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Billet de blog 24 janvier 2010

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ARAFAT: le téléphone sonne

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Le téléphone d'Arafat se remet à sonner !
Par Abd Al Bari AtwanAl-Quds Al-Arabi
23 avril 2003
Pendant les douze derniers mois, le président palestinien Yasser Arafat est resté à côté de son téléphone en espérant que ce dernier sonne et qu'un de ses amis parmi les leaders arabes, qui lui déroulaient le tapis rouge dans les aéroports, appelle. Mais, le téléphone ne sonna guère. Aucun leader arabe ne l'a appelé. Les États-Unis l'avaient éliminé. Israël refusait de le considérer comme un partenaire et le confinait dans son bureau. Il était donc normal pour tous les leaders arabes d'appliquer les consignes américaines à la lettre.Dieu tout puissant! La situation a changé, de façon surprenante, ces derniers temps. Et le téléphone du président palestinien n'arrête plus de sonner! Voilà que le président égyptien Hosni Moubarak l'appelle trois fois en deux jours et lui envoie le directeur de ses services secrets, Omar Soulaiman. Voilà que le prince saoudien Abdallah Ibn Abd Al Aziz se souvient de lui et l'appelle. Même le président du Yémen Ali Abdallah Salah a pris l'initiative de téléphoner pour prendre de ses nouvelles. Paradoxalement, le premier ministre britannique Tony Blair a trouvé un peu de temps - malgré ses grandes occupations dans le suivi de la participation des forces armées de son pays dans la colonisation de l'Irak - pour prendre son téléphone et palabrer avec le président palestinien sur les derniers développements de la situation.Le mot de passe est le gouvernement de Monsieur Abou Abbas (Abou Mazen) et le but de tous ces coups de fil surprenants est de faciliter sa venue au monde le plus vite possible et de mettre la pression sur le président palestinien qui était supposé être persona non grata, avec qui il est interdit de discuter.Les États-Unis veulent qu'Abou Mazen soit le remplaçant d'Arafat. C'est pour cela qu'elle a demandé à ses amis de soumettre ce dernier à des pressions pour qu'il abdique devant le premier et accepte ses conditions pour la formation d'un gouvernement. Ou alors, il devra en assumer les conséquences.Les leaders arabes ne font pas de pressions sur le subordonné - qui est normalement Abou Mazen - pour qu'il accepte les ordres de son président Yasser Arafat - qui est de toutes façons le président élu par le peuple palestinien lors d'élections libres - mais ils mettent de la pression sur le président pour qu'il abdique face à un de ses subordonnés, qu'il accepte ses ordres et abandonne toutes ses prérogatives et tout son prestige. C'est une «logique» incroyable qui contraste avec toutes les règles juridiques ou morales.Les réformes que les États-Unis et Israël essayent d'imposer au peuple palestinien sont un projet de discorde pour faire exploser une guerre civile palestinienne, car le premier paragraphe de la feuille de route parle clairement de l'arrêt de l'Intifada et de toute forme de résistance, le désarmement - par la force si nécessaire - de toutes les factions de la résistance et la formation d'une force de police palestinienne qui s'occupera de toutes ces besognes et deviendra ainsi un suppléant de la police israélienne, de qui elle recevra ses ordres, sous le nom de la «coopération sécuritaire».Monsieur Abou Mazen est la personne indiquée pour cette mission, car il s'est déjà opposé à l'Intifada et a appelé à l'arrêt de toute forme de résistance et le retour à la table des négociations dans les plus brefs délais.Il est rentré dans l'histoire palestinienne comme étant l'architecte des mal nommés «accords d'Oslo». C'est pour cela que les Américains et les Israéliens pressent pour le désigner au poste de premier ministre, pour qu'il soit une alternative à Arafat et l'homme central pour Washington, Londres et l'Europe.Les États-Unis et Israël ont privé le président palestinien de ses prérogatives financières en lui imposant le ministre des finances Salem Fayadh. Maintenant, ils le pressent pour former un gouvernement «Abou Mazen», en vue de lui enlever ses «prérogatives policières». Ce qui veut dire concrètement sa fin, même s'il continuera à exister comme une image ou plutôt un squelette qui porte un Keffieh, ce que les Anglais appellent «scarecrow» [épouvantail, NdT].Toutes ces pressions arabes et américaines sur le président Arafat ont pour but la publication de la feuille de route, qui veut dire concrètement l'instauration d'un État palestinien qui ressemble à un monstre, truffé de colonies, sans aucune réelle souveraineté, sans frontières ni passages, avec en plus l'abandon du droit au retour de plus de 4 millions de Palestiniens, dont je fais moi-même partie.Ce qui suscite notre colère et notre désespoir, c'est que les États-Unis ne font aucune pression sur Ariel Sharon, qu'ils ne lui demandent pas d'arrêter ses boucheries quotidiennes à Gaza, Naplouse et Jénine, et encore moins la levée du siège de la Cisjordanie et de Gaza. Mais ils soumettent un Arafat assiégé, qui ne peut même pas sortir de son bureau, à des pressions. Ils lui demandent de barrer son nom tout seul et de lui donner toutes les clés. Sinon, il n'a qu'à assumer les conséquences!Telle est la démocratie que l'administration américaine nous promet. Une démocratie qu'elle veut exporter dans la région, en ces moments de joie. Elle veut que nous dansions dans les rues pour célébrer son arrivée, en lui lançant les fleurs et les roses.Le président Arafat a toujours répété qu'on voulait lui assigner le rôle du mâle de l'abeille, qui féconde cette dernière et meurt. Il apparaît maintenant clair que l'acceptation du gouvernement d'Abou Mazen - qui comprend l'essentiel de ses adversaires, ses critiques et les gens qui complotent ouvertement ou en secret pour se débarrasser de lui et faire qu'il vive ses derniers jours, humilié et sans aucun pouvoir - est sa dernière cartouche.La question qui reste en suspens est: «Et si Arafat n'acceptait pas toutes ces pressions?». La réponse a été apportée par l'émissaire européen Moratinos, avant-hier, et dans les mêmes termes que Washington a utilisés contre l'Irak: Il devra assumer de «graves conséquences».Ces conséquences graves sont le choix entre la mort par une balle israélienne ou «l'exil», ou plutôt l'exclusion vers un des déserts arabes au Soudan, en Libye ou en Mauritanie.Nous disons au président Arafat: Parle au Palestiniens et au reste du monde. Annonce publiquement la dissolution de cette autorité humiliante car occupée! L'occupation israélienne actuelle est une des plus basses occupations de l'Histoire de l'Humanité. Laisse à Israël la responsabilité de cette occupation et les conséquences directes qui en découlent. Ainsi, tu finiras ta vie en héros, au lieu de l'achever d'une façon humiliante et frustrante.PSSi je mets ce texte sur mon blog c'est bien pour signifier qu'il est temps que l'Autorité palestinienne se saborde et que Abou Mazen mette sa "menace de démission"en exécution. D'ailleurs Pérès s'en inquiète par peur d'une troisième Intifada

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