Lancement du réseau Europe libre en exil

Réseau de réflexion et d'action pour les citoyens européens libres, exilés dans leur propre pays par une démocratie qui ne fait pas face à la crise de civilisation. Relier les esprits dans tous les pays européens pour réinventer l'Europe, réécrire l’encyclopédie de nos savoirs en tirant les conclusions des erreurs de la modernité, faute de quoi un chaos innommable serait notre horizon d’avenir.

Pourquoi nous lançons le réseau de réflexion et d’action

EUROPE LIBRE EN EXIL

 

Ceux et celles qui ont vraiment à cœur la liberté européenne se sentent aujourd’hui littéralement exilé.e.s du débat politique européen en général et de la campagne électorale en particulier. Comment libérer l’Europe des lobbies industriels et de leurs partis qui nous tiennent en otage ? Notre isolement n’est pas seulement le fait des médias et de leur quasi monopole sur la chose politique, il vient également d’un manque de réseau inter-européen pour relier les esprits – ce que nous pouvons changer bien plus aisément que les monopoles médiatiques, puisque cela ne dépend que de nous.

Le but n’est pas du tout de réunir le plus grand nombre de sympathisants ou de supporters comme dans les partis et les mouvements de masse qui dominent déjà trop le débat, y compris dans les actions citoyennes par ailleurs très louables qui veulent faire pression sur des pouvoirs notoirement corrompus en tentant de réunir des millions de signatures… enfin, pour faire quoi au juste ? Il convient plutôt de relier les bonnes personnes partout en Europe en trouvant la forme de communication et d’action adaptée. Poser les bonnes questions et répondre si possible ensemble. En respectant la diversité comme la plus grande richesse dans ce débat. L’appel « Nous ne sommes pas dupes » a fait un grand pas en ce sens. https://www.nousnesommespasdupes.fr/

 

Comment proposer les premiers éléments de réponse à la crise globale

Il est grand temps de réunir les premiers éléments de réponses à la profonde crise globale que nous vivons. Dans les médias on voit venir des questions écologiques et autres qui restent pratiquement sans aucune réponse valable et viable aujourd’hui. Les gouvernements, voire l’ensemble des partis actuels (y compris, hélas, les partis verts) ne proposent aucune synthèse, aucune solution pratique, voire théorique qui soit à la mesure des enjeux : comment garder la fertilité des sols qui nous nourrissent et que l’agrochimie risque de détruire en quelques décennies (maximum 50-60 ans selon certains spécialistes), comment garder l’accès aux ressources naturelles les plus élémentaires, comme l’eau potable, sans parler des enjeux climatiques et de la biodiversité – ces derniers sujets sont largement plus présents dans le débat public, bien que les premiers ne soient pas moins importants. Les gouvernements et les institutions ne sont pas les seuls qui ne proposent pas de vision de survie globale – ce que les ONG, les mouvements citoyens proposent reste aussi très sporadique, partiel, malgré les bonnes intentions. Ceux et celles qui ne veulent pas se contenter de cette irresponsabilité générale restent confinés dans un certain isolement, dans une solitude pratiquement sans précédent dans notre culture.

Or, toute solution, toute réponse viable commence par la résolution de répondre de soi au niveau tout à la fois individuel et collectif. Avant de répondre aux questions environnementales terribles qui se posent comme des questions extérieures, nous devons répondre d’abord des errements, des désirs de confort et des addictions consommatrices terribles qui nous ont mené jusqu’ici, dans jusqu’à ce point de non retour. Derrière chaque question apparemment environnementale, il est grand temps de découvrir la question de responsabilité qui est la nôtre. Tous les problèmes écologiques ainsi que les manques de solidarité, les problèmes de sociétés viennent sans exception d’une forme d’irresponsabilité (individuelle et collective) en dernier ressort.

