Gauche radicale ou gauche vassale?

Tant que la Gauche "radicale" n'aura pas coupé avec le PS, elle sera vue comme un suppôt de celui-ci et ne pourra pas représenter une alternative crédible dans laquelle les citoyens pourront placer leurs aspirations.

Tant que la Gauche "radicale" n'aura pas coupé avec le PS, elle sera vue comme un suppôt de celui-ci.

Dans l'esprit des gens, voter Front de Gauche, ça restera voter PS, vu qu'au final il se reporte sur eux.

Vous vous demandez pourquoi la Nouvelle Gauche n'arrive pas à émerger en France ? À cause de l'historique du PC, vassal du PS. En s'alliant avec le PS lors du programme commun, en faisant partie d'un gouvernement qui a fini par trahir les espoirs de ses sympathisants, en pactisant avec un PS de plus en plus éloigné des aspirations des classes populaires et qui ne les considérait plus, pour conserver des sièges et des bastions, le PC a perdu toute crédibilité et toute capacité à incarner une alternative.

Dans l'esprit des gens, le Front de Gauche, c'est le nouveau PC. Et, au sein du Front de Gauche, le PC, entre autre, continue ses magouilles électoralistes qui le décridibilisent et avec lui les idées portées par cette Gauche, qui doit se renouveler.

Il faut mettre les choses au clair : la Gauche n'a plus rien à voir avec le PS. Je ne veux pas dire par là que tous les socialistes sont infréquentables, que certains militants de base ne font pas un boulot extra-ordinaire pour aider les plus en difficulté. Bien sûr que certains portent des idées compatibles avec nos idéaux. Mais ce n'est pas parce qu'ils font l'erreur de ne pas se désolidariser de fait de la politique de ce gouvernement libéral en quittant le parti et en allant défendre leurs idées devant les électeurs que nous devons les imiter voir amplifier cette erreur.

De manière générale, la Gauche ne peut plus s'allier avec des partis dont certains militants prônent le libéralisme. Ce libéralisme appliqué par le gouvernement est aux antipodes du projet de société que nous comptons mettre en place : qui considère chacun, si petit soit-il et qui respecte l'environnement pour préserver l'humanité. Naomi Klein l'a montré : le libéralisme ne permet pas de construire un avenir à l'humanité. Il avilit ceux à qui nous voulons redonner une voix, ceux que nous voulons voir pris en compte. Il crée des rapports de domination entre les individus, considérant les uns, les maîtres, supérieurs aux autres. Impossible de rester cohérent, d'être audible et crédible en se compromettant avec les tenants de cette idéologie.

S'allier avec le PS, c'est consentir à se laisser utiliser, à se laisser phagocyter par un libéralisme qui veut faire croire que le PS est à lui seul la gauche, pour qu'aucune alternative ne puisse jamais émerger.

Sans alliance, on ne peut pas exister. Vous croyez vraiment? Qui n'a jamais fait d'alliance, de gré ou de force? Qui a tenu bon sur ses idées, en les enrobant parfois? Qui ne s'est jamais compromis pour gagner des places ? ... Qui a, patiemment, vu ses scores grimper, inéluctablement? Et qui, apparaît malheureusement aujourd'hui comme la seule alternative?

Ne pas s'allier avec des gens avec qui on n'a rien en commun ne fait que renforcer une crédibilité, montrer qu'on croit en ses idées, qu'on y tient et qu'on veut les voir appliquer. Non pas peser à la marge, comme une orange qui voudrait dévier la trajectoire d'un trou noir en se rapprochant de son horizon, mais voir ses idées mises en application, pleinement, pour changer la réalité de nos concitoyens, Français et Européens et que chaque personne sur cette planète soit considéré.

Si vous vous demandez pourquoi la Gauche "radicale" n'est pas crédible, c'est justement à cause de ce qu'il s'est produit en ce jour sinistre, lendemain de ce sinistre jour.

Il faut arrêter de se battre pour des sièges, mais se battre pour représenter un espoir aux yeux des classes populaires que le PS a abandonnées.

On le doit par clarté, on le doit par cohérence, on le doit pour la Démocratie, on le doit pour ne plus se faire instrumentaliser.

On le doit pour un jour représenter une alternative, la porter aux responsabilités et changer ce monde bancal.

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