Dette de la France : l’État doit gagner son autonomie par un financement citoyen.

54,8% de la dette de la France est détenue par des non-résidents, en d’autres termes des investisseurs étrangers. Il est très difficile de savoir qui sont ces investisseurs étrangers car l’État Français émet des obligations auprès de banques privées chargées de distribuer les titres sur le marché international et la trace des titres est alors perdue.

La France séduit les investisseurs étrangers. Elle fait davantage appel aux investisseurs étrangers que les autres pays les plus riches du monde, comme le Japon (5%), les États Unis (30%) ou la Chine (15%). La France n’est pas à l’abri d’un scénario catastrophe où les investisseurs étrangers, inquiets de la capacité de la France à rembourser, fuiraient pour placer leur argent dans d’autres pays.

L'économie doit travailler pour le citoyen, comment sommes-nous passés à une société ou le citoyen travaille pour l'économie et l'économie travaille pour la finance ?

Pourquoi la BCE (Banque Centrale Européenne) ne prête pas aux Etats Européens donc à la France via des établissements publics de crédit ?

Pourquoi La France ne crée-t-elle pas de fonds citoyens gérés par des établissements publics de crédit afin de réduire son endettement sur le marché mondial ?

Les banques privées contrôlent la France. La BCE doit donc prêter à des établissements publics de crédit Français aux mêmes taux que ceux pratiqués pour les banques commerciales. Ces mêmes établissements publics pourraient ensuite prêter à la France aux mêmes taux et rendre supportables les coûts de refinancement des dettes anciennes. De quoi soulager la France qui se retrouve étranglée par les coûts de refinancement faits via les banques commerciales

Du point de vue des traités Européens, "il n'existe aucune barrière juridique à un prêt de la BCE à un établissement public de crédit Français". C’est l’article 123-2 traité de Lisbonne [1]

La BCE rachète aujourd’hui aussi les obligations de grandes entreprises pour les inciter à investir. La BCE doit arrêter les achats de ses obligations ou les réduire fortement car les mêmes sociétés, à la vue de la situation économique de leurs marchés au lieu d’investir, utilisent ce financement pour mieux rémunérer leurs actionnaires ou acquérir leurs propres actions. Ce qui donne pour les sociétés du CAC 40 des impôts qui baissent et des salaires qui augmentent moins vite que ceux des dirigeants et des dividendes (étude ATTAC [2]) et une perte significative pour la France.

La BCE doit plutôt racheter les obligations d’entreprises de crédit spécialisées dans le financement et la consolidation des fonds des PME-PMI et des startups innovantes.

Dans le passé l’Allemagne s’est opposée à cette démarche, mais aujourd’hui la situation budgétaire de l’Allemagne a changé et sera bien contente d’adopter cette solution pour le développement industriel de l’Allemagne de l’Est ou l’amélioration de ses infrastructures (autoroutes, etc.).

L'horizon de la France s'assombrit. Avec la crise des Gilets Jaunes, des hôpitaux, de la retraite par point etc. et les actions nécessaires pour le Climat, le ciel s’obscurcit, l’horizon se rétrécit, les premières gouttes arrivent. Avec un déficit public qui dépassera les 9% après la catastrophe du Covid-19, la France n’aura plus les mains libres pour créer des budgets supplémentaires et satisfaire toutes les demandes.

La France alimente uniquement sa croissance par l’endettement et non par les investissements citoyens comme le Japon. La dette augmente régulièrement depuis plus de 40 ans. La dette est passée de 12% du PIB en 1946-1975 à 60% en 2000 et plus de 100% en 2019. [3]

Le montant des intérêts à servir aux créanciers, est devenue très lourde : 41,2 milliards dans le budget de 2018, un montant supérieur au budget de la défense nationale qui s’élevait à 32,4 milliards. Tous les ans l’Agence France Trésor doit emprunter pour procéder au remboursement des crédits contractés il y a plus de 10 ans et arrivant à échéance [4]

Il faut nationaliser partiellement la dette de la France. On ne peut donc pas manquer de se demander pourquoi existe-t-il cette nécessité permanente de notre économie de s’endetter sans investir et en privatisant des joyaux de notre économie chaque année. L’endettement étranger est-il indispensable à notre économie pour croître ?

L’avantage de l’État est bien d’arrêter les émissions d’obligations faites via des banques commerciales privées, et de diriger l’épargne des ménages vers des investissements d’avenir pour une croissance verte avec un impact social. Le tout par l’intermédiaire d’établissements de crédit public ayant une mission d’intérêt général.

Billet extrait du livre vert mettre la finance citoyenne au service de l'économie écosociale.

[1] L'article 123-2 du traité de Lisbonne traite des opérations de refinancement, c'est-à-dire de la fourniture de liquidités, aux établissements publics de crédit par la BCE qui bénéficient, ainsi, du même traitement que les établissements privés de crédit.

[2] tps://www.lejdd.fr/Economie/attac-epingle-une-nouvelle-fois-les-entreprises-du-cac-40-3841790

[3]https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/france-pas-de-croissance-sans-endettement-133099

[4].https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

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