C’était en avant-première, dans mon cinéma préféré. Le film « L’Abbé Pierre. Une vie de combats » du réalisateur Frédéric Tellier qui était là avant la projection, pour nous le présenter. La salle était pleine. Le film commence avec une image, ça aurait pu être une des miennes, nous sommes nombreux à en avoir fait des comme ça… De dos, avec sa cape, regardant au loin, en contemplation d’un paysage.
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L’abbé Pierre, tout le monde, le monde entier le connaît, au moins de nom. Ce n’était pas un saint, non. Il a commis des erreurs, comme en commettent tous les humains. Et Frédéric Tellier a dit qu’il voulait montrer ça. Et si le réalisateur a mis un s à combats, ce n’est pas par hasard, on s’en doute. Les combats que l’abbé a dû mener contre lui-même, étaient sans doute plus difficiles pour lui que de se battre contre les puissants pour qu’ils retrouvent leur humanité perdue. Parce que ce combat-là, pour plus de fraternité et de justice, c’était naturel chez lui, comme de respirer.
Ce film parle d’un homme qui n’est plus mais dont le combat est plus que jamais actuel. Jamais, je le dis bien jamais M Macron et son gouvernement n’oseraient faire souffrir nos compatriotes les plus fragiles financièrement, comme ils le font, si l’Abbé était toujours là. J’espère qu’on les enfermera tous (et de force s’il le faut -même la première ministre !) dans une salle de cinéma pour leur montrer ce film. Et dans une autre salle ou dans la même, les responsables des communautés Emmaüs qui n’aident pas les personnes sans papier à les obtenir… Certains parlent même de racisme dans ces lieux-là, honte à eux.
Non l’abbé Pierre n’est pas une légende, il a vraiment existé et ses combats restent entiers et actuels. A ceux qui disent qu’aujourd’hui règne l’insurrection à l’Assemblée nationale ne savent pas ou ont oublié commet ça se passait quand l’Abbé y était député.
A la fin du film on le voit dans un studio radio ou télé (l’ennui, le seul quand on regarde un film au cinéma c’est qu’on ne peut pas rembobiner pour vérifier ce qu’on va en dire avant d’écrire) on lui demande s’il regrette d’avoir défendu son ami Garaudy, il a dit qu’il n’avait pas lu son livre et qu’il aurait dû. Certains l’ont accusé d’antisémitisme ; tous ceux qui l’ont vraiment connu savaient bien que ça n’avait pas de sens. Il fallait le faire taire, parce qu’il dérangeait cet abbé. Et c’était l’occasion. Raté. Il a continué à les emmerder, les puissants, les décideurs…
On lui demande aussi ce qu’il a envie de dire à Le Pen, il a répondu, je l’ai vu deux fois et je lui ai dit « ta gueule ». Merci.
L’abbé Pierre est mort le 22 janvier 2007. En 2002, L’obs avait écrit « L’abbé Pierre contre Sarkozy ». Ici on comprend pourquoi…
« La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire. » Abbé Pierre
Le film sera en salle le 8 novembre prochain.L'acteur Benjamin Lavernhe, a pleinement investi son rôle est est crédible, de bout en bout. Grâce à Emmanuelle Bercot, on découvre aussi le rôle primordial tenu dans la vie de l'Abbé, par Lucie Coutaz, jusqu'en 1982.