l’arbitraire le plus total tout en se revendiquant des principes démocratiques, et surtout la soumission librement consentie à nos VALEURS DE CIVILISATIONS est considéré comme la manifestation humaine la mieux appropriée de la liberté alors que la révolte est proscrite et traquée comme acte insensé et qualifié généralement d’acte terroriste Que Dieu apparaisse comme étant à l’origine du désir de connaissance de l’homme alors que après avoir fabriqué l’homme à son image comme cela est bien dit dans la Bible : « Dieu créa l’homme à son image, à son image il les créa homme et femme » Il s’est opposé durant toute l’histoire humaine à toute libération de l’homme sur qui pèse cette malédiction biblique : « Tu ne toucheras pas à l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, si non tu mourras », c’est à la fois historiquement et théologiquement un contresens que les recherches bibliques ont tenté et tentent de lever, parce que il est vrai que dans la très Sainte Bible et tous ceux qui s’en sont inspirés il y a, tout compte fait , à boire et à manger….Pour ce qui me concerne, après avoir pu croire, à la lecture des Pères de l’Eglise, de théologiens d’avant garde comme Hans Küng, Karl Rahner, Theillard de Chardin, le Père Congar etc. que Dieu était un Dieu libérateur, un Dieu d’Amour… etc. Toutes ces propositions se sont trouvées fondamentalement remises en causes quand je me suis trouvé confronté, au cours d’une célébration liturgique pendant mon service militaire à la fin de la guerre d’Algérie, à ces généraux qui menaient leurs danses macabres, comme cel se fait aujourd’hui, au NOM DE NOS VALEURS DE CIVILISATION contre le terrorisme !Quand je vois W Georges Bush larguer ses bombes au nom de la lutte contre LE MAL et Ariel lessiver la terre de Palestine de toute la « vermine terroriste », je ne puis m’empêcher que, contrairement à ce que dit Alioucha dans les Frères Karamazov : « Si Dieu n’existait pas tout serait permis » , c’est bien parce que Dieu existe que tout est permis à ceux qui sont, se croient être, ses créatures, à ceux qui se prennent pour des fils de Dieu Réplique à ChatnoirTon adresse à Dr. Franz n’est qu’une accumulation de faux sens et de contresens….Tout d’abord, pour moi, les exploits de Sharon s’inscrivent à leur manière dans le discours biblique, dans les injonctions faites par Dieu à son « peuple » pour la « reconquête de la terre que Dieu lui a donné en héritage … (voir le Deutéronome et Livre de Josué), si j’ai cité un passage des Evangiles « Qui n’est pas pour moi est contre moi » c’est parce qu’il correspondait au plus près aux méthodes expéditives et aux jugements sommaires de Sharon….Pour moi, Jésus le Nazaréen n’a jamais été autre chose qu’un Juif qui s’était pris pour le Messie alors qu’il n’était qu’un gourou d’une secte élevée au rang de religion tout particulièrement par Saint Paul, qui a lancé contre les Juifs les accusations le plus crapuleuses, comme tout converti, en traitant ses compatriotes juifs de peuple déicide en les invitant à se convertir pour une raison bien simple parce qu’il fallait donner ses lettres de noblesse à une « religion nouvelle » destinée à prendre le relais du judaïsme . En fait les Grand Prêtres avaient bien quelques raisons de condamner Jésus pour blasphème quand il se déclare être le Fils de Dieu, le Messie d’Israël alors qu’il faisait ses civilités à l’occupant romain, et vitupérait contre les Juifs, ce peuple à la nuque raide, qui ne croyaient pas à tout ce qu’il pouvait leur prêcher, comme d’autres que lui l’avaient fait en ces temps troubles.Les querelles de familles entre Juifs et Chrétiens, et mêmes entre chrétiens d’obédiences différentes relèvent tout simplement des problèmes de pouvoir et de notoriété. Je pense que sans Saint Paul qui a utilisé toute son érudition biblique pour épingler les Juifs et faire croire que le Christ avait vaincu la mort par sa résurrection glorieuse le troisième jour selon les prophéties des Saintes Ecritures, que notre mort n’était qu’une dormition dont Dieu allait nous en sortir pour peu que nous ayons la foi, les mésaventures de Jésus - Christ seraient restées un épisode comme bien d’autres dans l’histoire troublée du judaïsme de l’époque romaine.Plus sérieusement, pour moi « le péché originel » n’a rien à voir avec une