 

La responsabilité historique de l’Europe est le grand absent du débat autour des élections européennes – comment décoloniser notre système de pensée

L’occasion du lancement de ce projet Europe libre en exil nous est offerte par les élections européennes dont le sujet le plus absent jusqu’à nouvel ordre reste la responsabilité historique de la civilisation européenne dans la crise globale actuelle. Or, comment changer de stratégie, comment corriger nos erreurs, sans même vouloir les reconnaître ? Comment trouver des réponses pratiques sans reconnaître notre responsabilité dans cette histoire ? En effet, c’est l’Europe qui a forgé une civilisation occidentale dont l’horizon primordial reste depuis les débuts de la modernité la colonisation du monde sous toute ses formes. Il ne s’agit pas seulement de la colonisation d’autres continents dont parlent tant bien que mal les historiens – l’horizon primordial de notre savoir, de nos sciences reste également la volonté de coloniser l’univers entier jusqu’aux plus infimes parties des molécules et jusqu’aux confins les plus reculés du système solaire que notre techno-science est capable de sonder… La décolonisation devrait donc aller bien plus loin que tout ce qu’on en dit dans les médias depuis un certain temps. Elle implique la nécessité et désormais l’urgence de trouver non seulement des alternatives, mais bien plutôt les bases d’une nouvelle civilisation. L’Europe a la responsabilité de s’y mettre, si nous voulons nous racheter de nos erreurs historiques, qui nous ont rendu les premiers des colonisateurs, nous devrions tout aussi bien devenir les premiers ardents défenseur d’une décolonisation totale sur tous les plans de notre civilisation. Le sens de la liberté, de la libération des pays européens (ou autres) a évolué au cours de l’histoire et voilà ce que cela nous donne aujourd’hui : la décolonisation radicale pour mettre fin à cette « globalisation » industrielle insensée, à cette société de consommation… de nos ressources naturelles qui menace désormais les conditions de toute forme de vie sur Terre.

Il faudrait décoloniser l’Europe aussi en surmontant les divisions Est-Ouest et Nord-Sud qui la déchirent et risquent fort de la désunir irrémédiablement faute de réflexions et d’actions adaptées. A peu près la moitié des citoyens européens se sentent -non sans raison- des citoyens de seconde zone (l’Est et le Sud de l’Europe fonctionnant en quelque sorte comme des colonies)... et une immense majorité des citoyens se sentent totalement écartés des décisions.

Des millions d’Européens choisissent désormais ouvertement la révolte, comme le montre le mouvement des Gilets Jaunes en France et l’Extinction Rebellion, ainsi que bon nombre de mouvements de protestation de plus en plus radicaux au Royaume Uni. Certains parlent déjà de révolution, en oubliant sans doute ce que la révolution de 1789 serait devenue sans être préparée par les Lumières et les Encyclopédistes : elle se serait vraisemblablement limitée aux carnages, à la Terreur des guillotines… sans la déclaration des droits de l’homme. Les défis historiques restent au fond les mêmes qu’à l’époque de la grande révolution précédente – et les changements nécessaires risquent même de s’avérer plus profondes aujourd’hui qu’en 1789, quand l’enjeu n’était pas encore l’effondrement du vivant. Si nous ne réussissons pas à créer un réseau de pensée et d’action européenne dont l’horizon serait enfin de réécrire de fond en comble l’encyclopédie de nos savoirs et de refaire les Lumières, en tirant les conclusions de toutes les erreurs stratégiques de la modernité, nous serions en droit de nous attendre à un chaos innommable comme seul horizon d’avenir pour l’Europe et pour l’humanité.

 

Initiateurs du réseau Europe libre en exil :

 

Zsolt Boda

Gábor Erőss

Gábor Kardos

Vincent Liegey

Péter Techet

 

*

ANNEXE :

Initiative d’un Grand référendum de survie :

renouveler les institutions démocratiques en profondeur :

1. dissolution du parlement dans chaque pays

2. élections générales - seule thématique : un programme de survie pour les deux décennies à venir comme priorité politique absolue,

une Assemblée Constituante devra refaire toute la constitution du pays dans cette perspective

3. ne sont pas éligibles ceux et celles qui remplissaient une fonction importante dans n'importe quelle institution politique, économique ou culturelle ces dernières décennies et qui portent donc une responsabilité dans la crise de civilisation actuelle en tant que dirigeant. On ne saurait renouveler les institutions sans renouveler ceux et celles qui les incarnent.

*

 

Pour la problématique de la décolonisation de la politique européenne (notamment pour surmonter les divisions Est-Ouest) :

https://azonnali.hu/cikk/20190306_manifeste-pour-une-reunification-ecologique-de-l-europe-ou-comment-ne-pas-rendre-l-ecologie-europeenne-plus-credible

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.