C’était hier dans l‘émission C’ESTDANS L’AIR SUR France 5. Ils ont dit :
Slimane Zeghidour, éditorialiste en politique internationale – TV5 Monde 44’31 : « s’agissant des rapports avec les juifs et les arabes, dans le sens générique du terme, il y a une exception française qui est due à l’histoire de la France avec ces deux minorités. A cause de Vichy pour les Juifs, et à cause de la guerre d’Algérie pour les Arabes, il y a comme une difficulté en France, à appliquer des critères universels aux Juifs et aux Arabes c’est-à-dire en les jugeant seulement sur leurs actes. Qu’ils soient des Etats, des associations ou des individus. Et cette difficulté on la voit dans toute l’histoire de France. Par exemple, dès 1870, quand la République, la troisième République est établie, en Algérie elle donne la citoyenneté pleine et entière à la petite minorité juive de 25 000 Algériens, mais pas aux Musulmans. Et ensuite, pendant la guerre des six jours Israël avait remporté une victoire éclatante contre les armées arabes, on a vu ici des nostalgiques de l’Algérie applaudir la victoire israélienne comme si c’était une victoire par procuration pour eux. Une sorte de revanche contre l’Arabe. Et jusqu’à maintenant il y a cette difficulté à prendre une position sur ce problème sur le simple critère universel dont nous nous flattons d’incarner la permanence. »
L’animateur : c’est même pire que ça. Dans toutes les familles de France, vous mettez sur la table, dans les déjeuners du dimanche, vous posez la question du conflit israélo-palestinien, ça part en vrille. Tous les Français ont des positions très tranchées là-dessus.
Georges Malbrunot, journaliste au Figaro : » je l’explique par le fait qu’on demande, et nous sommes un peu responsables, nous autres journalistes- aux gens de prendre parti. Vous soutenez les Palestiniens ou les Israéliens ? Non. N ne doit pas prendre parti. On doit exposer les faits. Pour bien parler de ce conflit, il faut connaître l’histoire, l’histoire ancienne, la fin du XIXème siècle déjà, les pogroms dans ‘Europe de l’Est, les premiers juifs qui émigrent, et après il faut connaitre la géographie, ça veut dire aller sur le terrain. Et lorsque vous avez ces deux éléments vous pouvez vous faire un jugement. Pas un jugement qui soit un jugement partial, mais c’est là le danger, parce que les media quand même, ça fait trente ans que je couvre ce conflit, je trouve qu’on a aujourd’hui, les media et certains responsables politiques une vision anhistorique de ce conflit. On est dans l’émotion pure. Le 7 octobre il y a eu un massacre terroriste, on réagit et on ne doit pas parler de l’histoire de ce conflit. On doit en parler ! Il faut condamner le 7 octobre, les attaques terroristes, mais il faut contextualiser sinon on est dans l’émotion et on prend parti et là, c’est la foire d’empoignes, le fossé qui se creuse en France entre communauté. »
Slimane Zeghidour : et ce soutien-là, c’est toujours au détriment de l’autre.
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De septembre 2005 à mai 2007, l’armée israélienne a tiré plus de 14 600 obus d’artillerie de 155 mm sur Gaza.
Les obus tirés près des zones peuplées ont tué 59 personnes et en ont blessé 270 autres, la plupart sinon toutes étant des civils… (extrait de « Bande de Gaza » sur Wikipedia.
C’était 19 ans avant le 7 octobre 2023
En 2008 « Plomb durci »
C’était 15 ans avant le 7 octobre 2023
En 2012 – Opération « pilier de défense »
C’était 11 ans avant le 7 octobre 2023
En 2018 Journée de la terre
Le 30 mars 2018, à l'occasion de la journée de la terre, plus de 30 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière entre la Bande de Gaza et Israël dans le cadre d’un vaste mouvement de protestation appelé « la marche du retour ». Prévue pour durer six semaines, jusqu'à la « journée de la « Nakba » à la mi-mai, qui commémore l'exode des Arabes après l’indépendance d’Israël… La journée au bilan le plus lourd (62 morts) est le 14 mai 2018, jour de l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Au total, plus de 200 Palestiniens ont été tués, dont une cinquantaine d'enfants, ainsi que des secouristes et des journalistes. D'autre part, une centaine de Palestiniens ont été tués en 18 mois, lors de bombardements sur la bande de Gaza.
En février 2019, la commission d’enquête des Nations unies conclut que les violences commises par Israël lors des manifestations pouvaient « constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ». (extrait de « Bande de Gaza » Wikipedia)
C’était 5 ans avant le 7 octobre 2023
Depuis le retrait israélien de 2005 de la bande de Gaza, et l’évacuation de 17 colonies juives et de leurs 9 000 habitants, Israël a mené douze offensives militaires de représailles contre ce territoire palestinien en dix-sept ans. Le bilan humain de cette période est le suivant : côté palestinien, 1 900 combattants et 2 800 civils tués ; côté israélien, 100 combattants et 23 civils tués.
Et depuis le 7 octobre, c’est 30 000 morts dont la plupart des femmes et des enfants.
Et pour le seul jour de ce dernier jeudi 29 février, 122 morts et 760 blessés palestiniens tués par l’armée israélienne alors que ces personnes étaient venues se ravitailler alors que la famine règne à Gaza.
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Je ne suis ni juive ni arabe, ni noire, mais je serai juive chaque fois qu’on massacre un juif parce qu’il est juif et je serai arabe chaque fois qu’on massacre un arabe parce qu’il est arabe, et noire quand on massacre des noirs. C’est ça l’universalité. C’est faire partie du monde. C’est se sentir concerné quand on touche à un autre moi-même, pour ce qu’il est. Et si je laisse faire, je sais que ça finit par m’arriver à moi, puisque ça m’arrive déjà, à travers eux.
Et là tout de suite je suis arabe. Jamais je n’aurais imaginé que tout cela puisse arriver.
Israël doit CESSEZ-LE-FEU maintenant et pour toujours.
La phrase du jour : « Jo Biden est « à cheval sur un tigre » comme on dit en Chine. Il livre des armes à Israël tout en demandant qu’elles ne soient pas utilisées contre les civils… » Slimane Zeghidour, éditorialiste en politique internationale – TV5 Monde
Et Macron, et Van der Layen, ils sont assis sur quoi ?