quelconque accusation contre le judaïsme ou le sionisme ou les deux autres religion, comme tu sembles le sous entendre. C’est bien exactement le contraire de ce que je pense : le péché originel représente comme la construction de la Tour de Babel une tentative de l’homme de se libérer de la tutelle de Dieu. Si j’ai un reproche à faire au monothéisme abrahamique c’est bien ses condamnations passées et présentes de toute libération de l’homme par la mise au rancart de Dieu, mise au rancart dont je proclame l’urgente nécessité.Au passage, je te signale que le sionisme n’est qu’une manifestation bien mineure, quasiment provinciale à côtés des croisades et entreprises coloniales dont s’honorent le christianisme et l’islamisme, et qui me permettent de dénoncer la nocivité du monothéisme chaque fois qu’ il se permet de sortir de ses lieux de culte pour transformer le monde au nom de Dieu !C’est bien dans ce sens que je ne reconnais à aucune religion un droit quelconque qui dépasserait ses compétences, donc je ne reconnais aux Juifs pas plus qu’aux autres le droit de s’emparer d’une terre au nom de leur Dieu !A aucun moment je n’ai soutenu le slogan tes amis sionistes ou d’un quelconque illuminé qui se dit pro palestinien : « Arafat et Hamas, même combat » ; j’ai depuis toujours épinglé Arafat comme un collaborateur qui en signant les « Accords d’Oslo » dans des conditions humiliantes et une situation politique exécrable a permis en toute logique à Israël de doubler l’étendue de ses colonies dans les territoires occupés, j’ai aussi dénoncé ses discours démagogiques et vides de sens politique… Cela ne veut pas dire que je considère Arafat comme un fourbe mais bien comme un « pauvre homme » narcissique qui aura représenté, sans doute, la seule chance de paix qui était quasi unilatéralement favorable à Israël, et pour un sioniste modéré il y a de quoi se taper la tête contre un mur quand on voit toutes les tergiversations d’Israël face aux propositions honnêtes de paix faites par l’Autorité palestinienne.Tes démêlés avec Tsedek n’ont pour moi aucun intérêt autre que de me rappeler celles que j’ai pu avoir il y a quelques dizaines d’année où, en gros, je campais sur tes positions. Ce n’est pas Tsedek qui te donne tort, il ne fait que défendre une interprétation de la Bible qui se défend, qui a sa cohérence, au même titre que la tienne ; mais c’est bien le regard que je porte sur le monde après avoir viré ma cuti, qui me fait être sereinement athée, sans en vouloir à qui que ce soit à condition qu’il n’emmerde pas le monde au nom de Dieu…. Aspects essentiels du projet sioniste Aujourd’hui, quand certains « belles âmes » , tel que Beilin et Burg nous font l’éloge du sionisme « primitif » , plus particulièrement de Ben Gourion et tombent à bras raccourcis sur Ariel Sharon, que ces « Messieurs » accusent d’avoir trahi l’idéal sioniste, ils se trompent ou nous trompent sur la finalité du projet sioniste qui est l’établissement d’un Etat juif sur l’ensemble de la Palestine , à la façon dont Sharon, l’un des derniers monuments du sionisme « primitif », tente de le mettre en place, même avec quelque concession au « rêve primitif »A tout seigneur tout honneur, Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël écrivait, dans une lettre à son fils en 1936 : "Un Etat juif partiel n'est pas une fin, mais seulement un commencement. Je suis convaincu que l'on ne peut nous empêcher de nous établir dans les autres parties du pays et de la région." Et de préciser sa pensée au Conseil de Paalei Zion, futur Parti Travailliste, à Tel-Aviv en 1938 : "Les frontières des aspirations sionistes, incluent le Liban Sud, le sud de la Syrie, la Jordanie d'aujourd'hui, toute la Cisjordanie, et le Sinaï." Il importe de rappeler que après le vote du Plan de Partage par l’ONU, Ben Gourion a engagé Israël dans la guerre avec les pays arabes dans le but agrandir substantiellement l’Etat hébreu et d’en chasser les palestiniens conformément au projet sioniste tel qu’il est, on ne peut plus clairement exprimé Y. Weitz, et il a, logiquement refusé en 1949 de céder une quelconque parcelle des territoires conquis par Israël en échange de la paix avec les pays arabes.La guerre des « Six Jours » en 1967 devait être l’ultime étape du « Grand Israël » à laquelle Sharon s’est attelée avec obstination Joseph Weitz, chef du Service de colonisation de l'Agence juive, qui déclarait en 1940 :
