Israël vu du côté de l'enseignement religieux des années 50

La place d’Israël dans notre enseignement religieux début des années 50

Quand le curé de mon village (Rosheim) nous parlait d’Israël, il nous laissait entendre, d’une façon énigmatique, que l’Avènement du Royaume d’Israël, comme le Royaume de la Paix, de la Réconciliation pourrait entraîner la grande conversion du monde, et signifier la « Fin du monde », la « Fin des temps » avec la réconciliation des deux « peuples » (juifs et chrétiens) et le retour du Christ pour le Jugement Dernier.

Ces remarques que nous ne comprenions qu’à moitié, nous fascinaient au point de nous interroger qu’adviendra t il de nous, si nous sommes encore en vie sur cette terre ? Le curé nous répondait : « Ne vous inquiétez pas, Dieu donnera à tous ce qui existe une dimension d’éternité, et nous nous retrouverons avec nos corps transfigurés comme le fut celui du Christ ». Cette attente du retour du Christ avec la restauration du « Royaume d’Israël » avait quelque chose de pathétique, et circule encore aujourd’hui dans bon nombre de « petites têtes » bien pensantes

 

En attendant cette « Conversion» dans la Semaine on évoquait toujours : Juifs perfides

L'Église catholique a, dès ses origines, considéré les Juifs comme un peuple ayant commis un déicide, car c'est en Judée, et par les Juifs plus que par les Romains que, selon le Nouveau Testament, Jésus-Christ a été crucifié.« Prions aussi pour les juifs qui se sont écartés de la foi afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs coeurs et qu'eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre Seigneur. On ne répond pas : Amen et on ne dit pas prions, on ne se met pas à genoux, on ne dit pas : Levez-vous, mais on poursuit aussitôt : « Dieu Tout-puissant et éternel, qui n'exclus pas même la perfidie juive de ta miséricorde, exauce nos prières que nous t'adressons pour l'aveuglement de ce peuple, afin qu'ayant reconnu la lumière de ta vérité qui est le Christ, ils sortent de leurs ténèbres. Par le même Jésus-Christ Notre Seigneur qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit dans les siècle des siècles. Amen. »

La saga du « peuple juif » en Israël est bien « savoureuse » et instructive pour ce qui concerne les phénomènes de résonances de la Sainte Bible dans l’histoire actuelle marquée par la décision prise par l’ONU en 1947 de créer Israël, qui dès son origine s’énonce comme étant l’Etat du peuple Juif. Ce « Retour » nous avait bien intrigué dans notre enfance où la création d’Israël, plus précisément le Retour du peuple juif sur la Terre Sainte, était considéré comme un évènement à la fois « prometteur » et énigmatique par le recteur Jérôme (curé de Rosheim) qui, abandonnant le catéchisme, nous parlait beaucoup de l’Ancien Testament. Sa vision de l’Histoire Sainte nous faisait prendre conscience que le « peuple juif » étant, humainement l’instrument de la « Volonté divine » n’avait donc rien à se reprocher quant à la crucifixion du Christ, de ce fait il estimait que les accusations de Saint Paul traitant le juifs de « peuple déicide » étaient exagérées. Pourtant elles se comprenaient bien dans la mesure où Paul qui avait commencé par persécuter les chrétiens, avait été appelé par Dieu pour le servir.D’ailleurs Saint-Paul, avec toute l’ardeur du converti, a rendu des services inestimables à cette religion nouvelle, qui d’une secte restreinte est devenue une religion respectable diffusée à travers le monde, et tient encore aujourd’hui le haut du pavé.Quant aux cérémonies du Vendredi Saint où on invoquait le pardon et l’intercession divine pour les différentes catégories de personnes en s’agenouillant pour prier en silence, le fait qu’on ne s’agenouille point quand on évoquait les Juifs avait l’air de l’embêter, mais il ne trouvait à redire à nos remarques d’incompréhension face à cette différenciation, sauf de nous assurer qu’on priait bien pour eux.

A voir les évènements actuels d’une façon plus triviale, débarrassée de la fantasmagorie biblique, nous ne sommes pas loin de penser que la création d’Israël, non seulement a pu faire déchanter les Arabes palestiniens privés de leurs terres volées par les colons juifs au nom de leurs droits à la Terre Sainte, mais risque surtout, étant données les certitudes arrogantes ces colons entichés par les mythes bibliques, d’aboutir à une conflagration catastrophique !

 

Aujourd’hui Israël , sûr de son bon droit, est solidement arc-bouté sur la Bible qui se révèle être son « livre d’histoire » auquel il se réfère pour justifier ses conquêtes, ses vols, ses crimes contre l’humanité, Israël soutenu par les puissances occidentales chrétiennes qui avaient à se faire pardonner les crimes commis contre les Juifs depuis des siècle, et plus particulièrement sous le régime nazi, risque bien de se lancer, dans la bonne tradition biblique, dans une guerre sans merci, contre ses « ennemis », au nom de son droit à l’existence, c’est à dire au nom de son droit à une terre que Yahvé leur Dieu avait donné en héritage au « peuple juif », jusqu’à la fin des temps .

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