« Entre nous, il doit être bien clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce petit pays. Si les Arabes s’en vont, il sera libre et ouvert pour nous. Si les Arabes restent, le pays restera étriqué et misérable. Quand la guerre sera finie et que les Anglais l’auront, quand les juges siégeront sur le trône de la Loi, notre peuple doit présenter ses besoins et ses droits, et la seule solution est la Terre d’Israël, ou au moins la partie occidentale de la Terre d’Israël (c’est à dire la Palestine) sans les Arabes. Il n’y a pas de compromis possible sur ce point. Jusqu’ici l’entreprise sioniste a fait du bon travail en préparant la création de l’Etat hébreu. Jusqu’ici on pouvait se contenter « d’acquérir » des terres, mais ce n’est pas cela qui fondera l’Etat d’Israël. Cela doit se faire d’un seul coup comme la Rédemption. (C’est le secret de l’idée messianique) Et il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins… Nous n'atteindrons pas notre but s'il y a des Arabes dans ce petit pays. Il n'y a pas d'autre issue que de transférer les Palestiniens d'ici dans les pays avoisinants, de les transférer tous. Il ne doit pas rester un seul village, une seule tribu. ". Quant au statut des Arabes restés dans la Terre d’Israël Uri Lubrani, conseiller spécial aux Affaires arabes du Premier ministre israélien David Ben Gourion , déclarait en 1960, reprenant ce qui est écrit dans le Deutéronome : "Nous réduirons la population arabe à une communauté de bûcherons et de serviteurs ». Pour clore ce tour d’horizon non exhaustif mais bien significatif, Raphaël Eitan, chef d'état-major des Forces armées israéliennes en 1983, pouvait renchérir sans que cela choque beaucoup de monde : "Nous déclarons ouvertement que les Arabes n'ont aucun droit à s'établir ne serait- ce que sur un centimètre d'Eretz Israël. Nous utiliserons la force extrême jusqu'à ce que les Palestiniens viennent à nos pieds en rampant. "(Gad Becker, " Yediot Aharanot ", 13 Avril 1983, New York Times, 14 Avril 1983) Le même Eitan clarifia plus tard sa pensée en indiquant : "Lorsque nous aurons pacifié le pays, tout ce que les Arabes pourront faire ce sera de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille. " Moralité…..Les "sionistes politiques" qu’ils soient de droite ou de gauche, possèdent une particularité qu'il y a lieu de bien intégrer dans nos esprits occidentaux : une continuité sans faille dans les discours qui se traduit dans les faits au quotidien En conséquence seule la résistance armée du peuple de Palestine, son insistance à faire respecter le droit international peut mettre un terme au rêve insensé rêve d’un Etat du peuple juif sur l’ensemble de la Palestine. Et c’est bien pour cette raison que tous les « accords de paix » dans lesquelles Israël impose son DIKTAT, comme dans les accords d’Oslo sont non seulement inopérants mais ont permis à Israël d’étendre ses colonies. CONSIDERATIONS PLUS TRIVIALES SUR : LA SPECIFICITE DU COLONIALISME SIONISTE !Préambule La destinée de la Palestine représente une anomalie, une déviation radicale par rapport au courant de l’histoire contemporaine. En effet, une multitude de peuples ont réussi à conquérir leur droit à l’autodétermination au moment même où les peuples arabes de Palestine sont mis dans l’impossibilité de s’opposer à l’aboutissement de la colonisation systématique à laquelle la Palestine est soumise depuis des décennies : expropriation forcée de la population indigène de sa propre terre, implantation d’une souveraineté étrangère et importation massive d’étrangers de préférence des Juifs rameutés par la propagande sioniste et attirés par des conditions de vie avantageuses par rapport à leur pays d’origine qui occupent les terres vidées de leurs légitimes habitants. (cf.: Marc Hillel « ISRAËL EN DANGER DE PAIX)CADRE HISTORIQUE ET ETAPES DU COLONIALISME SIONISTEA la fin du 19ième siècle, sous l’influence du Credo Nationaliste qui balayait l’Europe, et les aventures coloniales des « Nations chrétiennes », certains Juifs en étaient arrivés à se convaincre du fait que les liens religieux et prétendument raciaux entre Juifs constituaient une « nationalité » juive et leur conféraient le droit à la création d’un Etat juif., non pas en tant qu’avant poste d’une patrie métropolitaine, mais en tant que véritable patrie vers laquelle, tôt ou tard, la « Nation juive entière convergerait de toutes les parties du monde.Les tentatives improvisées de la colonisation juive de la Palestine entre 1882 et 1897 furent un échec, dans la mesure où les Juifs persécutés en Europe préféraient émigrer en Amérique, ce constat amena à un réexamen sérieux de la stratégie au cours du premier Congrès Sioniste, tenu à Bâle au mois d’août 1897 sous la présidence de Theodor Herzl. On mit en place un programme strictement nationaliste de colonisation organisée, assortie de buts politiques bien définies : « Le but du sionisme est la création en Palestine d’un foyer pour le Peuple Juif, garanti par la loi publique. Les sionistes ont préféré l’euphémisme « Foyer » au terme explicite d' « Etat ». Herzl, note dans son journal : « A Bâle, j’ai fondé l'Etat juif. Si je m’avisais de le proclamer aujourd’hui, tout le monde se moquerait de moi. Dans cinq ans peut-être, dans cinquante ans certainement, cela n’échappera plus à personne »SPECIFICITE DE LA COLONISATION SIONISTE.Les colons européens partaient soit dans l’espoir d’accumuler une fortune personnelle moyennant l’exploitation des ressources naturelles, soit de préparer le terrain ou de conquérir à l’annexion des territoires convoités par les gouvernements impérialistes. Les colons sionistes étaient poussés à coloniser la Palestine par le désir de conquérir pour eux même une IDENTITE NATIONALE et d’établir un Etat juif qui serait indépendant de tout autre gouvernement et qui, avec le temps, attirerait sur son territoire les Juifs du monde entier. Contrairement à la colonisation européenne dans d’autres territoires, la colonisation sioniste était dans son essence incompatible avec le maintien de la population indigène dans le territoire convoité.L’ALLIANCE DE L’IMPERIALISME BRITANNIQUE ET DU COLONIALISME SIONISTEJusqu’à la Première Guerre Mondiale, la colonisation sioniste livrée à elle-même n’avait pas réussi à progresser d’une façon significative. La politique britannique au Moyen –Orient avait été axé sur le maintien de l’intégrité de l’Empire Ottoman, ses intérêts étaient mieux garantis par un Empire Ottoman plutôt malléable. Mais quand la Turquie rallia le camp des Puissance Centrales en guerre, il fallut élaborer une politique de rechange. Au début, la Grande - Bretagne envisagea de substituer la domination impériale ottomane à une autonomie arabe, projet vite abandonné et les assurances anglaises d’indépendance faites aux Arabes s’ils se rangent aux côtés des Alliés n’empêchent pas le ministre des Affaires étrangères, Arthur Balfour, de promettre le 2 novembre 1917, dans une lettre adressée à Lord Rothschild que « Le gouvernement de sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer pour le peuple juif » Les troupes anglaises entrent à Jérusalem, le pays entièrement occupé en 1918 est placé sous administration militaire britannique, et en juin 1919 Lord Balfour précise bien que : « La Palestine est un cas unique. Nous traitons non point avec les souhaits de la communauté existante, mais recherchons consciemment à reconstituer une nouvelle communauté et à y édifier définitivement une autre majorité numérique dans l’avenir ».La Conférence de San Remo en 1920 confie la Palestine aux Anglais ainsi que la Transjordanie, alors que la France hérite du mandat sur la Syrie et le Liban L’Angleterre préside désormais aux destinées de la Palestine. Vis à vis des Palestiniens, sa politique est classiquement coloniale. Vis à vis de colons juifs, son jeu est plus compliqué. Des courants de l’administration et de la société anglaise favorables à la création d’Etat juif en côtoient d’autres qui voient dans le développement de cette communauté « revenue » en Terre sainte, un instrument de domination locale et régionale. La mainmise sur les terres palestiniennes se fait par l’intermédiaire du Fonds National Juif ; les contrats de vente sont soumis à la condition suspensive pour le vendeur, de déplacer les fermiers de la terre vendue soient et d’obtenir leur renonciation à toute réclamation ultérieure. En 1945 le total des terres en propriété juive s’élève à 6,58% de la Palestine.Entre 1920 et 1946, les quotas de l’immigration juive, sa réglementation, sa répression ou son encouragements par les Anglais au fil de leurs intérêts, la revendications des Juifs de la rendre illimitée, celles de Palestiniens de la stopper et d’interdire les ventes des terres aux sionistes sont des questions soulevées en permanence sous le Mandat, et donnent lieu à des affrontements sanglants .Malgré les danger qu’ils représentent, achat des terres et immigration sont insuffisants à l’accomplissement du projet sioniste. Le recours aux armes après la proclamation par l’O.N.U de l’Etat d’Israël sera par contre déterminant À PROPOS DE LA NAISSANCE ET DEVELOPPEMENT DU SIONISME SIONISME ET JUDAÏSME PREMIERE APPROCHEOn peut d’abord noter que tout particulièrement à ses débuts vers la fin du 19ème siècle Theodor Herzl, écrivain hongrois, auteur d’un livre « L’Etat Juif » fondateur du sionisme rasait les mûrs face aux communautés religieuses juives d’Europe centrale, qui si elles pouvaient psalmodier dans certaines de leurs imprécations « Demain à Jérusalem » trouvaient les idées propagées par les sionistes étaient des idées « folles » et mêmes dangereuses pour les communautés juives dans la mesure où les peuples arabes risquaient de se révolter contre la réalisation d’un injonction qui avait pris avec le temps une dimension « spirituelle », eschatologique. En tout état de cause, il ne pouvait être question d’accomplir ce « Retour » par la violence et par l’expulsion des arabes habitant sur la terre de Palestine….La très grande majorité des Juifs, surtout les Juifs croyants et pratiquants estimaient que les sionistes faisaient de la Torah une interprétation simpliste, littérale dangereuse pour l’avenir du judaïsme en tant que modèle moral et religieux pour les nations de la terre. Ils étaient bien conscients que le sionisme risquait d’entraîner les juifs à une aventure comparable à celle des chrétiens dans les croisades dont eux et les arabes ont été les victimes. ..Il faut bien reconnaître que la grande majorité des sionistes étaient à l’origine des juifs non croyants et non pratiquants, mêmes athées et communistes, ce qui ne faisaient que accentuer la méfiance de la communauté juive à leur égard. Mais ces « Messieurs » étaient bien conscients des intérêts que pouvaient représenter pour les juifs ce « Retour », en mobilisant, dans la bonne tradition coloniale du début du vingtième siècle, les juifs « pauvres » en vue de la réalisation de leur projet qui serait comme une revancheIl ne pouvait donc être question pour la plupart des Communautés juives que les Juifs aillent à la conquête de la Terre Sainte », de la Palestine en se référant à la Bible dont les rabbins avaient fait, comme les théologiens chrétiens une interprétation herméneutique c’est à dire une interprétation qui s’attache à la signification symbolique plus qu’à une interprétation littérale des textes sacrés. Face à cette opposition formelle de la majorité des Communautés juives, au Congrès sioniste de Bâle en 1897 Theodor Herzl se contenta de parler de la création d’un « Foyer National Juif » et d’une « occupation pacifique » par le rachat de terres à de grands propriétaires arabes, rachats financés par le Fonds International mis en place ultérieurement…Entre 1920 et 1936 l’immigration juive , quelques dizaines de milliers , s’est trouvée confrontée à une double résistance, bien sûr à celle des Palestiniens qui étaient chassés de leurs terres dont ils étaient les métayers vendues par des propriétaires arabes non résidents, mais aussi à celles de communautés juive de Palestine qui s’inquiétaient, à juste titre, des troubles causés par ces immigrants juifs qui érigeaient leurs kibboutzim en les entourant de fil barbelés et labouraient leurs terres le fusil sur l’épauleAvec l’a montée du nazisme, entre 1936 et 1945, quelques deux cents ou trois cents mille juifs se sont installés en Palestine d’une façon un peu moins agressive que les premiers colons et ont pu se caser en tant que réfugiés sans que cela pose trop de problèmes….Mais à la fin de la guerre, le mouvement sioniste a mis le paquet pour réaliser son projet qui se résume en deux termes : CONSTRUCTION DU GRAND ISRAËL dans ses frontières « bibliques », TRANSFERT ET EXPULSION DES ARABES.

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